La nouvelle Ă©quation de Smotrich : l’Iran tire — la Dahiyeh sera frappĂ©e

Bezalel Smotrich, ministre des Finances et membre du cabinet restreint, s’apprĂŞte Ă  dĂ©fendre une proposition stratĂ©gique inĂ©dite lors des discussions gouvernementales sur la riposte aux tirs iraniens : plutĂ´t que de rĂ©pondre directement Ă  l’Iran sur son propre sol dans un Ă©change de frappes limitĂ©, il entend faire payer le prix au Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth — la Dahiyeh.

La logique de Smotrich repose sur le raisonnement suivant : l’Iran lui-mĂŞme a créé l’Ă©quation en liant les fronts, en rĂ©pondant aux frappes israĂ©liennes Ă  Beyrouth par des tirs de missiles vers IsraĂ«l. Si TĂ©hĂ©ran a dĂ©cidĂ© que les deux théâtres d’opĂ©rations ne font qu’un, alors c’est le Hezbollah — le bras armĂ© iranien en territoire libanais — qui doit assumer les consĂ©quences des actes de son commanditaire. Autrement dit, Ă  chaque tir iranien vers IsraĂ«l, la Dahiyeh brĂ»le.

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Cette approche prĂ©sente selon lui plusieurs avantages tactiques et diplomatiques. Sur le plan militaire, IsraĂ«l dispose d’armements plus accessibles et d’une chaĂ®ne logistique mieux rodĂ©e pour frapper le Liban que pour mener des opĂ©rations profondes en Iran. La proximitĂ© gĂ©ographique de la cible renforce l’efficacitĂ© potentielle des frappes et permet d’approfondir la dĂ©gradation des capacitĂ©s du Hezbollah, dans l’objectif d’obtenir un calme durable sur la frontière nord.

Sur le plan politique et diplomatique, la proposition de Smotrich prĂ©sente un avantage de taille : elle rĂ©duit la surface de friction directe avec Washington. Une confrontation militaire directe et Ă©largie entre IsraĂ«l et l’Iran fait peser un risque rĂ©el sur les nĂ©gociations nuclĂ©aires en cours entre les États-Unis et TĂ©hĂ©ran, auxquelles le prĂ©sident Donald Trump tient manifestement. En redirigeant la riposte vers le Hezbollah au Liban — un acteur que personne Ă  Washington ne dĂ©fend — IsraĂ«l pourrait contourner les pressions amĂ©ricaines Ă  la retenue tout en maintenant une pression militaire significative sur l’axe iranien. Smotrich va mĂŞme jusqu’Ă  suggĂ©rer que Trump pourrait prĂ©senter cette escalade contrĂ´lĂ©e comme un levier de pression supplĂ©mentaire pour forcer TĂ©hĂ©ran Ă  des concessions plus rapides dans les pourparlers.

L’alternative actuellement sur la table — s’engager dans une sĂ©rie d’Ă©changes de frappes limitĂ©s directement avec l’Iran — est jugĂ©e par Smotrich comme peu productive. Les contraintes imposĂ©es par les États-Unis limitent la marge de manĹ“uvre israĂ©lienne pour frapper profondĂ©ment en Iran, ce qui rĂ©duirait toute riposte directe Ă  une dĂ©monstration symbolique sans effet stratĂ©gique durable. Une dĂ©monstration qui coĂ»te cher politiquement et diplomatiquement, pour un gain militaire marginal.

Depuis la reprise des tirs iraniens dimanche soir, Tsahal opère contre des cibles militaires et des infrastructures sur le sol iranien, mais sans envergure massive. Les civils israĂ©liens sont confinĂ©s dans leurs abris, et les membres du cabinet dĂ©battent des options pour les prochains jours. La question centrale est simple : continuer Ă  frapper l’Iran de manière limitĂ©e, ou rediriger la pression vers le Hezbollah avec plus d’ambition ?

La proposition de Smotrich s’inscrit dans un dĂ©bat stratĂ©gique plus large au sein du gouvernement israĂ©lien, oĂą plusieurs voix poussent Ă  ne pas se laisser enfermer dans une escalade directe avec TĂ©hĂ©ran sous contraintes amĂ©ricaines, mais Ă  exploiter la marge de manĹ“uvre disponible sur le front libanais pour infliger un coĂ»t rĂ©el Ă  l’axe iranien.

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