Le Shin Bet et l’unité Yalaf-Sharon de la police au district Centre ont procédé ces dernières semaines à l’arrestation d’un jeune homme résidant à Kafr Qassem, citoyen israélien âgé d’une vingtaine d’années. Il est soupçonné d’avoir agi sur instruction d’un contact extérieur identifié comme affilié à l’organisation terroriste Hamas, en diffusant sur les réseaux sociaux des contenus de propagande dirigés contre l’État d’Israël. Un acte d’accusation est attendu ce lundi.
L’enquête a établi que le suspect a publié et diffusé des contenus de propagande du Hamas, des vidéos, des images et des messages destinés, selon les soupçons, à semer la panique au sein du public israélien, à porter atteinte à l’image d’Israël sur la scène internationale et à déformer la présentation des opérations de Tsahal et des forces de sécurité. Le suspect était pleinement conscient de l’identité de son contact et de son affiliation au Hamas, s’est identifié aux objectifs de l’organisation et a agi en soutien à ses activités pendant la guerre. Lors de son interrogatoire, il a reconnu avoir voulu promouvoir ces messages et leur donner une audience plus large.
Le Shin Bet et la police ont indiqué qu’à l’issue de l’enquête, une base de preuves solide avait été constituée contre le suspect. Ils ont souligné leur détermination à poursuivre leur action pour neutraliser toute activité terroriste et d’incitation, aussi bien dans l’espace physique que dans l’espace numérique.
Cette affaire illustre une dimension de la guerre que les projecteurs médiatiques éclairent rarement : la guerre de l’information menée depuis l’intérieur même du territoire israélien. Dans le contexte des combats en cours, le Hamas a investi massivement dans la production de contenus destinés aux réseaux sociaux, cherchant à amplifier chaque incident militaire, à fabriquer ou distordre des images, et à exploiter les failles dans la communication officielle israélienne. Pour ce faire, l’organisation ne s’appuie pas uniquement sur ses propres structures à Gaza ou à l’étranger : elle cherche à recruter des relais parmi la population arabe d’Israël, dont certains membres peuvent se montrer perméables à ses messages sous l’effet de la pression identitaire et des réseaux communautaires.
La ville de Kafr Qassem, dans la région de Rosh HaAyin, est une ville à majorité arabe israélienne d’environ 25 000 habitants. Le fait qu’un de ses résidents ait été recruté par le Hamas pour mener une campagne de désinformation en pleine guerre n’est pas sans rappeler d’autres affaires similaires révélées par le Shin Bet depuis octobre 2023, qui ont conduit à de nombreuses arrestations de citoyens israéliens arabes suspectés de liens avec des organisations terroristes.
Le Shin Bet et la police ont conclu leur communiqué en lançant un avertissement clair à l’ensemble des citoyens et résidents d’Israël : tout contact avec des éléments étrangers et toute exécution de missions pour leur compte constituent une infraction grave à la loi et mettent en danger la sécurité de l’État. Les deux services affirment qu’ils continueront à opérer en coordination avec l’ensemble des forces de sécurité pour détecter, neutraliser et poursuivre judiciairement quiconque choisira de collaborer avec des entités hostiles.
Pour aller plus loin :
- Israël s’est adressée au Qatar à la veille du 7 octobre pour augmenter le transfert de fonds vers le Hamas
- Le Shin Bet arrête une étudiante diplômée du Technion pour « contact avec un agent étranger »






