Les Houthis entrent en guerre contre Israël — un troisième front s’ouvre ce matin

Il manquait encore un front. Il vient de s’ouvrir. Ce samedi matin 28 mars 2026, alors qu’Israël célèbre un Chabbat sous les bombes iraniennes et pleure ses morts civils, une nouvelle menace a surgi du sud. Les Houthis du Yémen ont tiré leurs premiers missiles balistiques sur le territoire israélien depuis le début de la guerre contre l’Iran, revendiquant fièrement leur entrée dans le conflit. Un mois après le déclenchement de l’opération israélo-américaine contre Téhéran, le front ne s’élargit plus — il explose. Le groupe rebelle houthi du Yémen, soutenu par l’Iran, affirme avoir mené sa première opération militaire contre Israël, en tirant un barrage de missiles balistiques visant des positions militaires sensibles de l’ennemi israélien, en signe de solidarité avec la résistance à l’agression israélienne contre l’Iran, le Liban, l’Irak et la Palestine. Euronews Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a diffusé une déclaration vidéo sur X dès les premières heures du matin pour revendiquer l’opération avec une rhétorique guerrière rodée. Ce n’est pas une menace. C’est une déclaration de guerre en bonne et due forme contre l’État hébreu, formulée depuis les montagnes du Yémen, à plus de 1 800 kilomètres d’Israël.

Pour comprendre le poids de cette annonce, il faut replacer les Houthis dans la géographie de cette guerre. Depuis le 7 octobre 2023, le mouvement armé yéménite avait déjà démontré sa capacité à frapper Israël à longue distance, en lançant des drones et des missiles pendant des mois au-dessus de la mer Rouge. Des interceptions quasi systématiques par la défense israélienne avaient alors limité les dégâts. Mais la donne a changé. Depuis le 28 février 2026 et le déclenchement de l’opération conjointe américano-israélienne contre l’Iran, les Houthis avaient jusqu’ici observé, attendant leur moment. Ce moment est venu ce matin.

Dans une déclaration vidéo publiée sur X, Yahya Saree a expliqué que les attaques visaient des positions militaires israéliennes sensibles et venaient s’ajouter à ce qu’il a appelé la résistance iranienne héroïque. Euronews Le vocabulaire est celui de la solidarité idéologique, mais derrière les mots, la réalité militaire est concrète. Des missiles balistiques yéménites sont en route ou déjà tombés sur le territoire israélien. L’armée israélienne, déjà mobilisée sur trois fronts simultanés — Iran à l’est, Hezbollah au nord, Gaza au sud-ouest — doit désormais gérer une quatrième menace depuis le Yémen.

Ce n’est pas la première fois que les Houthis s’en prennent à Israël. En 2024, l’administration Trump avait lancé des frappes contre les Houthis qui avaient pris fin quelques semaines plus tard. La campagne menée par les États-Unis contre les rebelles yéménites s’était transformée en la plus intense bataille navale en cours depuis la Seconde Guerre mondiale, visant à mettre un terme aux attaques contre les navires en mer Rouge. Euronews Cette campagne n’a pas éliminé les Houthis. Elle les a affaiblis, mais le mouvement a survécu, s’est réarmé, et attend depuis des mois l’occasion de frapper à nouveau. Cette occasion, c’est la guerre contre l’Iran qui la leur offre sur un plateau.

La logique de l’Axe de la résistance — cette alliance informelle entre Iran, Hezbollah, Hamas, milices irakiennes et Houthis — est précisément celle-ci : quand l’un des membres est attaqué, les autres entrent en jeu. L’Iran est en guerre. Le Hezbollah bombarde le nord d’Israël depuis le 2 mars. Les milices pro-iraniennes d’Irak ont visé des bases américaines dans la région. Et maintenant les Houthis ouvrent leur propre front depuis le Yémen. L’encerclement stratégique d’Israël, théorisé depuis des années comme le cauchemar à éviter, est en train de se matérialiser en temps réel.

Pour l’armée israélienne, la question n’est pas seulement opérationnelle. C’est une question de capacités. Le chef d’état-major de l’armée israélienne s’est récemment alarmé d’un manque d’effectifs face aux multiples fronts militaires, avertissant que l’armée, en état de guerre permanente depuis près de trois ans, pourrait être conduite à un effondrement. Franceinfo Ajouter un front yéménite à cette liste n’est pas une abstraction géopolitique. C’est une pression supplémentaire sur des hommes et des femmes déjà épuisés, sur un système de défense aérienne qui tourne à plein régime depuis un mois, sur une société civile qui ne connaît plus le silence.

À Washington, la nouvelle a été reçue avec une attention particulière. Les États-Unis se sont donné deux semaines pour atteindre leurs objectifs en Iran Franceinfo, selon le secrétaire d’État Marco Rubio — mais l’entrée en jeu des Houthis complique le scénario d’une victoire rapide et propre. La guerre s’étale, se ramifie, et chaque nouveau front est une nouvelle variable dans une équation qui refuse de se simplifier.

Ce matin, dans le ciel du Chabbat, des missiles yéménites volaient vers Israël. Une première depuis le début de cette nouvelle phase du conflit. Pas un incident. Pas une provocation. Une déclaration de guerre de plus, dans un mois qui en a déjà trop compté.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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