2 000 véhicules déjà inscrits : les localités que traversera le gigantesque rassemblement des manifestants ultra-orthodoxes

Ce mercredi Ă  16h00, une manifestation automobile d’une ampleur sans prĂ©cĂ©dent doit s’Ă©lancer depuis 19 points de dĂ©part simultanĂ©s Ă  travers tout le pays. L’initiative, rĂ©vĂ©lĂ©e en primeur par Israel Hayom, est portĂ©e par le parti Agoudat IsraĂ«l. Elle s’inscrit dans la mobilisation haredi contre les arrestations de dĂ©serteurs ultra-orthodoxes qui refusent de rejoindre les rangs de Tsahal. Plus de 2 000 vĂ©hicules sont dĂ©jĂ  inscrits pour participer aux convois.

Des militants de la Faction de JĂ©rusalem devraient Ă©galement se joindre au mouvement. En revanche, les partis Shass et Degel HaTorah ne participent pas Ă  l’action — et s’y opposent mĂŞme activement.

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19 villes, une seule destination

Les convois partiront de Jérusalem, Bnei Brak, Beit Shemesh, Beitar Illit, Modiin Illit, Elad, Ashdod, Netanya, Rehovot, Kiryat Gat, Tibériade, Safed, Hatzor HaGlilit, Nof HaGalil, Afula, Haïfa, Givat Zeev, Emmanuel et Arad. Tous convergent vers un même point : les abords de la prison militaire 10, où sont actuellement détenus des déserteurs ultra-orthodoxes.

La destination n’est pas anodine. C’est lĂ  que l’État incarcère ceux qui refusent de rĂ©pondre Ă  leurs ordres de conscription — un acte perçu par une large frange du monde ultra-orthodoxe comme une persĂ©cution religieuse inadmissible, et par une autre partie de la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne comme une exigence lĂ©gitime d’Ă©galitĂ© face Ă  l’effort de guerre national.

La ville d’en face se prĂ©pare

La prison militaire numĂ©ro 10 se trouve dans les limites de la municipalitĂ© de Kfar Yona. Et la ville ne compte pas rester passive. Le maire de Kfar Yona a annoncĂ© son intention d’organiser une contre-manifestation de ses habitants et a dĂ©clarĂ© vouloir Ă©riger un « mur humain » pour empĂŞcher les convois d’accĂ©der Ă  la route menant Ă  la base.

C’est prĂ©cisĂ©ment ce scĂ©nario qui prĂ©occupe les responsables de la sĂ©curitĂ©. Leur crainte principale est celle d’affrontements entre les manifestants ultra-orthodoxes et les rĂ©sidents de Kfar Yona. La police a donc posĂ© une condition ferme aux organisateurs : les convois ne devront pas pĂ©nĂ©trer dans la ville, ni s’approcher des portes de la prison elle-mĂŞme. Ils devront s’arrĂŞter sur les routes adjacentes.

Cette exigence a été transmise au comité organisateur. Selon les informations disponibles, ce dernier examine sa position et délibère encore sur la question.

Les organisateurs ont indiquĂ© ĂŞtre en contact permanent avec la police et avoir l’intention de mener leur action dans le respect des procĂ©dures lĂ©gales et en coordination complète avec les forces de l’ordre.

Un bras de fer qui s’installe dans la durĂ©e

La mobilisation de mercredi n’est pas la première du genre. Depuis plusieurs mois, la question de la conscription des ultra-orthodoxes polarise la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne Ă  un niveau rarement atteint. Les arrestations de jeunes hommes qui refusent de rĂ©pondre Ă  leurs ordres de mobilisation ont dĂ©clenchĂ© des rĂ©actions croissantes dans le milieu haredi, oĂą nombre de responsables religieux considèrent le service militaire comme une menace existentielle pour le mode de vie et l’identitĂ© de leur communautĂ©.

Du cĂ´tĂ© des partisans de la conscription gĂ©nĂ©ralisĂ©e, la situation est vĂ©cue comme une injustice criante : des dizaines de milliers de soldats israĂ©liens servent et combattent depuis octobre 2023, tandis qu’une frange de la population qui bĂ©nĂ©ficie de protections et de financements publics refuse toute participation Ă  l’effort collectif.

Le fait que Shass et Degel HaTorah — pourtant reprĂ©sentants des ultra-orthodoxes Ă  la Knesset — se tiennent Ă  l’Ă©cart, voire s’opposent Ă  la manifestation, est rĂ©vĂ©lateur des tensions internes au sein mĂŞme du monde haredi sur la stratĂ©gie Ă  adopter. La Faction de JĂ©rusalem, historiquement plus radicale dans son positionnement, suit une ligne diffĂ©rente.

Demain, 2 000 voitures seront sur les routes. Ce qui se passera Ă  leur arrivĂ©e reste, Ă  l’heure oĂą ces lignes sont Ă©crites, entièrement ouvert.

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