« Tel Aviv est envahie d’une façon alarmante et répugnante par des porteurs de kippa et d’armes » : le tweet d’une journaliste déclenche la polémique

 

La journaliste indépendante Hila Tov a publié samedi soir sur les réseaux sociaux un tweet qui a rapidement enflammé la toile israélienne. À côté d’une photo montrant deux jeunes hommes religieux coiffés de kippot et portant des armes longues dans les rues de Tel Aviv, elle a écrit : « D’une façon alarmante et répugnante, Tel Aviv est conquise par des porteurs de kippa et d’armes, et des hauts de style « tête juive ». »

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Elle a ensuite développé sa pensée : « Et ne commencez pas avec « il y a de la place pour tout le monde » — parce qu’il n’y en a pas. Regardez ce qui se passe à Arad, par exemple. La prise de contrôle de Tel Aviv est intentionnelle et systématique. Si ce n’est pas pour « planter un doigt dans l’œil », pourquoi venir s’installer précisément au cœur de la laïcité ? »

Dans des commentaires complémentaires, elle a joint un extrait d’une interview d’Israël Ze’ira, fondateur de l’association Rosh Yehudi (littéralement « Tête juive ») à Tel Aviv, qu’elle a associée à ce qu’elle décrit comme une tentative organisée de s’approprier l’espace public. Elle a ensuite précisé sa pensée dans une nouvelle réponse : « Quand je vois au milieu de Tel Aviv des gens armés qui se promènent avec un sentiment de mission, alors que des ministres au gouvernement financent des noyaux missionnaires à hauteur de dizaines et de centaines de millions, je comprends parfaitement pourquoi tant de gens dans cette ville ont le sentiment que quelque chose de profond est en train de changer ici. Ce n’est pas de la haine de la religion. C’est de l’anxiété face à une prise de contrôle idéologique du dernier espace libre en Israël. »

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300 000 vues et des milliers de réactions

Le tweet a atteint 300 000 vues, accumulé 2 000 likes, et déclenché des milliers de commentaires — une partie indignée, une autre approbatrice. Les réactions négatives ont pointé ce qui leur semble être une hostilité déclarée envers des citoyens israéliens dont le seul tort visible est de porter une kippa et de tenir une arme — ce que font quotidiennement des milliers de réservistes et de soldats en permission à travers tout le pays. Plusieurs internautes ont rappelé que les hommes photographiés étaient vraisemblablement des soldats ou des réservistes, et que la présence d’armes dans l’espace public est une réalité commune en Israël, indépendante de toute appartenance religieuse.

D’autres ont au contraire soutenu Hila Tov, estimant que son inquiétude portait moins sur les personnes photographiées que sur une dynamique plus large : le financement public massif de structures associatives et éducatives religieuses à Tel Aviv, et la montée en puissance de mouvements qui affichent explicitement l’objectif de « ramener le judaïsme » dans des villes traditionnellement laïques.

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Un débat qui touche à une fracture profonde

L’affaire Hila Tov n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une longue série de tensions autour de la coexistence entre population laïque et population religieuse en Israël — et plus particulièrement à Tel Aviv, ville qui fait figure depuis des décennies de bastion de la laïcité israélienne. Ces dernières années, plusieurs associations religieuses sionistes ont en effet développé une présence croissante dans la ville, avec des centres communautaires, des synagogues et des programmes d’implantation de familles religieuses dans des quartiers jusqu’alors quasi exclusivement laïcs. Cette stratégie — revendiquée publiquement par certains de ses promoteurs comme une mission de « retour du judaïsme à Tel Aviv » — est vécue par une partie de la population laïque comme une pression démographique et culturelle délibérée.

Le parallèle avec Arad que cite Hila Tov renvoie à une ville du Néguev qui a connu des tensions importantes ces dernières années entre sa communauté historiquement laïque et l’installation progressive de familles ultra-orthodoxes, aboutissant à des conflits sur les modes de vie, le commerce le Chabbat et l’utilisation de l’espace public.

Ce que le tweet de Hila Tov révèle, au-delà de sa formulation abrupte, c’est l’état de nervosité d’une partie de la société civile israélienne face à des mutations sociologiques réelles — et la difficulté, dans un pays aussi fragmenté, de trouver le vocabulaire pour en parler sans franchir la ligne entre critique politique et préjugé collectif.

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Pour approfondir les tensions entre communautés religieuses et laïques en Israël :

 

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