L’ancien sous-directeur du Mossad provoque une énorme polémique : « La racaille et les messianiques vont semer le chaos dans les rues »

Les mots du général de réserve Amiram Levin ont provoqué une onde de choc ce samedi soir 30 mai 2026. L’ancien sous-directeur du Mossad et ex-commandant du Commandement Nord de Tsahal, figure régulièrement présente dans les rassemblements de l’opposition, a pris la parole lors d’une manifestation et lancé une formule qui a immédiatement enflammé les réseaux sociaux : « La racaille et les messianiques vont semer le chaos dans les rues. »

Ces propos, repris et amplifiés en quelques minutes sur toutes les plateformes, ont suscité autant d’indignation dans le camp du gouvernement que d’approbation dans celui de l’opposition. Pour beaucoup, Levin vise directement les courants d’extrême droite nationaliste-religieuse au pouvoir — notamment les partisans de l’actuel ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et du ministre des Finances Bezalel Smotrich.

Lors de cette même prise de parole, Levin a aussi chargé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’accusant d’avoir tenté de dépouiller Israël de « presque tout ce que nous avons construit de bien » depuis la création de l’État. Il a appelé la population à se mobiliser en masse lors des prochaines élections, estimant que si les Israéliens attachés à la démocratie se présentaient en nombre, le camp adverse n’aurait aucune chance.

Levin n’en est pas à sa première saillie qui fait polémique. Figure de la gauche sécuritaire israélienne — celle qu’incarnent les généraux reconvertis en critiques du gouvernement — il multiplie depuis le 7 octobre les déclarations fracassantes sur la conduite de la guerre et sur les orientations politiques de la coalition. Blessé grièvement lors de la guerre de Kippour, ancien commandant de l’unité d’élite Sayeret Matkal, il tire de son parcours militaire une légitimité que ses partisans lui reconnaissent et que ses adversaires contestent.

Le qualificatif d’« aspasof » — traduit ici par « racaille », terme biblique qui désigne une foule incontrôlable et agressive — accolé aux milieux messianistes a fait particulièrement mouche. Des responsables de la coalition ont dénoncé ce qu’ils décrivent comme une incitation et une insulte à des pans entiers de la société israélienne. Des voix du camp religieux-national ont réclamé des réponses juridiques. Dans le camp d’opposition, au contraire, certains ont salué la franchise de Levin, estimant qu’il nommait enfin ce que beaucoup pensent tout bas.

La tension politique intérieure en Israël, déjà extrêmement vive depuis le début de la guerre contre le Hamas et les batailles sur la réforme judiciaire, trouve dans ce genre de déclaration un thermomètre brutal. Le fossé entre partisans et adversaires du gouvernement, loin de se résorber sous l’effet du conflit, semble s’être encore creusé.

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