L’Iran est dĂ©jĂ  lĂ  : le bataillon 313 des Gardiens de la rĂ©volution se trouve Ă  30 kilomètres d’IsraĂ«l

MĂŞme après un accord entre les Etats Unis,la Jordanie et la Russie, l’Iran est dĂ©jĂ  lĂ  : le bataillon des Gardiens de la rĂ©volution se trouve Ă  30 kilomètres d’IsraĂ«l.
La BBC a publiĂ© des images satellites documentant l’Ă©tablissement d’une base permanente iranienne en Syrie.

En effet, sous notre nez Ă  environ 30 kilomètres des hauteurs du Golan, les Iraniens ont mis en place un bataillon composĂ© de 313 Chiites locaux oĂą les jeunes reçoivent l’Ă©quipement, la formation et un salaire Ă©levĂ© des gardiens de la rĂ©volution et du Hezbollah.

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Le mois dernier, les rapports des mĂ©dias ont parlĂ© sur la menace possible contre IsraĂ«l, face Ă  un Iran qui a dĂ©cidĂ© d’Ă©tablir des bases permanentes en Syrie (uniquement ce vendredi, la BBC a rapportĂ© que l’Iran construit une base militaire permanente en Syrie – très proche de Damas, et Ă  seulement 50 kilomètres du plateau du Golan). Mais tranquillement et sans le dĂ©clarer, l’Iran construit un bataillon en recrutant des Syriens Ă  seulement 30 kilomètres de la frontière israĂ©lienne.

Ces derniers jours, les groupes d’opposition en Syrie du Sud, l’un des derniers bastions des insurgĂ©s, ont tĂ©moignĂ© de la prĂ©sence des  Gardiens de la RĂ©volution qui ont mis en place un siège dans un village chrĂ©tien Ă  Azra de Daraa (près de la triple frontière Syrie-Jordanie-IsraĂ«l). L’Iran mobilise les chiites et peut-ĂŞtre des minoritĂ©s ethniques et d’autres sympathisants en Iran.

Le numĂ©ro 313 est reconnu dans le secteur chiite au Liban comme un nombre magique, car selon la tradition de la communautĂ©, c’est le nombre de combattants qui apparaĂ®tront avec le Mahdi, le messie chiite. Les fondateurs Loaa 313 (Loaa arabe – « division », qui est aujourd’hui le nombre de soldats de ce bataillon) lui a donnĂ© le nom de plusieurs prophètes comme Ansar al-Mahdi (les partisans du messie). L’humeur triomphante entre les milices chiites et les armĂ©es associĂ©es en Irak et en Syrie contre « l’Etat islamique , le Satan sunnite, a dĂ©clenchĂ© l’euphorie et l’anticipation pour la venue des cercles religieux chiites. »

L’Iran veut maintenant tirer parti du renouveau chiite en Irak et en Syrie pour lutter contre «l’ennemi sioniste».

La plupart des informations sur le nouveau bataillon ne sont pas encore dans la presse, mais sur Facebook et sur Twitter de la population locale, qui craint pour le sort de la majoritĂ© sunnite dans la province de Dar’a. Selon leurs rapports, il s’agit du recrutement de membres de minoritĂ©s, principalement de villages chiites de la rĂ©gion (Basr al-Hariri, Kharafa, Khirbet Ghazala et Sheikh Mashkin).
Ils sont bien Ă©quipĂ©s et reçoivent des uniformes militaires. Ils sont entraĂ®nĂ©s par des officiers des gardiens de la rĂ©volution et assistĂ©s par des membres du Hezbollah dans les villes voisines d’Azra et Sheikh Mashqin.

Concurrence avec l’armĂ©e syrienne et les Russes :
La mobilisation directe de l’Iran dans le sud de la Syrie a Ă©tĂ© conçue pour rivaliser avec l’enrĂ´lement de l’armĂ©e russe dans le rĂ©gime. Les Iraniens opĂ©rant sous le nez de la 12e brigade de l’armĂ©e syrienne dans la rĂ©gion tentent de recruter des jeunes dans le nouveau bataillon en leur offrant un salaire supĂ©rieur Ă  la moyenne (environ 200 dollars par mois).
Les jeunes hommes s’enrĂ´lent dans le bataillon afin d’Ă©viter des emplois rĂ©guliers et des obligations de rĂ©serve sur les fronts de guerre de l’armĂ©e de Bashar Assad, oĂą ils ont de fortes chances de payer de leur vie.

