IsraĂ«l a souvent Ă©tĂ© le « conflit » d’une guerre avec l’Iran soutenue par le Hezbollah, a dĂ©clarĂ© Ă The Times l’ex-chef d’Ă©tat-major des FDI, Gadi Eizenkot.
Eisenkot, qui Ă©tait chef d’Ă©tat-major des FDI de fĂ©vrier 2015 Ă janvier 2019, a rappelĂ© l’Ă©poque oĂą les tensions entre l’Iran et IsraĂ«l avaient failli causer la guerre. Il a notĂ© que la menace de guerre avec le Hezbollah s’Ă©tait accrue au cours des trois dernières annĂ©es.
En Iran, le chef des gardiens de la rĂ©volution, le gĂ©nĂ©ral Muhammad Ali Jafari, a confiĂ© au magazine iranien Sorouche qu’IsraĂ«l se trouvait Ă portĂ©e des missiles du Hezbollah.
Les Ă©changes tumultueux entre reprĂ©sentants des deux pays ont exacerbĂ© les tensions, de sorte que les analystes commencent Ă se demander si la guerre dans la rĂ©gion est proche. Les relations tendues entre IsraĂ«l et l’Iran dĂ©coulent du refus de la RĂ©publique islamique de reconnaĂ®tre IsraĂ«l en tant qu’État souverain, de financer le Hezbollah et le Hamas, ainsi que du programme nuclĂ©aire de l’Iran.
« La prĂ©sence de l’Iran en Syrie a accru le risque de confrontation directe entre IsraĂ«l et l’Iran, en particulier si IsraĂ«l intensifie ses attaques contre les forces iraniennes en Syrie », a dĂ©clarĂ© Shirin Hunter, chargĂ©e de recherche Ă la School of Foreign Service de la Georgetown University de Washington. « Le risque est plus grand que tout ce qui existait dans le passĂ© Ă cause des liens entre l’Iran et le Hezbollah au Liban ».
« D’un autre cĂ´tĂ©, bien que cela soit moins probable, l’Iran et IsraĂ«l peuvent identifier les risques accrus et dĂ©velopper des relations en aval afin de dĂ©terminer certaines règles permettant de rĂ©duire le risque de conflit direct », a-t-elle ajoutĂ©.
Lors d’une réunion sur le désarmement à Genève mardi, le secrétaire d’État adjoint américain a déclaré que le programme de missiles de l’Iran était un facteur clé dans l’aggravation de la tension au Moyen-Orient.
Le secrĂ©taire d’Etat amĂ©ricain Mike Pompeo s’est rendu au KoweĂŻt, en IsraĂ«l et au Liban. Ce voyage fait partie de la stratĂ©gie amĂ©ricaine visant Ă mettre en Ĺ“uvre sa campagne de pression en Iran, qui selon Washington est destinĂ©e Ă changer le comportement du gouvernement iranien au Moyen-Orient et ailleurs, a dĂ©clarĂ© Pompeo, ajoutant qu’il renforcerait le soutien amĂ©ricain Ă la sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l pendant son voyage. Un de ses plus proches alliĂ©s dans la rĂ©gion.
Le Dr. Hunter a dĂ©clarĂ© que toute dĂ©cision israĂ©lienne d’entrer en guerre pourrait impliquer plusieurs autres pays impliquĂ©s dans le conflit.
« Cela dĂ©pend en grande partie de l’Ă©volution de la politique amĂ©ricaine vis-Ă -vis de l’Iran, et toute implication militaire sĂ©rieuse entre IsraĂ«l et les Etats-Unis inclura Ă©galement les forces amĂ©ricaines pour lesquelles IsraĂ«l sollicitera l’aide des États-Unis et des pressions seront exercĂ©es au sein du Congrès amĂ©ricain pour soutenir IsraĂ«l », a-t-elle notĂ©. « D’autres Etats arabes peuvent Ă©galement intervenir, et une confrontation entre l’Iran et IsraĂ«l dĂ©gĂ©nĂ©rera probablement en un conflit rĂ©gional et international beaucoup plus vaste. La Russie pourrait alors jouer le rĂ´le principal, et IsraĂ«l risquerait aussi de provoquer une confrontation Ă des fins politiques internes et de forcer les Etats-Unis Ă attaquer l’Iran « .
IsraĂ«l a combattu le Hezbollah en 2006 au cours de ce qu’on appelle souvent la deuxième guerre du Liban. La guerre Ă©tait considĂ©rĂ©e comme un Ă©chec par les forces armĂ©es israĂ©liennes, mais elle a appris Ă IsraĂ«l un certain nombre de leçons, selon des experts en sĂ©curitĂ© et en forces militaires: le soutien de l’Iran au prĂ©sident Assad en Syrie pourrait dĂ©tourner l’attention de la prise de contrĂ´le d’IsraĂ«l.
Cette semaine, les chefs syriens, iraniens et irakiens se sont réunis pour une rare réunion à Damas afin de discuter de la « guerre contre le terrorisme ».
L’Iran a initiĂ© des manĹ“uvres militaires et navales depuis 2018, notamment le lancement de satellites, le dĂ©ploiement de navires de guerre dans l’Atlantique, l’entraĂ®nement dans le golfe Persique et les menaces de blocage du dĂ©troit d’Ormuz. Mustafa Khoshashmak, un commentateur politique en Iran, a dĂ©clarĂ© Ă la tĂ©lĂ©vision en dĂ©cembre que les exercices visaient Ă transmettre un « message fort » aux États-Unis et Ă IsraĂ«l selon lesquels le pouvoir militaire de l’Iran l’avait autorisĂ©e à « repousser » toute action hostile.
Babak Thagwi, analyste en matière de sĂ©curitĂ©, a dĂ©clarĂ©: « Les vastes frappes aĂ©riennes israĂ©liennes contre le CGRI et ses forces en Syrie ont obligĂ© la Force Qods d’Iran Ă changer de stratĂ©gie.
« D’après les informations que j’ai reçues, la force Qods en poste dans le sud de la Syrie, et particulièrement près des hauteurs du Golan, a failli cĂ©der sa place au profit du Hezbollah-Syrie, qui a commencĂ© Ă utiliser d’anciens avant-postes militaires et en a mĂŞme Ă©tabli de nouveaux. Mais il a dĂ» changer de stratĂ©gie pour rĂ©duire le nombre de victimes et la perte des frappes aĂ©riennes israĂ©liennes.  »
M. Yossi Mansharof, expert des milices iraniennes et chiites Ă l’Institut pour la stratĂ©gie et la sĂ©curitĂ© en IsraĂ«l Ă JĂ©rusalem, a dĂ©clarĂ© que la Russie Ă©tait le meilleur agent de mĂ©diation entre IsraĂ«l et l’Iran.
« La Russie est la seule force capable de communiquer efficacement avec les deux cĂ´tĂ©s », a-t-il notĂ©. « Moscou a un rĂ´le central en Syrie et son objectif est d’empĂŞcher une guerre entre JĂ©rusalem et TĂ©hĂ©ran, et je pense que la Russie poursuivra sa politique actuelle dans les mois Ă venir ».
« Cela pourrait conduire l’Iran Ă pousser le Hamas et le Jihad Islamique Palestinien Ă lancer des missiles contre IsraĂ«l », a ajoutĂ© M. Mansharof, « et Ă dĂ©stabiliser la frontière entre Gaza et la Bande de Gaza par des » manifestations de retour « et d’autres moyens.  »





