Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a annoncé ce dimanche la nomination de Shmuel Ben Ezra au poste de chef du Conseil de sécurité nationale (Malam) et de conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre. Ben Ezra succède à Tsahi Hanegbi, qui occupait le poste depuis plusieurs années.
Selon le bureau du Premier ministre, Ben Ezra apporte avec lui plus de trente ans d’expérience dans l’appareil sécuritaire israélien. Son nom est notamment associé au développement du missile intercepteur « Hetz 3 » (Flèche 3), l’un des piliers de l’architecture de défense antimissile d’Israël, récompensé par le Prix de la sécurité d’Israël. Dans ses dernières fonctions au sein du Shin Bet, il a exercé pendant quatre ans le poste de chef de la division Technologie pour les opérations et le cyber — un rôle équivalent au grade de général de division.
Un profil techno-sécuritaire à la croisée du renseignement et de la défense
Le bureau du Premier ministre a souligné que Ben Ezra est doté « d’une pensée pionnière et d’une connaissance approfondie du monde de la sécurité et de la technologie ». Il est titulaire de plusieurs diplômes académiques : une licence et un master en physique appliquée, un master en administration des affaires et un master en sciences politiques spécialisé en sécurité nationale. Il est également diplômé du Collège de sécurité nationale.
Ce parcours hybride — à la fois opérationnel, technologique et académique — dessine le profil d’un officiel capable de naviguer entre les exigences du renseignement classique et celles de la cyberdéfense, du domaine spatial et des nouvelles menaces technologiques. Une combinaison particulièrement recherchée dans le contexte actuel, où les guerres se jouent autant dans le spectre électromagnétique et le cyberespace que sur les champs de bataille conventionnels.
La désignation de Ben Ezra intervient alors qu’Israël fait face à une période exceptionnellement complexe : guerre à Gaza, front nord avec le Hezbollah, confrontation directe avec l’Iran et ses mandataires, et négociations diplomatiques sensibles sur plusieurs tableaux. Le Conseil de sécurité nationale, interface entre le renseignement, l’armée et le pouvoir politique, joue un rôle clé dans la coordination de ces dossiers.
Il est précisé que dans le cadre de ses nouvelles fonctions, Ben Ezra assistera le Premier ministre à « consolider la résilience sécuritaire, politique et économique d’Israël, et à promouvoir le pays en tant que puissance technologique mondiale » — une formulation qui témoigne de la vision de Netanyahou d’un Israël dont la sécurité et l’influence internationale passent autant par l’excellence technologique que par la puissance militaire.
En lien avec cette nomination, notre article : Le chef du Shin Bet David Zini dénonce une dérive des valeurs et une culture de façade éclaire les tensions internes au sein de l’appareil sécuritaire israélien dont Ben Ezra est issu. À lire aussi : Israël : un haut responsable du Shin Bet inculpé dans une affaire de contrebande vers Gaza, pour comprendre les défis d’intégrité qui traversent l’institution dont est issu le nouveau conseiller.