MĂŞme l’entraĂ®nement du Bataillon 313 se dĂ©roule dans la mĂŞme zone. Un autre moyen d’inciter les jeunes Ă  s’enrĂ´ler dans le bataillon par l’octroi de documents et de certificats avec l’emblème des gardiens de la rĂ©volution. Ces documents sont une forme de certificats VIP. Ils permettent aux hommes du bataillon de passer sans encombre aux tristement cĂ©lèbres passages Ă  niveau et postes de contrĂ´le, aux check-points de l’armĂ©e syrienne dans lesquels les automobilistes sont soumis au chantage et menacĂ©s. Des sources signalent que le centre de recrutement de 313 personnes a Ă©tĂ© placĂ© il y a quelques mois dans un centre de jeunesse au sud d’Azra et qu’ils ont dĂ©jĂ  rĂ©ussi Ă  recruter environ 200 personnes jusqu’Ă  prĂ©sent.

C’est en fait la première fois que l’Iran recrute directement des citoyens syriens. Jusqu’Ă  prĂ©sent, les milices iraniennes Ă©taient composĂ©es d’Ă©trangers: le Hezbollah libanais, les Fatmans afghans et le Hanjabah irakien. L’idĂ©e derrière cette initiative est de prĂ©parer le terrain en crĂ©ant une sorte de «Hezbollah syrien» pour la possibilitĂ© que la Russie accepte l’une des principales conditions de l’opposition Ă  un arrangement en Syrie – retirer toutes les forces Ă©trangères de l’État. Ainsi, l’Iran sera en mesure de continuer Ă  contrĂ´ler Ă  distance une organisation chiite dans le sud de la Syrie.
Abo Tofik al-Diri coordinateur militaire de la rĂ©gion de l’ArmĂ©e syrienne libre, a dĂ©clarĂ© Ă  un journal jordanien qu’il croit que l’objectif du nouveau rĂ©giment soit un bras en collaboration avec le Hezbollah iranien contre IsraĂ«l.

Peur en Jordanie :

En Jordanie, on s’inquiète de plus en plus d’une prĂ©sence iranienne dans le sud de la Syrie qui pourrait Ă©galement menacer le royaume hachĂ©mite.

Dans une interview avec le journal jordanien Muhammad Sabra, un conseiller juridique du participant de l’opposition syrienne aux pourparlers de Genève,  a dit que la prĂ©sence iranienne en Syrie du Sud est en violation d’un accord Ă  Daraa, convenu par la Jordanie, les Etats-Unis et la Russie le 7 Juillet.

En outre, la mobilisation iranienne contredit les accords de Hambourg entre les Etats-Unis et la Russie, selon lesquels la présence de milices est interdite à plus de 35 kilomètres de la frontière avec la Jordanie et Israël.
La position officielle de la Jordanie est similaire Ă  celle d’IsraĂ«l : le royaume n’acceptera pas la prĂ©sence des milices iraniennes sur sa frontière.

Le bataillon 313  : la poursuite des opérations précédentes.
La tentative du Hezbollah d’Ă©tablir un front contre IsraĂ«l sur les hauteurs du Golan a Ă©chouĂ© Ă  plusieurs reprises dans le passĂ©. L’annĂ©e 2015 a semblĂ© ĂŞtre la fin de l’histoire du projet iranien dans le sud de la Syrie.
En Janvier de cette annĂ©e qui a commencĂ© avec l’assassinat de Imad Mughniyeh, qui Ă©tait responsable de la mise en place du Hezbollah contre IsraĂ«l dans les hauteurs du Golan, a pris fin en DĂ©cembre de cette annĂ©e avec l’assassinat de Samir Kuntar, le terroriste qui a tentĂ© de recruter les druzes au sein du Hezbollah.

La mobilisation directe de l’Iran dans le sud de la Syrie a Ă©tĂ© conçue pour rivaliser avec l’enrĂ´lement de l’armĂ©e russe dans le rĂ©gime. Les Iraniens opĂ©rant sous le nez de la 12e brigade de l’armĂ©e syrienne dans la rĂ©gion tentent de recruter des jeunes dans le nouveau bataillon en leur offrant un salaire supĂ©rieur Ă  la moyenne (environ 200 dollars par mois).
Les jeunes hommes s’enrĂ´lent dans le bataillon afin d’Ă©viter des emplois rĂ©guliers et des obligations de rĂ©serve sur les fronts de guerre de l’armĂ©e de Bashar Assad, oĂą ils ont de fortes chances de payer de leur vie.

