Il y a un avant et un après le 7 octobre dans la carrière de Benyamin Netanyahou. Celui qui Ă©tait perçu comme le premier ministre de la prudence calculĂ©e, du compromis tactique et du bilan risque-bĂ©nĂ©fice permanent, aurait selon ses propres collaborateurs radicalement changĂ© de mĂ©thode depuis le massacre du Hamas. C’est l’analyse que livre Yehuda Schlessinger, commentateur politique du site Walla, dans un texte publiĂ© vendredi qui a circulĂ© largement dans les milieux politiques.
Selon des sources proches du Premier ministre citĂ©es par Schlessinger, Netanyahou est dĂ©sormais dĂ©crit comme « le plus grand dessillĂ© du Moyen-Orient ». En deux ans et demi de guerre, il aurait modifiĂ© en profondeur sa façon de travailler : les hommes qui l’entourent, le poids qu’il accorde aux conseils qu’il reçoit, ses mĂ©thodes de travail, sa concentration du pouvoir dĂ©cisionnel, et mĂŞme son mode de vie — les promenades et le sport ont Ă©tĂ© sacrifiĂ©s, mais les lĂ©gumes sont revenus en force dans son alimentation.
L’un des changements les plus significatifs concerne son rapport aux forces armĂ©es. Avant le 7 octobre, le consensus des chefs militaires s’imposait gĂ©nĂ©ralement. DĂ©sormais, Netanyahou remet en question les positions de l’Ă©tat-major. Schlessinger cite un Ă©pisode rĂ©vĂ©lateur : face Ă sept gĂ©nĂ©raux et au chef d’Ă©tat-major avant la première frappe contre l’Iran dans le cadre de l’opĂ©ration « Am Klavia », Netanyahou a Ă©coutĂ© les diffĂ©rents scĂ©narios prĂ©sentĂ©s, puis les a renvoyĂ©s travailler davantage avant de revenir avec des options supplĂ©mentaires. Dans d’autres cas, il exige dĂ©sormais d’entendre non seulement le chef d’Ă©tat-major, mais aussi des officiers de rangs infĂ©rieurs. Les relations avec Washington, par ailleurs, ne passent plus par des ambassadeurs ou le ministère des Affaires Ă©trangères — elles sont gĂ©rĂ©es directement par Netanyahou lui-mĂŞme, en collaboration Ă©troite avec Ron Dermer.
Sur le bilan de la guerre contre l’Iran, Schlessinger adopte un ton mesurĂ© mais affirmatif. Il est possible de dĂ©battre de la question de savoir si tous les objectifs de la guerre ont Ă©tĂ© atteints, ou si la paix qui en dĂ©coule durera longtemps ou peu. Mais il est difficile d’ignorer que des figures comme Haniyeh, Nasrallah, Khamenei et Sinwar ont Ă©tĂ© Ă©liminĂ©es, que l’armĂ©e syrienne bâtie sur plusieurs dĂ©cennies a Ă©tĂ© dĂ©truite en deux semaines, que le Hezbollah est Ă genoux, et qu’une Iran qui menaçait d’effacer IsraĂ«l se fĂ©licite aujourd’hui de sa simple survie.
Le commentateur identifie Ă©galement l’influence grandissante du ministre des Finances Bezalel Smotrich sur Netanyahou. Selon lui, les longues heures passĂ©es ensemble pendant la guerre ont façonnĂ© une proximitĂ© idĂ©ologique qui a contribuĂ© Ă tirer le gouvernement dans la direction oĂą il se trouve aujourd’hui. C’est l’Ă©volution, rĂ©sume-t-il, du « discours de Bar-Ilan » vers « Smotrich de Kdumim ».
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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