Le gouvernement israélien a approuvé ce dimanche — lors de sa réunion hebdomadaire, tenue à l’occasion du Jour de Jérusalem — la construction d’un musée de Tsahal, d’un bureau de recrutement de l’armée et d’un bureau du ministre de la Défense sur le site qui abritait jusqu’à récemment le complexe principal de l’UNRWA à Jérusalem, dans le quartier de Maale Dafna.
La décision a été portée par le ministre de la Défense Israël Katz. Elle prévoit que le président du Conseil foncier d’Israël remette au ministère de la Défense, sans appel d’offres, une parcelle d’environ 36 dounams (soit 3,6 hectares) dans le quartier nord-est de Jérusalem. Le bureau de recrutement de Tsahal, actuellement situé dans le quartier de Romema, sera transféré sur ce nouveau site une fois les travaux terminés. Le site de Romema sera alors restitué à l’Autorité foncière d’Israël.
Une séquence en trois actes
La reconversion de ce terrain est l’aboutissement d’un processus engagé depuis octobre 2024. Le 28 octobre de cette année-là, la Knesset avait adopté en deuxième et troisième lectures deux lois historiques : la première interdisant à l’UNRWA de mener toute activité sur le territoire israélien, adoptée par 92 voix contre 10 ; la seconde rompant les liens institutionnels entre l’État d’Israël et l’agence onusienne, annulant l’accord Comay-Michelmore de 1967 qui régissait depuis la Guerre des Six Jours la présence de l’UNRWA en Israël. La motivation invoquée par la Knesset : la conviction documentée qu’au moins 1 462 employés de l’UNRWA à Gaza étaient affiliés au Hamas, au Jihad islamique ou à d’autres organisations terroristes — dont certains impliqués directement dans le massacre du 7 octobre.
La loi est entrée en vigueur le 30 janvier 2025. Les bureaux de l’UNRWA à Maale Dafna ont été fermés immédiatement. Les démolitions du complexe ont débuté en janvier 2026, conduites par les forces israéliennes sous couvert de l’Autorité foncière, qui a rétabli son contrôle sur le terrain. Le ministère des Affaires étrangères israélien avait alors précisé que l’État d’Israël était propriétaire du site depuis l’origine — et que l’UNRWA avait même accumulé une dette de plus de 7 millions de dollars de loyer non versé.
Un symbole de Yom Yeroushalayim
La date choisie pour entériner cette décision n’est pas anodine. Yom Yeroushalayim — le Jour de Jérusalem — commémore chaque année le 28 Iyar la réunification de la ville lors de la Guerre des Six Jours en 1967. C’est précisément ce même accord de 1967, signé entre l’ONU et Israël, qui avait permis à l’UNRWA d’établir son siège à Maale Dafna. En décidant ce jour-là de convertir ce site en infrastructures militaires israéliennes, le gouvernement signe un geste chargé de sens : là où se trouvait depuis soixante ans l’agence onusienne associée à la cause palestinienne s’élèvera désormais un musée célébrant l’armée de l’État juif.
Le musée de Tsahal n’aura pas besoin de chercher longtemps ses premières pièces d’exposition : la guerre qui a conduit à cette décision — avec ses milliers de soldats engagés à Gaza, au Liban, en Iran — lui en fournira bien assez.
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