Drame au tribunal rabbinique : un malade mental qui refusait le divorce a finalement remis le guet depuis sa cellule de prison

Le tribunal rabbinique vient d’annoncer la clĂ´ture d’une procĂ©dure de divorce particulièrement complexe, qui s’est conclue dans un cadre pour le moins inhabituel : c’est depuis une cellule de prison qu’un homme a finalement consenti Ă  remettre le guet Ă  son Ă©pouse, mettant fin Ă  des annĂ©es d’agunat — cette situation de femme enchaĂ®nĂ©e Ă  un mariage qu’elle ne peut quitter sans l’accord de son mari.

Le couple s’Ă©tait mariĂ© il y a environ huit ans et avait eu trois enfants ensemble. Dès les premières annĂ©es, les comportements du mari avaient rendu la cohabitation insupportable. Selon les Ă©lĂ©ments portĂ©s devant le tribunal, il cherchait Ă  contrĂ´ler et humilier sa femme en permanence : il lui dĂ©clarait avoir l’intention d’Ă©pouser une autre femme, la traitait de « grosse qui cuisine une nourriture dĂ©goĂ»tante », et encourageait leurs propres enfants Ă  abandonner leur mère. Ses journĂ©es Ă©taient organisĂ©es autour d’un rythme dĂ©calĂ© — il se levait en milieu d’après-midi, partait visiter les tombes de saints et ne rentrait qu’au petit matin.

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Ă€ ces comportements s’ajoutait une rĂ©alitĂ© mĂ©dicale : le mari souffrait d’une maladie psychiatrique sĂ©vère, diagnostiquĂ©e en cours de procĂ©dure comme une schizophrĂ©nie. Le couple vivait en partie des allocations de la SĂ©curitĂ© sociale, et c’est la femme qui portait seule la charge de l’Ă©ducation des enfants et de la gestion du foyer, selon ses dĂ©clarations au tribunal.

Le mari a fini par quitter le domicile conjugal en annonçant qu’il n’avait aucune intention de dĂ©livrer le guet. Les tentatives pour le localiser ayant Ă©chouĂ©, la femme s’est tournĂ©e vers le tribunal rabbinique pour obtenir une issue. Le dossier a Ă©tĂ© transmis Ă  la division de prĂ©vention des agunyot, dirigĂ©e par le rav Eliyahou Mimoun.

Grâce Ă  des dĂ©marches de localisation, l’homme a Ă©tĂ© retrouvĂ©. La police israĂ©lienne a alors procĂ©dĂ© Ă  son arrestation. Mais mĂŞme placĂ© en dĂ©tention, il a maintenu son refus. Il a alors conditionnĂ© son accord Ă  la renonciation de son Ă©pouse Ă  des dettes passĂ©es et Ă  toute pension alimentaire future — conditions que la femme a refusĂ©es. L’impasse semblait totale.

Le tribunal a ordonnĂ© une expertise psychiatrique. L’homme a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  l’hĂ´pital psychiatrique Geha pour examen, mais il s’est Ă©vadĂ© peu après le dĂ©but de son internement. RetrouvĂ© et reconduit, il a finalement Ă©tĂ© placĂ© sous le suivi des services de santĂ© mentale du Service pĂ©nitentiaire israĂ©lien.

C’est dans ce cadre, au terme de longues nĂ©gociations et discussions menĂ©es par les Ă©quipes du tribunal rabbinique, que l’homme a finalement cĂ©dĂ©. Une Ă©quipe spĂ©ciale du tribunal rabbinique s’est rendue en prison, oĂą la cĂ©rĂ©monie de remise du guet a eu lieu selon les règles de la loi juive. La femme est dĂ©sormais libĂ©rĂ©e de son agunat.

Cette affaire illustre les ressources dĂ©ployĂ©es par les tribunaux rabbiniques israĂ©liens lorsqu’un dossier d’agunat arrive Ă  un point de blocage complet. La division spĂ©cialisĂ©e dispose de moyens de localisation, d’une coordination avec les forces de l’ordre et d’une capacitĂ© Ă  intervenir jusque dans les Ă©tablissements carcĂ©raux et hospitaliers pour mener Ă  bien ces procĂ©dures. Le cas rappelle Ă©galement la complexitĂ© des dossiers oĂą se croisent problèmes de santĂ© mentale, refus de coopĂ©ration et enjeux financiers liĂ©s aux conditions posĂ©es par le conjoint rĂ©calcitrant.

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