Si votre enfant de retour de l’Ă©cole et interpellĂ© par un camarade qui lui dit que « la Palestine Ă©tait une terre arabe volĂ©e par les Juifs », il faudra lui rĂ©pondre ainsi :
C’est la question que Douglas Feith pose dans  l’article qu’il a rĂ©cemment Ă©crit pour Tablet Magazine. Se basant sur un discours qu’il a prononcĂ© devant l’Institut canadien de recherche juive, Feith offre un coup de main Ă ses compatriotes juifs – qui ne devraient vraiment pas avoir autant de difficultĂ©s Ă dĂ©fendre le droit des Juifs Ă IsraĂ«l :
La campagne pour délégitimer Israël a été couronnée de succès. Les efforts pour contrer cette campagne se sont souvent révélés inefficaces.
Dans cette argumentation, les Juifs ont continuellement perfectionnĂ© leurs compĂ©tences en matière de dĂ©bats depuis qu’Abraham a interrogĂ© Dieu Ă propos de Sodome. Ils devraient ĂŞtre assez compĂ©tents pour expliquer pourquoi IsraĂ«l n’est pas colonialiste et rĂ©futer d’autres calomnies. Pourtant, ils sont souvent battus en retraite par des polĂ©mistes anti-sionistes. Il n’y a aucune excuse pour cela.
Il continue ensuite en soulignant une réponse.
Ce qu’il Ă©crit n’est pas nouveau, mais mĂ©rite d’ĂŞtre rĂ©pĂ©tĂ© :
o  Au cours des 400 années qui ont précédé la Première Guerre mondiale, la Palestine faisait partie de l’empire ottoman. Elle appartenait aux Turcs et non aux Arabes vivant en Palestine
o  Il n’y a jamais eu de pays appelĂ© Palestine.
o  La Palestine n’a jamais Ă©tĂ© gouvernĂ©e par ses propres habitants arabes.
o  Par conséquent, il n’est pas exact de dire que la Palestine était un pays ou qu’elle était une terre arabe.
o  Et ni les Juifs, ni les Britanniques ne l’ont volĂ©e aux Arabes.
o  Les premiers sionistes qui sont venus vivre en Palestine Ă l’Ă©poque ne sont pas venus en tant que colons, ni avec le soutien d’un pouvoir impĂ©rialiste ou colonialiste. Les Juifs ont achetĂ© la terre sur laquelle ils se sont installĂ©s.
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L’invasion britannique de la Palestine pendant la Première Guerre mondiale a Ă©tĂ© prĂ©cipitĂ©e par les Turcs ottomans, qui ont rejoint l’Allemagne et ont attaquĂ© les forces alliĂ©es. Lorsque le cabinet de guerre britannique approuva la dĂ©claration Balfour le 31 octobre 1917, cela faisait dĂ©jĂ plus de trois ans que la Première Guerre mondiale avait commencĂ© et que la guerre n’allait pas bien pour les AlliĂ©s.
Ce fut l’une des rares occasions où la croyance exagérée dans le pouvoir et l’influence juifs a réellement profité aux Juifs. Les Britanniques ont vu une opportunité d’obtenir un soutien en Russie et aux États-Unis.
Quant Ă la Palestine elle-mĂŞme, le colonialisme n’a pas amenĂ© la Grande-Bretagne en Palestine. La Grande-Bretagne n’a pas saisi la Palestine d’une population indigène non offensante. Il a conquis le pays non pas des Arabes, mais de la Turquie, qui (comme indiquĂ©) avait rejoint les ennemis de la Grande-Bretagne dans la guerre. Les Arabes en Palestine se sont battus pour la Turquie contre la Grande-Bretagne.
La vision britannique de la Palestine et des Arabes qui y vivaient a Ă©tĂ© prise dans le contexte de la rĂ©gion dans son ensemble. La Palestine n’Ă©tait qu’une petite partie d’une vaste rĂ©gion conquise par les forces britanniques. MĂŞme si la plupart des Arabes s’Ă©taient battus pour les Turcs, les AlliĂ©s Ă©taient prĂŞts Ă les mettre sur la voie de l’indĂ©pendance et de l’autodĂ©termination nationale. Cependant, la petite terre qui constituait la « Terre sainte » avait un statut unique, prĂ©sentant un intĂ©rĂŞt particulier pour les chrĂ©tiens et les juifs du monde entier.
Et les Arabes vivant déjà en Palestine ?
