Trump : Je vais appeler Netanyahu maintenant et lui dire de ne pas attaquer l’Iran en représailles

Ce dimanche soir, l’Iran a franchi une ligne en tirant dix missiles sur le territoire israélien en quatre salves successives, ciblant des zones du nord du pays, le Sharon et la Samarie. L’armée de l’air israélienne a confirmé l’interception de l’intégralité des tirs. Deux personnes ont été légèrement blessées lors de leur transfert vers une zone sécurisée — le MDA leur a prodigué des soins sur place. La violation du cessez-le-feu en vigueur est explicite, et Israël a fait savoir sans ambiguïté que cette agression ne resterait pas sans réponse.

Les sirènes ont retenti dans une liste impressionnante de villes et de régions du pays : Haïfa, Tirat Carmel, Kiryat Bialik, Tibériade, Afula, Nof HaGalil, Nazareth, Migdal HaEmek, Yokneam Illit, Karmiel, Hadera, Or Akiva et Harish ont toutes été touchées par les alertes. Les zones concernées s’étendent à la vallée de Jezreel, à la Basse Galilée, au sud du plateau du Golan, au Carmel, au golfe de Haïfa, à Wadi Ara, à la vallée de Beit Shean et à la vallée de Hefer. Des vidéos ont documenté des interceptions au-dessus de Pardes Hanna et de Yokneam.

L’escalade iranienne et ses justifications

Avant le tir, des responsables iraniens avaient publié des menaces explicites sur les réseaux sociaux, en réaction aux événements de Beyrouth. Le porte-parole de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien, Ebrahim Rezaei, avait écrit : « Une réponse cinglante a été apportée à l’attaque du régime sioniste contre la Dahiyya. Regardez le ciel des territoires occupés ce soir. » Le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a quant à lui affirmé qu’Israël ne comprenait que le langage de la force, et a déclaré que les bases et installations américaines et israéliennes dans la région constituaient des cibles légitimes. Après le bombardement, les Gardiens de la révolution ont publié un communiqué indiquant que « l’opération de ce soir n’était qu’un avertissement », menaçant des représailles plus importantes visant des cibles américaines et israéliennes si « l’agression se poursuivait ».

En réponse, le Commandement du front intérieur a annoncé un durcissement significatif des directives à l’échelle nationale, avec le passage à une politique de défense orange dans tout le pays. Le ministre de l’Éducation Yoav Kish a confirmé qu’il n’y aurait pas de cours le lendemain et que les examens de baccalauréat étaient annulés, toutes les écoles et structures éducatives restant fermées. Le ministère des Transports a tenu à préciser qu’aucune décision de fermeture de l’espace aérien israélien n’avait été prise à ce stade.

Trump intervient, Netanyahu en conclave

Sur le plan diplomatique, le président américain Donald Trump a adressé un message direct à l’Iran, appelant à la désescalade et au retour à la table des négociations : « Vous avez assez tiré, ça suffit. Retournez à la table des négociations. » Dans un entretien accordé à la chaîne 12, il a ajouté : « Je vais appeler Netanyahu tout de suite et lui dire de ne pas attaquer l’Iran en représailles. » Cette déclaration illustre la tension entre la logique de dissuasion israélienne — qui exige une réponse à toute violation du cessez-le-feu — et les calculs diplomatiques américains, qui cherchent à maintenir une fenêtre de négociation ouverte avec Téhéran.

De son côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu tenait ce soir une discussion restreinte de sécurité en présence du ministre de la Défense Israel Katz et des responsables du ministère de la Défense. Le chef d’état-major, le général de division Eyal Zamir, procédait simultanément à des évaluations de la situation avec les commandants de Tsahal. En amont des tirs, l’armée avait d’ailleurs annoncé s’être préparée à l’éventualité d’une frappe sur le territoire national et avoir renforcé ses dispositifs de défense, se déclarant prête à faire face à divers scénarios « tant défensifs qu’offensifs ». L’armée américaine, de son côté, a publié une déclaration indiquant que ses forces déployées au Moyen-Orient restaient « en alerte et prêtes à intervenir ».

Pour retrouver le contexte de ce conflit et les analyses publiées sur notre site :

🔗 Le ministre iranien de la Défense et ses menaces contre tout pays ouvrant son espace aérien

🔗 L’Iran creuse sa menace : pourquoi Israël ne doit plus sous-estimer les missiles des Houthis

 

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