Vague d’antisémitisme à Londres : des centaines de policiers déployés pour protéger les Juifs

Ce n’est plus une série d’incidents isolés. Depuis fin mars 2026, la communauté juive du nord-ouest de Londres vit sous une pression qui n’a pas de précédent dans l’histoire récente de la ville. Des synagogues incendiées — l’une d’elles était un ancien lieu de culte transformé en autre usage, désormais classé comme crime de haine par l’unité antiterroriste. Des ambulances de la communauté juive brûlées à Golders Green. Un attentat à l’arme blanche dans ce même quartier, où deux hommes juifs ont été poignardés par un individu qui courait dans la rue en cherchant à s’en prendre à des passants portant une kippa — il a fallu l’intervention des volontaires de l’organisation Shomrim et un Taser pour le maîtriser. Deux jeunes hommes de 19 et 26 ans ont par ailleurs été arrêtés à Watford, ville limitrophe de Londres, soupçonnés de planifier de nouvelles attaques antisémites graves.

Le bilan policier est sans appel. En quatre semaines seulement, environ 50 personnes ont été interpellées pour des crimes de haine à caractère antisémite, dont huit ont été formellement inculpées. Au total, depuis le début de la vague, plus de 80 arrestations ont été effectuées. Des poursuites judiciaires accélérées ont été ordonnées par le procureur général Steven Parkinson pour tous les dossiers liés à des actes de haine. Les universités et institutions culturelles ont également été averties qu’elles seraient désormais responsables de toute complaisance envers des comportements antisémites.

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Un système policier qui admet ses limites

Le commissaire de la police de Londres, Mark Rowley, a accordé une interview glaçante dans laquelle il a déclaré que la communauté juive britannique faisait face à « la menace la plus grave de son histoire ». Il a pointé les réseaux sociaux comme vecteur de propagation d’une antisémitisme qui n’est plus confiné à une frange radicale, mais qui s’est infiltré dans le discours public ordinaire. Un chiffre l’illustre : selon des données récentes, un jeune Britannique sur six remet en question le récit officiel de la Shoah.

Rowley a été direct sur les limites de l’action policière : on traite les symptômes, pas la maladie. La multiplication des patrouilles visibles et dissimulées, les véhicules blindés et les unités antiterrorisme déployés autour des synagogues, des écoles et des commerces de la communauté apportent une réponse immédiate mais ne règlent pas la radicalisation en amont. L’organisation Campaign Against Antisemitism a qualifié la gestion de la crise de « défaillance catastrophique de l’État ».

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Dans ce contexte, une question plus large s’est imposée : l’organisation iranienne des Gardiens de la révolution joue-t-elle un rôle dans cette montée de violence ? L’organisation Campaign Against Antisemitism a explicitement appelé le gouvernement britannique à classer les Pasdaran comme organisation terroriste, faisant le lien entre l’idéologie diffusée par leurs réseaux de médias opérant depuis le sol britannique — plusieurs chaînes de télévision pro-iraniennes dont des bureaux sont situés dans la banlieue nord de Londres — et la radicalisation d’une partie des agresseurs. Le gouvernement, pour l’instant, n’a pas franchi ce pas.

La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood a promis que « tout serait fait pour éradiquer ce fléau de notre société » et des millions de livres sterling de financements supplémentaires ont été annoncés pour les mesures de sécurité des institutions juives et les programmes de prévention. Des mots. Face à une vague qui, pour beaucoup dans la communauté, a changé quelque chose d’irréversible dans leur rapport à leur propre pays.

Pour approfondir le sujet de l’antisémitisme en Europe : Les hackers iraniens et les cyberattaques contre Israël et L’Iran confirme sa participation à la Coupe du monde aux États-Unis.

 

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