Ce dimanche soir marque l’entrée dans le 23 Sivan du calendrier hébraïque — une date chargée d’une résonance biblique exceptionnelle, que la rédaction a tenu à souligner au moment même où Israël vit une nuit de tirs iraniens et d’alertes généralisées. Le verset publié est tiré du livre d’Esther, chapitre 8, verset 9 — l’un des passages les plus denses et les plus symboliques de toute la Bible hébraïque.
Le texte du verset, dans sa solennité hébraïque, décrit le moment précis où le secrétaire royal, Mordekhaï, fut convoqué par la reine Esther pour rédiger un nouveau décret royal — destiné cette fois non à l’anéantissement des Juifs, mais à leur salut et à leur droit de se défendre. Le verset précise : « On appela les scribes du roi en ce temps-là, le troisième mois — le mois de Sivan — le vingt-troisième jour. » Puis il énumère dans une construction rythmique caractéristique du style biblique le caractère universel de la proclamation : il fut écrit à toutes les provinces, à tous les peuples, dans chaque langue — une décision royale qui traversa l’empire jusqu’aux Juifs eux-mêmes, leur conférant le droit de se rassembler, de se défendre et d’écraser quiconque viendrait les attaquer. La conclusion du passage scelle le retournement de situation : pour les Juifs, ce fut lumière, joie, allégresse et honneur.
Un verset, une date, une résonance particulière
La publication de ce verset par Arutz 7 le soir du 23 Sivan n’est pas anodine. Dans la tradition juive, les dates bibliques ne sont pas de simples repères historiques — elles sont des fenêtres ouvertes sur une permanence du temps sacré. Le Baal Chem Tov enseignait que lire la Méguila comme un événement du passé, c’est passer à côté de son sens : chaque épisode de la délivrance juive est éternel, actuel, vivant. Le 23 Sivan, jour où le décret de salut fut promulgué, redevient donc chaque année une date de signification profonde.
Ce soir, tandis que le Commandement du front intérieur a placé tout le territoire israélien en politique de défense orange en réponse à la reprise des tirs depuis l’Iran, tandis que des sirènes ont retenti de Haïfa au Sharon et que les cours ont été annulés pour demain dans tout le pays, la coïncidence entre l’actualité sécuritaire et ce rappel biblique n’échappe à personne. Le livre d’Esther raconte précisément l’histoire d’un décret d’extermination du peuple juif émanant d’un empire perse — et de son renversement par la foi, la solidarité et le courage d’une reine et d’un homme juste. Pour les lecteurs d’Arutz 7, nourris de culture religieuse sioniste, le rapprochement entre la Perse antique et l’Iran contemporain est une figure de lecture bien établie de l’histoire juive.
Le verset se conclut par une formule qui, ce soir, sonne comme une promesse : לַיְּהוּדִים הָיְתָה אוֹרָה וְשִׂמְחָה, וְשָׂשֹׂן, וִיקָר — « Pour les Juifs, il y eut lumière, joie, allégresse et honneur. » En pleine nuit de guerre, la publication de ces mots est un acte éditorial autant que spirituel : rappeler, au cœur de l’épreuve, que le 23 Sivan est le jour où le destin du peuple juif fut réécrit.
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