« C’est le scĂ©nario dans lequel l’Occident dĂ©clare », dĂ©clare un haut responsable de la sĂ©curitĂ© occidentale, « des armes de destruction massive aux mains d’Al-QaĂŻda ». Selon lui, un seul conteneur de sarin ouvert dans une rame de mĂ©tro de Londres ou de New York pourrait provoquer une catastrophe. Le sarin est l’un des agents de guerre chimique les plus meurtriers jamais dĂ©veloppĂ©s. Le gaz est incolore et inodore et endommage le système nerveux quelques secondes après son exposition.
Les premiers symptĂ´mes comprennent un nez qui coule, un essoufflement et des pupilles contractĂ©es, et en quelques minutes apparaissent des convulsions, une paralysie et une perte de conscience. Sans traitement immĂ©diat, l’exposition Ă une seule goutte peut ĂŞtre mortelle. Ce gaz a Ă©tĂ© initialement dĂ©veloppĂ© par l’Allemagne nazie dans les annĂ©es 1930 et son utilisation est interdite par les traitĂ©s internationaux. L’attaque au gaz sarin la plus cĂ©lèbre s’est produite en 1995 dans le mĂ©tro de Tokyo, lorsqu’une secte religieuse a libĂ©rĂ© ce gaz, tuant 12 personnes et en blessant des milliers.
Des photographies satellite analysĂ©es par le magazine Jane’s montrent que trois installations de production d’armes chimiques, une base de missiles Scud et des installations de stockage de missiles et d’ogives nuclĂ©aires fonctionnaient dans le complexe, qui a subi une modernisation massive en 2008-2005. Les missiles Scud sont des missiles balistiques Ă courte portĂ©e dĂ©veloppĂ©s Ă l’origine en Union soviĂ©tique dans les annĂ©es 1950.
Le missile est devenu l’une des armes les plus copiĂ©es et distribuĂ©es au monde, des pays comme l’Irak, l’Iran et la CorĂ©e du Nord dĂ©veloppant leurs propres versions. Le Scud-D, la version utilisĂ©e en Syrie, est l’un des plus avancĂ©s de la sĂ©rie avec une portĂ©e d’environ 700 km. Le missile peut transporter une ogive pesant une tonne, conventionnelle ou chimique. Ils ont Ă©tĂ© largement utilisĂ©s lors de la première guerre du Golfe, lorsque l’Irak les a lancĂ©s sur IsraĂ«l et l’Arabie Saoudite. Selon les estimations des services de renseignement Ă©trangers, la Syrie possède entre 100 et 200 ogives chimiques pour missiles Scud et des milliers d’obus d’artillerie.
Le complexe Ă©tait bien protĂ©gĂ© par un système de sĂ©curitĂ© comprenant des points de contrĂ´le, et des batteries de missiles sol-air, ainsi que des bunkers souterrains fortifiĂ©s. Cependant, on ne sait pas exactement ce qu’il en reste. « Une frappe aĂ©rienne n’est pas une solution », explique au British Telegraph Dina Espandiari, experte en armes de destruction massive Ă l’Institut d’Ă©tudes stratĂ©giques de Londres. « Cela pourrait libĂ©rer des substances chimiques dans l’air ou rendre un site sĂ©curisĂ© piratable. » Selon elle, certains sites ne contiennent que des matières premières nĂ©cessitant un mĂ©lange professionnel, mais d’autres disposent de conteneurs prĂŞts Ă l’emploi et pouvant ĂŞtre exploitĂ©s relativement facilement.






