Israël gèle 200 millions de dollars de recettes fiscales de l’Autorité palestinienne pour les allocations terroristes et les dettes impayées

Israël a de nouveau bloqué le transfert des recettes fiscales à l’Autorité palestinienne, transformant un virement mensuel routinier en frappe financière directe contre le système de récompenses aux terroristes entretenu par Ramallah et contre la campagne diplomatique que l’AP mène à l’international contre l’État hébreu. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a été clair : pas un shekel ne sera transféré tant que l’Autorité palestinienne continuera à financer le terrorisme et à mener une guerre par procuration contre Israël sur la scène mondiale.

Les chiffres donnent le vertige. Ce mois-ci, Israël a collecté plus de 740 millions de shekels — soit environ 200 millions de dollars — au titre des recettes fiscales palestiniennes. Selon la déclaration du ministère des Finances citée par les médias israéliens, environ 590 millions de shekels ont été déduits pour couvrir les dettes que l’AP doit à la Compagnie d’électricité israélienne, ainsi qu’aux organismes de gestion de l’eau et de l’environnement. Des sommes supplémentaires ont été compensées au titre des fonds versés par Ramallah à des éléments terroristes et aux familles de terroristes. Le solde restant, lui, a purement et simplement été gelé.

Smotrich a encadré cette décision à la fois comme une mesure sécuritaire et comme un message sans équivoque adressé à l’AP : « Quiconque choisit de combattre l’État d’Israël sur la scène internationale et de soutenir le terrorisme en paiera le prix. » Son bureau a précisé que cette politique vise à empêcher qu’un seul shekel serve à encourager la terreur, tout en récupérant des créances que les citoyens israéliens ont de fait absorbées à travers leurs factures d’électricité, d’eau et d’infrastructure.

La riposte de Ramallah

L’Autorité palestinienne n’a pas tardé à réagir. Le Premier ministre Mohammad Mustafa a accusé Israël d’imposer ce qu’il a qualifié d’« occupation économique », affirmant que Ramallah travaille avec des acteurs internationaux pour faire pression sur Israël afin qu’il libère ces fonds. Il a également reconnu que l’AP fonctionne désormais sans ses recettes douanières et fiscales habituelles — un coup dur pour une institution qui peine déjà depuis des années à verser l’intégralité des salaires de ses fonctionnaires. Ce n’est pas seulement une question de trésorerie : c’est l’ensemble de l’appareil administratif palestinien qui se retrouve sous pression, dans un moment où sa légitimité est déjà mise à rude épreuve par une population épuisée et désenchantée.

Au cœur du bras de fer se trouve le système de reversement des recettes créé à l’époque des accords d’Oslo, plus précisément dans le cadre du Protocole de Paris, en vertu duquel Israël collecte les droits de douane et les taxes pour le compte de l’AP. Ces recettes représentent habituellement des centaines de millions de shekels par mois, et constituent la colonne vertébrale du budget palestinien. Mais Israël a eu recours de manière croissante à des mécanismes de compensation et de gel pour bloquer l’argent lié aux versements de l’AP aux terroristes et à leurs familles — un système universellement connu sous le nom de « pay for slay » (payer pour tuer).

Un mécanisme de pression ancré dans la loi

Ce n’est pas la première fois qu’Israël actionne ce levier. La politique de compensation a été formalisée par les législateurs israéliens dès 2018, avec pour objectif explicite de contraindre Ramallah à cesser de rémunérer le terrorisme. Selon JNS, environ un milliard de shekels par an des recettes collectées par Israël pour le compte de l’AP ont été orientés vers ces allocations. Autrement dit, le contribuable israélien — via les infrastructures communes et les mécanismes de collecte — finançait indirectement un système qui récompensait les auteurs d’attentats contre des civils israeliens.

La logique israélienne est donc double : d’un côté, stopper le flux d’argent vers le terrorisme ; de l’autre, récupérer des dettes accumulées envers des entreprises publiques israéliennes que Ramallah refuse d’honorer. La Compagnie nationale d’électricité, en particulier, supporte depuis des années un contentieux considérable avec l’AP, dont les impayés ont atteint des montants astronomiques. Geler les recettes fiscales pour compenser ces créances, c’est aussi — aux yeux du gouvernement israélien — une mesure de bonne gestion financière, indépendamment même de la dimension sécuritaire.

Ce que l’épisode révèle, au fond, c’est l’état de déliquescence des relations entre Israël et l’Autorité palestinienne. La relation de dépendance économique instituée par Oslo, censée créer les conditions d’une coopération progressive, s’est transformée en un rapport de force permanent, où les recettes fiscales servent tour à tour de monnaie d’échange, de levier de pression et de terrain d’affrontement politique. Smotrich, figure de l’aile droite dure du gouvernement, n’a pas caché son calcul : si Ramallah veut jouer la carte de la confrontation internationale — en soutenant les démarches à la Cour pénale internationale, en cultivant les reconnaissances d’État palestinien parmi les pays occidentaux — alors Israël répondra là où ça fait mal : dans le portefeuille.

Pour l’AP, l’équation est redoutable. Continuer à verser des allocations aux familles de terroristes, c’est s’exposer à des compensations massives de la part d’Israël et à l’hostilité croissante de ses partenaires occidentaux. Y renoncer, c’est risquer une implosion interne dans une société palestinienne où ces versements sont perçus, par une frange significative, comme un geste de dignité nationale. C’est ce nœud gordien que ni Oslo ni les accords successifs n’ont jamais réussi à trancher.

Pour approfondir le contexte de la pression financière sur l’Autorité palestinienne, retrouvez sur infos-israel.news :

 


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