Le chef d’état-major lève dix drapeaux rouges. Le gouvernement n’écoute pas.

Il y a des avertissements qui entrent dans un registre et ressortent par l’autre. Et puis il y a ceux que l’on prononce en réunion de cabinet, devant les ministres, en termes qui ne laissent aucune place à l’ambiguïté. Le chef d’état-major Eyal Zamir a choisi la deuxième option.

Lors d’une réunion du cabinet politico-sécuritaire mercredi soir, le chef d’état-major a lancé une déclaration inhabituelle concernant la charge qui pèse sur les épaules de Tsahal en ce moment. « Je lève devant vous dix drapeaux rouges avant que Tsahal ne s’effondre sur lui-même », a-t-il averti les ministres. mako

Ce n’est pas une métaphore poétique. C’est un diagnostic.

La crise du personnel, en pleine guerre

La déclaration du chef d’état-major intervient dans le contexte d’une pénurie de personnel dans l’armée, de l’absence d’une véritable loi de conscription, et du fait que les missions de sécurité se sont multipliées — et pas uniquement sur les fronts iranien et libanais. mako

Le commandant du commandement Centre, le général Avi Bluth, a été convié à la réunion et a exposé la situation aux ministres : au cours de l’année écoulée, vous avez approuvé la création de nombreuses nouvelles implantations dans la vallée du Jourdain et en Judée-Samarie, auxquelles se sont ajoutées des dizaines de fermes et de zones supplémentaires. C’est votre politique, mais cela exige une sécurisation et un dispositif de protection, car le terrain a totalement changé — et cela requiert du personnel. mako

En janvier prochain, la durée du service militaire obligatoire des hommes est censée être réduite à deux ans et demi, malgré la demande explicite de Tsahal d’accélérer la législation pour ramener la durée à trois ans. Quand une vraie loi de conscription n’est pas en vue et que les réservistes sont mobilisés par des ordres d’urgence successifs, il est très difficile de faire face à toutes les missions. mako

Les réactions de l’opposition

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid a réagi : « Lors de la prochaine catastrophe, le gouvernement ne pourra pas dire ‘on ne savait pas’. Il en porte la responsabilité. » L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a attaqué : « Le chef d’état-major crie maintenant ce que je crie depuis deux ans et demi. Il manque 20 000 soldats à Tsahal pour défendre l’État d’Israël. » mako

L’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot a décrit la situation : « Le gouvernement israélien, commandement suprême de Tsahal, ne pourra plus dire qu’il ne savait pas. Le chef d’état-major lève dix drapeaux rouges, les réservistes et leurs familles crient — le gouvernement ignore et continue comme si de rien n’était. » mako

Ce qui est frappant dans cet épisode, ce n’est pas l’avertissement lui-même — les signaux d’alarme sur la crise du personnel dans Tsahal ne sont pas nouveaux. Ce qui est frappant, c’est qu’il ait fallu en arriver là : un chef d’état-major qui parle d’ »effondrement » en réunion de cabinet, en pleine guerre, pour que la question arrive enfin dans l’espace public avec toute sa gravité.

Source : N12/Mako, 26/03/2026


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