Hier (samedi), le chef de l’agence spatiale russe, Roscosmos, a tweetĂ© que les sanctions amĂ©ricaines visant Ă saper les capacitĂ©s technologiques de la Russie pourraient faire dĂ©vier la station spatiale de sa trajectoire fixe tout en perdant le contrĂ´le de l’humanitĂ© sur sa poursuite. Il pourrait, dit-il, mĂŞme tomber au sol, et entrer en collision violemment dans une zone habitĂ©e.
S’agit-il d’une menace dont le seul but est de repousser une cyberattaque amĂ©ricaine ou autre, ou s’agit-il d’un avertissement de bonne foi d’une situation qui pourrait rĂ©ellement se produire ? Probablement un peu des deux. Ces remarques sont intervenues après que le prĂ©sident amĂ©ricain a annoncĂ© « que nos sanctions nuiront Ă toute l’industrie aĂ©ronautique russe, y compris son programme spatial ».
La rĂ©ponse exacte du chef de Roscosmos, Dmitri Rogozine, a Ă©tĂ© : « Si vous bloquez notre coopĂ©ration, qui empĂŞchera la station de dĂ©vier de sa trajectoire et d’entrer en collision avec les États-Unis ou l’Europe ? Il y a aussi un risque que cette station de 500 tonnes tombe sur la Chine ou l’Inde. Voulez-vous vraiment les menacer dans un tel scĂ©nario ? La station ne passe pas au-dessus de la Russie donc tous les risques sont Ă vous. ĂŠtes-vous prĂŞt pour cela? ».
Il a notĂ© que les Russes sont ceux qui contrĂ´lent l’emplacement et l’itinĂ©raire de la station, qui se compose de deux ailes, l’une russe et l’autre amĂ©ricaine, qui s’entendent jusqu’Ă prĂ©sent. Comme mentionnĂ©, il y a aussi deux cosmonautes russes actuellement Ă la station. L’IsraĂ©lien Eitan Stiva devrait nous rejoindre dans environ un mois.
La réponse officielle de la NASA a été que « nous continuons à travailler avec Roscosmos et le reste de nos partenaires internationaux pour maintenir le fonctionnement continu et sûr de la station spatiale ».
« Menace dramatique mais probablement irréalisable »
Mais la Russie peut-elle vraiment faire dévier délibérément la station ? Des sanctions sévères, une cyberattaque ou une attaque plus conventionnelle contre la Russie peuvent-elles faire dérailler la station sans que les Russes ne prennent de décision ?
« Il s’agit d’une menace dramatique mais probablement irrĂ©alisable Ă la fois en raison des implications politiques et de la difficultĂ© pratique de faire sortir les cosmonautes russes de la station en temps de guerre », a dĂ©clarĂ© le professeur Wendy Whitman Cobb, experte en stratĂ©gie et sĂ©curitĂ© aux États-Unis. L’Ă©cole d’aviation et d’espace de l’armĂ©e de l’air, a dĂ©clarĂ© Ă Euronews.next.
Apparemment, elle ne croit pas que les Russes abandonneront la station avec leurs cosmonautes Ă l’intĂ©rieur. « Mais je suis prĂ©occupĂ© par la façon dont l’invasion affectera la coopĂ©ration continue entre les pays sur la station spatiale. » Scott Pence, directeur de l’Institute of Space Policy de l’UniversitĂ© George Washington aux États-Unis, a dĂ©clarĂ© qu’une rupture entre les États Ă un niveau qui mettrait en danger la station spatiale ne se produirait que si les États abandonnaient complètement les relations diplomatiques entre eux, et cela est le dernier recours, son Ă©quipe doit travailler ensemble.
Le site de technologie et de culture The Verge note que Rogozin est connu pour ses remarques dures sur Twitter, il n’a donc peut-ĂŞtre pas besoin d’ĂŞtre pris très au sĂ©rieux. Cependant, le site Web indique qu’il est correct de dire que la Russie est celle qui contrĂ´le l’emplacement de la station. La NASA peut ĂŞtre en mesure de concevoir une solution qui empĂŞchera une catastrophe, mais ce ne sera pas simple. La bonne nouvelle est que si la Russie ne peut tout simplement pas contrĂ´ler la station (c’est-Ă -dire en supposant qu’elle ne la laisse pas tomber exprès), il faudra probablement plusieurs mois Ă plusieurs annĂ©es pour qu’il tombe, et cela n’arrivera pas.
Les Russes ne peuvent pas non plus entretenir la station sans la NASA. Elle a aussi un rĂ´le Ă jouer dans le contrĂ´le de l’emplacement de la station et de l’Ă©nergie qui l’anime.Comme sur Terre, donc dans l’espace, les pays sont interdĂ©pendants.
« En attendant », dit Rogozine, « nous examinons la réponse américaine et planifions les détails de notre réponse ». Espérons que les Russes aiment leurs astronautes autant que nous.




