Selon JTA :
La Moldavie va dĂ©placer son ambassade en IsraĂ«l Ă JĂ©rusalem de Tel Aviv, a annoncĂ© mardi le gouvernement du petit pays de l’Europe de l’Est.Â
Cette annonce fait suite Ă une crise constitutionnelle et Ă une lutte de pouvoir qui se sont terminĂ©es la semaine dernière par la suspension par une cour constitutionnelle du prĂ©sident Ă©lu du pays, Igor Dodon.Â
La dĂ©claration liait la dĂ©cision, qui ferait de la Moldavie le seul pays europĂ©en ayant son ambassade Ă JĂ©rusalem, aux troubles internes et Ă la vente des terrains pour la construction d’une nouvelle ambassade amĂ©ricaine Ă Chisinau, la capitale moldave.
« Nous sommes en mesure d’adopter d’urgence ces dĂ©cisions en tenant compte de l’instabilitĂ© politique et des incertitudes qui règnent dans le pays, mais Ă©galement des derniers dĂ©veloppements politiques alors que l’un des partis politiques qui bloquait constamment ces deux projets tente de prendre le contrĂ´le du pouvoir illĂ©galement », le gouvernement dirigĂ© par son premier ministre par intĂ©rim, Pavel Filip, a Ă©crit dans la dĂ©claration.Â
«Ce sont deux engagements que nous avons pris prĂ©cĂ©demment et nous voulons nous assurer qu’ils seront respectĂ©s, peu importe ce qui se passera après les Ă©lections anticipĂ©es».Â
À la suite de la crise constitutionnelle, Filip a dissous le Parlement et a organisé des élections pour septembre.
« Les deux projets sont des engagements pris par le gouvernement de la RĂ©publique de Moldavie et le gouvernement a agi afin d’Ă©viter leur blocage Ă long terme par la crise politique dans le pays », a-t-il ajoutĂ©.
Le gouvernement tente de forcer cette dĂ©cision Ă rester, mais les prochaines Ă©lections pourraient caler ou inverser la dĂ©cision, semble-t-il. C’est ce qui est arrivĂ© Ă l’ambassade du Paraguay, qui a Ă©tĂ© fermĂ©e lorsqu’un nouveau prĂ©sident a Ă©tĂ© Ă©lu.Â
D’autres pays ont annoncĂ© des plans vagues pour ouvrir des ambassades. Seul le Guatemala l’a fait, mĂŞme si les prochaines Ă©lections menacent Ă©galement son ambassade. Le compromis que semblent prendre beaucoup de pays, y compris des pays europĂ©ens amis, est d’ouvrir des bureaux commerciaux Ă JĂ©rusalem, rattachĂ©s Ă leurs ambassades de Tel-Aviv.Â
Selon un article rĂ©cent paru dans Times of Israel sur la situation des ambassades Ă JĂ©rusalem un an après le dĂ©mĂ©nagement de l’ambassade des États-Unis : Dans le mĂŞme temps, l’Union europĂ©enne, dans une note interne obtenue par le Times of Israel, a minimisĂ© la tendance de certains États membres Ă ouvrir des bureaux commerciaux Ă JĂ©rusalem (dont certains ont le statut diplomatique puisqu’ils sont considĂ©rĂ©s comme des « extensions » de Tel Aviv d’un pays ambassade, mais ne sont pas considĂ©rĂ©es comme des ambassades elles-mĂŞmes), insistant sur le fait qu’elle reste fermement opposĂ©e Ă toute reconnaissance de la ville en tant que capitale d’IsraĂ«l et Ă la crĂ©ation d’ambassades dans cette ville.
Est-ce significatif ?
Peut-ĂŞtre. Ă€ tout le moins, ces missions commerciales sont une reconnaissance du fait que quelque chose a changĂ© et que la fiction selon laquelle JĂ©rusalem deviendrait une ville internationale, qui Ă©tait la position officielle de l’UE il n’y a pas si longtemps, semble avoir disparue.Ces petits mouvements, pour la plupart symboliques, peuvent ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme importants d’une autre manière. Ces bureaux commerciaux, en tant que prolongement des ambassades actuelles, peuvent ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme un affaiblissement deÂ
la résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui insistait pour que toutes les nations se retirent et refusent d’établir des missions diplomatiques à Jérusalem.
Le simple fait d’envisager la délocalisation des ambassades à Jérusalem et d’ouvrir ces extensions des ambassades de Tel-Aviv signifie que de nombreux pays ont décidé d’ignorer ou de contourner une résolution anti-israélienne du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Ce n’est pas une petite affaire.
