Scénario d’horreur sur l’Ayalon : Lia, 35 ans, assassinée par une bombe dans sa voiture en plein bouchon

Son nom était Lia Cohen Malka. Elle avait 35 ans, habitait Rishon LeZion, et travaillait depuis quatorze ans dans un grand cabinet de comptabilité. Jeudi matin, sa voiture a explosé sur l’autoroute Ayalon, à la hauteur de l’échangeur de Holon, au beau milieu d’un embouteillage dense. L’engin explosif, d’une demi-kilo de charge, avait été dissimulé dans le véhicule. L’explosion a été si violente que le corps de Lia a été éjecté hors de l’habitacle. Les secouristes du Magen David Adom arrivés sur place n’ont pu que constater son décès, en raison de la gravité des brûlures et des blessures.

La police a immédiatement isolé la scène. Les artificiers, les enquêteurs scientifiques et les effectifs importants de la district de Tel-Aviv ont convergé vers le secteur. En quelques heures, un suspect était en garde à vue : le mari séparé de la victime, que la police interrogeait jeudi même. Son placement en détention provisoire formelle était prévu pour le lendemain devant le tribunal.

Un dossier qui s’accumule depuis mars

Ce qui rend cette affaire particulièrement lourde, c’est ce qui a précédé. Depuis le mois de mars, deux plaintes avaient été déposées contre le mari séparé de Lia pour menaces sur la personne de son père, Yaakov Malka — personnalité connue dans le monde de la restauration à Tel-Aviv, propriétaire du restaurant « HaPatrix » à Bat Yam et ancien gérant d’une enseigne de grillade. En mars, après une première plainte, le suspect avait été interrogé, avait reconnu les faits, et l’affaire avait été close dans le cadre d’un accord conditionnel. Fin avril, une nouvelle plainte avait été déposée par le père pour des menaces réitérées. Interrogé une nouvelle fois, le suspect avait de nouveau reconnu. L’accord conditionnel avait été annulé, et la police s’apprêtait dans les semaines à venir à déposer un acte d’accusation pénale pour les deux épisodes de menaces.

C’est dans ce contexte — une procédure pénale imminente, un divorce conflictuel décrit comme une « impasse » — que l’explosion s’est produite.

« Ils avaient atteint une impasse »

Le père de Lia, Yaakov Malka, a rendu hommage à sa fille dans des termes qui résument la tragédie avec une économie de mots déchirante : « Une fille bonne, extraordinaire, elle n’a fait que du bien toute sa vie. Une fille normale, elle travaillait dans un grand cabinet depuis 14 ans, appréciée de tout le monde. Il y avait des disputes entre elle et son mari, ils avaient atteint une impasse. Et ça a abouti à cette grande tragédie. »

La voiture qui a explosé appartenait au frère de Lia. Sa mère a servi dans la police israélienne. L’enquête a été transférée au YMAR du district du Centre — l’unité des crimes majeurs — en raison des liens de la famille avec la région de la Shefela et du fait que tous les protagonistes sont domiciliés dans cette zone.

La bombe au coeur du trafic

Ce qui frappe dans ce crime, au-delà de la brutalité du mode opératoire, c’est le cynisme de la mise en scène. Une demi-kilo d’explosifs, placés dans un véhicule circulant en heure de pointe sur l’une des artères les plus fréquentées du pays. Le commandant du district de Tel-Aviv, Nimrod Sargrof, a tenu à souligner l’ampleur de la mise en danger collective : « Il s’agit d’une explosion très dangereuse et cruelle qui aurait pu toucher de nombreux innocents tout autour. » Des dizaines de conducteurs se trouvaient à quelques mètres au moment de la détonation. Que personne d’autre n’ait été blessé tient à peu de choses.

Ce type de règlement de compte par engin explosif piégé dans un véhicule est habituellement associé en Israël au crime organisé. Qu’il soit ici lié à une procédure de divorce illustre un glissement inquiétant, et soulève des questions sur le suivi judiciaire des menaces signalées avant un passage à l’acte aussi radical.

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