Une Juive américaine résidant à Barcelone s’est vu refuser l’accès au spa « Termas Barcelona », établissement réputé pour son ambiance inclusive et connu comme un lieu de référence de la communauté LGBT locale, lors d’une soirée réservée aux femmes. La raison invoquée : la chaîne qu’elle portait autour du cou, ornée d’un pendentif en forme d’étoile de David. Elle était accompagnée de sa compagne.
Selon les informations publiées par la Communauté juive de Barcelone, qui a rendu l’incident public, le personnel et des clients présents ont immédiatement associé ce symbole à la « sionisme » et au « génocide ». Face à cette réaction, la direction de l’établissement a exigé de la femme qu’elle renonce à porter sa chaîne — ou qu’elle se désolidarise publiquement de ce à quoi elle était supposée renvoyer — comme condition préalable à son entrée. Devant son refus de se plier à cette exigence, elle et sa compagne ont été priées de quitter les lieux.
La femme n’a pas accepté passivement la situation. Elle a filmé une partie de l’incident, déposé une plainte formelle auprès de la police et exprimé publiquement sa consternation devant le fait qu’aucun des témoins présents — clients ou personnel — ne soit intervenu en sa faveur.
La Communauté juive de Barcelone a réagi avec fermeté, qualifiant l’incident de violation manifeste des lois espagnoles interdisant toute discrimination fondée sur la religion ou l’origine. Elle a appelé les autorités municipales et la police à ouvrir une enquête. Dans un communiqué, elle a également interpellé la mairie de Barcelone et le gouvernement catalan, jusqu’ici silencieux sur l’affaire. Sur les réseaux sociaux, l’incident a rapidement suscité un large écho, alimentant les discussions sur la montée de l’antisémitisme en Catalogne et plus largement en Espagne.
L’étoile de David — le Magen David — est un symbole du judaïsme utilisé depuis des siècles. Elle figure notamment sur le drapeau de l’État d’Israël, mais sa signification première est religieuse et identitaire, bien antérieure à l’existence de cet État. L’assimilation immédiate, par le personnel et des clients du spa, entre ce bijou et une position politique sur le conflit israélo-palestinien traduit une confusion — ou une hostilité — qui constitue par définition de l’antisémitisme selon les définitions adoptées par l’Union européenne et la plupart des organisations internationales de lutte contre la haine.
Ce n’est pas la première fois que des symboles ou marqueurs identitaires juifs valent à leurs porteurs d’être exclus dans des espaces publics ou culturels espagnols. Il y a environ trois mois, à Madrid, trois Israéliennes, dont une survivante de la Shoah, ont été agressées verbalement au Musée national Reina Sofía lorsque des visiteurs ont repéré leurs étoiles de David. Au lieu d’intervenir contre les agresseurs, le personnel du musée a ordonné à la sécurité de reconduire les victimes vers la sortie.
Au moment de la publication de cet article, ni le spa Termas Barcelona, ni la mairie de Barcelone n’avaient formulé de réponse officielle.
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