La construction d’un nouveau port Ă HaĂŻfa bat son plein, malgrĂ© les objections des AmĂ©ricains, prĂ©occupĂ©s par la crĂ©ation d’une puissante tĂŞte de pont d’infrastructure de la Chine sur la cĂ´te d’un alliĂ© stratĂ©gique.
Le port appartiendra Ă la sociĂ©tĂ© publique chinoise SIPG pendant au moins 25 ans – en vertu d’un contrat jusqu’en 2046.
Le discours prononcĂ© par le directeur de la sociĂ©tĂ© de ports israĂ©liens Uzi Yitzhaki lors d’un Ă©vĂ©nement qui s’est tenu Ă la chambre de la marine marchande Ă la fin du mois d’octobre montre que les objections avec la partie amĂ©ricaine ont Ă©tĂ© levĂ©es. Il a ajoutĂ© que les accords conclus avec les ports de HaĂŻfa et d’Ashdod permettront l’introduction de nouveaux opĂ©rateurs chinois Ă HaĂŻfa et suisses Ă Ashdod.
Yitzhaki a ajoutĂ© que les opĂ©rateurs commenceront bientĂ´t Ă expĂ©dier des grues et autres Ă©quipements portuaires. « BientĂ´t, nous verrons non seulement la crĂ©ation d’infrastructures, mais Ă©galement l’assemblage de nouveaux Ă©quipements le plus automatisĂ© possible », a dĂ©clarĂ© l’ancien directeur gĂ©nĂ©ral du ministère des Transports, citĂ© par The Globes. Ainsi, il n’y a pas de commande «en arrière», il n’y a que «plein en avant».
Cependant, beaucoup craignent que le nouveau port de HaĂŻfa devienne un tremplin pour l’expansion future des infrastructures chinoises en IsraĂ«l. Dubi Ben-Gedaliyahu, l’un des principaux journalistes du Globe, a Ă©crit Ă ce sujet l’autre jour.
Il donne un exemple du sort du port grec du PirĂ©e, donnĂ© Ă la Chine en 2009 pour un bail de 35 ans en Ă©change d’un investissement dans la modernisation du port. Ce n’Ă©tait que le dĂ©but. En 2016, le gĂ©ant marin chinois COSCO a achetĂ© 51% du PirĂ©e, malgrĂ© les objections de l’UE et des États-Unis. La Chine a investi 600 millions de dollars dans le port et a ouvertement annoncĂ© la transformation de l’ancien port d’Athènes en un « pont entre la Chine et l’Europe ». Dans le cadre du nouvel accord, Ă l’horizon 2022, COSCO investira 300 millions supplĂ©mentaires au PirĂ©e et recevra 16% supplĂ©mentaires des actions du port, l’ayant presque entièrement privatisĂ©.
Parallèlement, d’autres infrastructures vitales de la Grèce sont saisies. State Grid, la plus grande compagnie d’Ă©lectricitĂ© de Chine, a acquis 24% du principal fournisseur d’Ă©lectricitĂ© de la Grèce. Les Chinois ont investi dans d’autres infrastructures : dans les voies de communication, dans les communications mobiles. Les compagnies de navigation grecques ont reçu un prĂŞt de 3 milliards de dollars de la Chine pour construire des navires sur des chantiers navals chinois.
La pĂ©nĂ©tration de la Chine en Grèce a commencĂ© Ă un moment oĂą le pays Ă©tait dans une position très vulnĂ©rable en raison de la plus grave crise financière : l’État Ă©tait au bord de la faillite.
Mais IsraĂ«l va t’il se rendre sans rĂ©flĂ©chir Ă la Chine ?
Ben Gedaniyahu souligne le danger de voir la Chine absorber tout le port de la baie d’HaĂŻfa. L’ancien port du nord est au bord de la privatisation. Avec des Ă©quipements obsolètes, il lui sera extrĂŞmement difficile de concurrencer le port chinois ultramoderne, qui ouvrira ses portes en 2022. Il n’y aura presque pas de personnel dans ces derniers, tout le travail sera fait automatiquement et leur coĂ»t sera très bas.
Pour que le vieux port de HaĂŻfa puisse faire face Ă la concurrence, le gagnant du marchĂ© doit investir au moins un milliard de shekels dans celui-ci. De tels investissements ne sont pas pour tout le monde, et le premier des rares candidats sera le mĂŞme SIPG ou une autre sociĂ©tĂ© chinoise. Rappelons qu’elle a participĂ© Ă l’appel d’offres pour le nouveau port seul.
L’auteur souligne que l’expansion de la Chine dans la baie de HaĂŻfa devrait faire face Ă la rĂ©sistance d’un puissant dĂ©partement militaire, la base de la marine dotĂ©e d’installations «sensibles» Ă©tant situĂ©e Ă proximitĂ© du vieux port. Les États-Unis seront Ă©galement opposĂ©s.
Il est difficile d’imaginer que la nouvelle commission sur le contrôle des investissements étrangers puisse réagir favorablement à une telle situation.
Fin octobre, le cabinet politico-militaire a dĂ©cidĂ© de constituer une commission consultative sous les auspices du ministère des Finances afin de vĂ©rifier les aspects de la sĂ©curitĂ© nationale dans le processus d’approbation des investissements Ă©trangers.
La commission comprendra des reprĂ©sentants du ministère des Finances, du ministère de la DĂ©fense et du Conseil de sĂ©curitĂ© nationale, ainsi que des observateurs du ministère des Affaires Ă©trangères, du ministère de l’Économie, du Conseil national de l’Ă©conomie et du ministère des Finances.
Pour l’instant, il ne s’agit que d’une pure spéculation, souligne Ben-Gedaliyahu, mais les Grecs ne peuvent présumer que louer le Pirée dans quelques années transformerait leur port en une propriété chinoise.