L’idĂ©e qu’une petite partie du peuple arabe – les Arabes palestiniens – vivrait un jour dans un pays Ă majoritĂ© juive n’Ă©tait pas considĂ©rĂ©e comme un problème unique. Il y avait des problèmes similaires en Europe.
Après la Première Guerre mondiale, de nouvelles nations ont Ă©tĂ© créées ou rĂ©animĂ©es : Pologne, TchĂ©coslovaquie, Yougoslavie et Hongrie, par exemple. InĂ©vitablement, certaines personnes devraient vivre en minoritĂ© dans les États voisins. Sept cent mille Hongrois deviendraient une minoritĂ© en TchĂ©coslovaquie, près de 400 000 en Yougoslavie et 1,4 million en Roumanie. LĂ oĂą ils seraient une minoritĂ©, ils auraient des droits individuels, mais pas des droits collectifs. Autrement dit, les Hongrois de souche n’auraient pas de droits nationaux d’autodĂ©termination en Roumanie, mais uniquement en Hongrie.
Le principe applicable aux minoritĂ©s europĂ©ennes s’applique Ă©galement aux Arabes de Palestine. Dans un pays donnĂ©, un seul peuple peut constituer la majoritĂ©, de sorte qu’un seul peut jouir de l’autodĂ©termination nationale dans ce pays. Les peuples arabes finiraient par se gouverner eux-mĂŞmes en Syrie, au Liban, en Irak et en Arabie. Ils allaient contrĂ´ler presque toutes les terres qu’ils revendiquaient. Ils voulaient naturellement ĂŞtre la majoritĂ© partout. Mais alors, les Juifs pourraient ĂŞtre la majoritĂ© nulle part. Les AlliĂ©s victorieux n’ont pas considĂ©rĂ© cela comme juste.
Les Britanniques ont en fait Ă©tĂ© surpris par l’accusation selon laquelle ils Ă©taient injustes envers les Arabes, surtout compte tenu de l’histoire rĂ©elle de la Palestine, de ce que les Britanniques avaient sacrifiĂ© pour la libĂ©ration du Moyen-Orient du contrĂ´le ottoman et du fait que les Arabes se sont battus du cĂ´tĂ© de l’ennemi.
Feith cite un discours prononcé par Balfour en 1922 sur le sujet :
«De toutes les accusations portĂ©es contre ce pays», a-t-il dĂ©clarĂ©, cela «me semble le plus Ă©trange». C’est, a-t-il rappelĂ©, «une dĂ©pense en grande partie de sang britannique, l’exercice de la compĂ©tence et du courage britanniques, des gĂ©nĂ©raux britanniques, par des troupes amenĂ©es de toutes les parties de l’empire britannique. . . que la libĂ©ration de la race arabe de la domination turque a Ă©tĂ© effectuĂ©e. «Â
Il poursuivit : » Que nous. . . qui viennent d’établir un roi en MĂ©sopotamie, qui auparavant avait Ă©tabli un roi arabe dans le Hedjaz, et qui ont fait plus que ce qui a Ă©tĂ© fait pendant des siècles pour placer la race arabe dans la position Ă laquelle elle est parvenue – que nous devrions ĂŞtre accusĂ© d’en ĂŞtre l’ennemi, d’avoir pris un mauvais avantage du cours des nĂ©gociations internationales, ne me semble pas seulement le plus injuste pour la politique de ce pays,
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| Arthur Balfour. Source: Wikipedia. Domaine public |
Tout cela fait partie de l’histoire sioniste que Feith pense que les Juifs doivent savoir pour rĂ©pondre Ă l’affirmation selon laquelle les Britanniques ont volĂ© la Palestine et l’ont simplement donnĂ©e aux Juifs.
Le problème, bien sĂ»r, est que « l’autre partie » ne discute pas de faits, ni ne fait appel Ă la logique. Sur les mĂ©dias sociaux, les gens ne prĂ©sentent pas d’arguments logiques et ils ne s’intĂ©ressent pas Ă l’histoire – les faits leur font perdre la vue. Pendant ce temps, sur les campus universitaires, les Juifs ne sont pas engagĂ©s dans un dĂ©bat, ils sont harcelĂ©s par des groupes qui veulent Ă©liminer le dĂ©bat et la libertĂ© d’expression de leurs victimes tout en les isolant.
Oui, nous devons connaître notre histoire et notre droit de naissance.
Mais ne nous leurrons pas de penser qu’Israël fait l’objet d’un débat.
IsraĂ«l est la cible d’une attaque.
Et nous sommes toujours sur la défensive.