L’Iran, cependant, a exploitĂ© l’intervention de la Russie au cours des deux dernières annĂ©es, ce qui a conduit Ă  un revirement de la guerre civile syrienne.

La crĂ©ation du bataillon iranien 313 ces jours-ci n’est que la deuxième Ă©tape après la crĂ©ation de ce que les Syriens appellent le «triangle de la mort» chiite.

L’annĂ©e dernière, quelque 500 combattants du Hezbollah ont pris le contrĂ´le du sud de la Syrie, au sud de Damas, de Quneitra et de Daraa. Dans ce domaine, le Hezbollah a ethniquement nettoyĂ© quelque 40 000 rĂ©sidents, la plupart sunnites.
La plupart d’entre eux ont fui après les combats avec les rebelles et ne sont plus autorisĂ©s Ă  revenir sous prĂ©texte qu’il s’agit d’une «zone militaire fermĂ©e».

La nouvelle démographie en faveur des chiites :

Le dĂ©part de millions de rĂ©fugiĂ©s de Syrie et la mort de centaines de milliers de ses habitants ont modifiĂ© la structure dĂ©mographique du pays. Jusqu’en 2011, les dirigeants alaouites reprĂ©sentaient 11% de la population syrienne et les chiites constituaient 2%. Parmi les chrĂ©tiens qui Ă©taient fidèles au rĂ©gime, les chrĂ©tiens constituaient 10% et 3% de  Druze dont 10% de la population sont des musulmans kurdes.

Cela signifie qu’en 2011, les Arabes sunnites, la majoritĂ© des partisans de l’opposition, reprĂ©sentaient 64% de la population.

Certains riches sunnites vivant dans les villes de l’Ouest ont soutenu le rĂ©gime d’Assad en raison des avantages Ă©conomiques et des monopoles que leur a donnĂ©s le rĂ©gime de Damas. En raison du fait que la plupart des rĂ©fugiĂ©s syriens (plus de 5 millions) et des personnes tuĂ©es (plus d’un demi-million) sont sunnites, le pourcentage d’Arabes sunnites a considĂ©rablement diminuĂ© dans le pays (peut-ĂŞtre 50%). Le changement spectaculaire fournit une base de contrĂ´le plus forte pour le rĂ©gime syrien et pour l’Iran. Ă€ ces chiffres, nous ajouterons les milliers de chiites que les forces iraniennes ont importĂ©es en Syrie occidentale de l’Iran, de l’Afghanistan et de l’Irak, en plus des membres du Hezbollah du Liban. C’est la base dĂ©mographique de l’Ă©tablissement de l’Iran en Syrie occidentale.

Déploiement chiite en Syrie :

Selon des sources ouvertes (principalement mĂ©dias arabes et rĂ©seaux sociaux), l’Iran dispose actuellement de trois bases militaires en Syrie : au sud, la base principale de l’aĂ©roport de Damas, la deuxième dans la rĂ©gion de Siyat (Zeinab) et la troisième au nord. Le Hezbollah a quatre bases le long de la frontière avec le Liban : Ă  al-Qusayr, Ă  al-Zabadani, dans les montagnes de Kalmon et au sud de Saragaya.

En plus des sept bases chiites, l’Iran tente maintenant de parvenir Ă  un accord avec la Russie sur l’ouverture d’une base navale dans le nord-ouest de la Syrie et la construction de bases aĂ©riennes dans d’autres parties de la Syrie.

Les deux bases iraniennes de Damas, situĂ©es Ă  seulement 70 kilomètres des hauteurs du Golan, risquent de constituer une menace sĂ©rieuse pour la sĂ©curitĂ© de l’État d’IsraĂ«l dans un proche avenir.
Alors que le 313e bataillon, qui forme maintenant 30 kilomètres de notre frontière, constitue un danger immédiat.

Dr. Yaron Friedman, commentateur de Ynet sur les affaires arabes. Son livre « Les Alaouites – Histoire, Religion et Identité » a Ă©tĂ© publiĂ© en anglais par Brill-Leiden en 2010.

13 Commentaires

  1. Ce qui m’angoisse surtout c’est plutĂ´t les avions militaires et missiles, D… Est grand, j’espère que leur soit disant chiffre magique se retournera contre eux en cauchemars