, a publiĂ© ce mardi matin sur son compte X une attaque frontale contre le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, qu’il accuse de vouloir imposer au rĂ©gime des ayatollahs des « conditions de capitulation » par le biais d’une pression militaire et diplomatique combinĂ©e.
« Trump, en imposant un blocus et en violant le cessez-le-feu, cherche Ă transformer cette table de nĂ©gociations — dans son imagination — en table de capitulation, ou Ă justifier l’Ă©clatement d’une nouvelle guerre », a Ă©crit le prĂ©sident du Parlement iranien. Il a ajoutĂ© que TĂ©hĂ©ran rejetait catĂ©goriquement toute idĂ©e de nĂ©gociation sous la contrainte, et a lancĂ© un avertissement que peu de responsables iraniens ont formulĂ© aussi explicitement depuis la fin des combats : « Au cours des deux dernières semaines, nous nous sommes prĂ©parĂ©s Ă rĂ©vĂ©ler de nouvelles cartes sur le champ de bataille. »
La Maison-Blanche durcit elle aussi le ton
Cette dĂ©claration iranienne arrive quelques heures après qu’une communication officielle du compte X de la Maison-Blanche a, elle aussi, durci le cadrage amĂ©ricain des nĂ©gociations. Dans un message inhabituel par son ton, l’administration Trump a averti : « Ne vous y trompez pas, le prĂ©sident Trump ne conduira pas les États-Unis vers un autre accord dĂ©sastreux avec l’Iran. » La Maison-Blanche a Ă©galement citĂ© Trump lui-mĂŞme promettant que tout accord conclu sous sa prĂ©sidence « garantira la paix, la sĂ©curitĂ© et la sĂ»retĂ©, non seulement pour IsraĂ«l et le Moyen-Orient, mais aussi pour l’Europe, les États-Unis et partout ailleurs. »
Deux lignes rouges qui se font face. D’un cĂ´tĂ©, une AmĂ©rique qui refuse de signer ce qu’elle perçoit comme un accord de façade. De l’autre, une Iran qui refuse de s’asseoir Ă une table qu’elle qualifie de table de capitulation. Et entre les deux, des nĂ©gociateurs Ă Islamabad qui tentent de trouver un espace qui n’existe peut-ĂŞtre plus.
Les « nouvelles cartes » : rhétorique ou réalité ?
La formule de Qalibaf — « nous nous sommes prĂ©parĂ©s Ă rĂ©vĂ©ler de nouvelles cartes sur le champ de bataille » — mĂ©rite d’ĂŞtre lue avec une double grille. D’un cĂ´tĂ©, c’est un message Ă usage interne : dans un pays oĂą la population a payĂ© un prix Ă©norme depuis le dĂ©but de la guerre, le rĂ©gime doit projeter l’image d’un État qui n’est pas Ă genoux et qui dispose encore de capacitĂ©s de nuisance. De l’autre, c’est un signal Ă destination de Washington et de JĂ©rusalem : ne prĂ©sumez pas que l’Iran est militairement neutralisĂ©.
Ce que ces « nouvelles cartes » recouvrent concrètement reste volontairement flou. Missiles reconstituĂ©s ? Proxies rĂ©activĂ©s dans la rĂ©gion ? CapacitĂ© de perturbation du dĂ©troit d’Ormuz ? Le flou est lui-mĂŞme l’arme — il oblige l’adversaire Ă prendre en compte un Ă©ventail large de scĂ©narios.
La dĂ©claration de Qalibaf intervient dans un contexte oĂą le rĂ©gime iranien a perdu une grande partie de sa direction militaire et politique dans les frappes de fĂ©vrier 2026. Mais un rĂ©gime affaibli reste un rĂ©gime dangereux — parfois plus, car il n’a plus grand chose Ă perdre Ă escalader.
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