Une opĂ©ration terrestre clandestine sur le sol iranien. C’est ce qu’affirme la chaĂ®ne saoudienne Al-Arabiya, citant ses propres sources, au lendemain d’une nuit oĂą les tensions entre IsraĂ«l et l’Iran ont franchi un nouveau seuil. Selon ce rapport, des agents du Mossad et des forces spĂ©ciales israĂ©liennes auraient Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s physiquement en Iran dans la nuit du dimanche au lundi. IsraĂ«l, fidèle Ă sa doctrine de silence opĂ©rationnel, n’a pour l’heure Ă©mis aucun commentaire officiel.
Une logique de guerre qui s’intensifie
Ce rapport ne surgit pas dans le vide. Il s’inscrit dans une sĂ©quence d’Ă©vĂ©nements qui, depuis plusieurs mois, dessine les contours d’une confrontation directe et assumĂ©e entre les deux pays. En juin 2025, l’opĂ©ration israĂ©lienne baptisĂ©e Am KĂ©lavi — « Avec un lion » — avait dĂ©jĂ levĂ© un coin du voile sur ce type d’action : des images authentifiĂ©es montraient une cellule d’agents du Mossad tirant des missiles depuis le sol iranien, lors de la frappe d’ouverture du dispositif militaire israĂ©lien. Ce prĂ©cĂ©dent avait, Ă l’Ă©poque, stupĂ©fiĂ© les analystes militaires : l’idĂ©e qu’IsraĂ«l puisse non seulement frapper l’Iran depuis les airs, mais aussi y infiltrer des unitĂ©s terrestres capables de mener des tirs au sol, modifiait profondĂ©ment la lecture de la doctrine opĂ©rationnelle israĂ©lienne.
La nouvelle annonce d’Al-Arabiya s’inscrit dans cette mĂŞme logique de progression. L’opĂ©ration dĂ©crite comme « prĂ©liminaire » dans les termes du rapport ne serait pas un acte isolĂ©, mais un Ă©lĂ©ment d’un dispositif plus large, en cours de dĂ©ploiement.
Trump, les Kurdes et la porte irakienne
La dimension amĂ©ricaine de ce dĂ©veloppement ne peut ĂŞtre ignorĂ©e. Dans les heures prĂ©cĂ©dant la diffusion du rapport, le prĂ©sident Donald Trump avait publiquement dĂ©clarĂ© qu’il ne « fermait pas la porte » Ă l’envoi de forces terrestres amĂ©ricaines dans le cadre d’une opĂ©ration conjointe avec IsraĂ«l contre l’Iran. Cette dĂ©claration, prononcĂ©e sans ambiguĂŻtĂ©, constitue une rupture sĂ©mantique et stratĂ©gique notable : jusqu’ici, Washington avait maintenu une rhĂ©torique de soutien sans engagement direct de troupes au sol.
Parallèlement, des frappes israĂ©liennes ont Ă©tĂ© signalĂ©es contre des positions iraniennes Ă la frontière irano-irakienne. L’un des scĂ©narios Ă©voquĂ©s par des sources sĂ©curitaires est celui d’un corridor terrestre : des unitĂ©s, potentiellement incluant des combattants kurdes, pourraient pĂ©nĂ©trer en Iran depuis le territoire irakien. Cette hypothèse, si elle venait Ă se confirmer, ouvrirait un front supplĂ©mentaire d’une nature radicalement diffĂ©rente des frappes aĂ©riennes qui ont jusqu’ici dominĂ© les Ă©changes.
Le Mossad parle aux Iraniens — en persan
En parallèle de ces développements militaires, une autre forme de guerre se mène, dans les rues numériques et les réseaux sociaux iraniens. Le compte officiel du Mossad en persan — une initiative communicationnelle rare et délibérée — a multiplié ces derniers jours ses appels directs à la population iranienne et aux opposants au régime. Le message est sans détour : transmettre des informations, des images, des témoignages sur les opérations de répression menées par les forces du régime.
Cette stratĂ©gie de guerre psychologique et informationnelle s’inscrit dans une vision long terme : fragiliser la lĂ©gitimitĂ© intĂ©rieure du rĂ©gime, encourager la dĂ©sobĂ©issance civile et alimenter les rĂ©seaux de renseignement israĂ©liens avec des donnĂ©es de terrain. Le fait que ce compte soit public, actif et revendiquĂ© constitue en soi un message politique adressĂ© Ă TĂ©hĂ©ran.
La chute de Khamenei et les caméras de Téhéran
L’opĂ©ration la plus spectaculaire reste celle qui a abouti Ă l’Ă©limination du Guide suprĂŞme iranien, Ali Khamenei. Des publications Ă©trangères ont rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© qu’IsraĂ«l aurait pris le contrĂ´le de camĂ©ras de surveillance dans les rues de TĂ©hĂ©ran avant l’exĂ©cution de cet assassinat ciblĂ©. Cette capacitĂ© de surveillance urbaine Ă distance, au cĹ“ur mĂŞme de la capitale ennemie, aurait jouĂ© un rĂ´le dĂ©terminant dans le succès de l’opĂ©ration. Le niveau de sophistication technique qu’implique une telle intrusion tĂ©moigne d’une infrastructure de renseignement implantĂ©e sur le long terme.
Ce que ce rapport ne dit pas encore
Le rapport d’Al-Arabiya est qualifiĂ© d’emblĂ©e de « prĂ©liminaire ». Aucun dĂ©tail n’a Ă©tĂ© fourni sur les cibles visĂ©es, les zones gĂ©ographiques concernĂ©es, ni sur d’Ă©ventuelles pertes ou rĂ©sultats opĂ©rationnels. L’absence de rĂ©action israĂ©lienne — officielle ou informelle — est en elle-mĂŞme un signal : IsraĂ«l ne dĂ©ment pas, n’infirme pas, n’ajuste pas. Il se tait, comme il le fait systĂ©matiquement lorsque le renseignement est en jeu.
Ce silence opĂ©rationnel, loin d’ĂŞtre une absence de rĂ©ponse, est une rĂ©ponse en soi.
— Rédaction internationale
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢







