La police fait pression sur le commissaire : « DĂ©missionnez – et sauvez votre honneur »

Les officiers supĂ©rieurs actuels et anciens de la police demandent Ă  l’ancien commissaire de police Kobi Shabtai de dĂ©missionner.

Dans ce contexte, le ministre dĂ©signĂ© de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure Itamar Ben Gvir a dĂ©clarĂ© Ă  « Israel Today » qu’il ne souhaite pas que le commissaire dĂ©missionne : « Nous travaillerons en coopĂ©ration et nous aurons une bonne relation de travail », a-t-il soulignĂ©.

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Le commissaire Shabtai est arrivĂ© Ă  la Bat Mitzvah de sa fille le ministre dĂ©signĂ© Ben Gvir // Photo d’archive : porte-parole de la police

Shabtai est confrontĂ© Ă  un moment dĂ©cisif concernant son avenir : s’il doit risquer une inculpation de la confĂ©rence sur la catastrophe de Miron qui le forcera Ă  dĂ©missionner, ou s’il dĂ©missionne pour des raisons professionnelles lorsqu’il devient clair que son combat pour prĂ©server l’indĂ©pendance de la police Ă©chouera. Shabtai s’oppose fermement au projet de loi modifiant l’ordonnance sur la police proposĂ© par quiconque est censĂ© ĂŞtre en charge de la police. Il a dĂ©jĂ  prĂ©cisĂ© sa position vendredi dans une lettre qu’il a envoyĂ©e Ă  la police. « Je suis attentif au discours public et je dis clairement Ă  la première personne que les esprits politiques ne pĂ©nĂ©treront pas la police israĂ©lienne », a-t-il Ă©crit.

Cette semaine, Shabtai et Ben Gvir devraient tenir une première rĂ©union de travail, au cours de laquelle Shabtai dĂ©veloppera son opposition. Cependant, depuis qu’on a mis de l’avant la proposition qui devrait remodeler le rapport de force entre le commissaire et le ministre de tutelle, le vent souffle dans la police.

D’autre part, un associĂ© de Ben Gvir, le surintendant Ă  la retraite Shlomi Ketbi, ancien commandant du district de Shi, a Ă©crit sur Facebook : « L’Ă©vĂ©nement que vous vivez aujourd’hui nĂ©cessite une certaine rĂ©ponse. Le mĂŞme Ă©vĂ©nement demain, lorsque les circonstances changeront, nĂ©cessitera une rĂ©ponse complètement diffĂ©rente. Matière Ă  rĂ©flexion dans l’ombre de ce qui se passe – et la justice est relative. » « Recette pour la destruction de la police »

Un officier supĂ©rieur de la police qui s’est entretenu avec « Israel Hayom » a averti que « personne parmi les cadres supĂ©rieurs de la police ne voudra ĂŞtre sergent de peloton, l’avenue des commandants ne sera que blessĂ©e ». Selon le responsable, « pendant 75 ans, les policiers ont Ă©tĂ© soumis Ă  la loi. Que s’est-il passĂ© qui les oblige dĂ©sormais Ă  ĂŞtre soumis Ă  des politiciens qui les traiteront selon leur vision du monde ? ».

« Pas lié à la droite ou à la gauche »

Un autre haut responsable a soulignĂ© que « Cela n’a rien Ă  voir avec la droite ou la gauche. Demain, chaque ministre de chaque parti aura le pouvoir d’approuver ou de dĂ©sapprouver les manifestations des citoyens selon leur vision du monde politique. Dans quel monde voulons-nous vivre ?  »

Une forte opposition a Ă©tĂ© enregistrĂ©e concernant la clause du projet de loi qui donne au ministre la possibilitĂ© d’Ă©tablir une politique en matière de poursuites. « Demain Ben Gvir pourra dĂ©clarer qu’il n’a pas l’intention de poursuivre la jeunesse des collines », prĂ©vient un haut gradĂ© de la police, « c’est une recette pour la destruction du corps chargĂ© des forces de l’ordre ».

Un ancien officier supĂ©rieur de la police a ajoutĂ© que bien que le projet de loi ne concerne pas le Premier ministre dĂ©signĂ© Netanyahu, « si cela s’Ă©tait produit il y a quelques annĂ©es, alors le ministre de l’Ă©poque aurait pu dĂ©terminer qu’ils ne sont pas poursuivis pour le dĂ©lit de manquement de confiance. » Le budget de la police a Ă©tĂ© bloquĂ© par le procureur gĂ©nĂ©ral. « Le budget est un pouvoir administratif qui permet au commissaire de prĂ©parer les policiers Ă  leurs tâches conformĂ©ment Ă  la rĂ©alisation de leurs responsabilitĂ©s », a expliquĂ© un haut gradĂ© de la police.

Le responsable a ajoutĂ© que « si le budget est avec le ministre – il pourra dĂ©terminer s’il prend des policiers pour sĂ©curiser les avant-postes illĂ©gaux en JudĂ©e-Samarie, et cela s’Ă©tendra Ă©galement aux maires qui exigeront des policiers. C’est un grand danger. Il est vrai que le commissaire a plus de pouvoirs qu’un ministre et il est vrai que des disputes surgissent ici et lĂ  et il y a une tension inhĂ©rente entre les parties, mais Ă  la fin tout le monde s’est dĂ©brouillĂ© sans lois inutiles. »

Un dĂ©bat sur le projet de loi devrait avoir lieu Ă  la Knesset cette semaine. « C’est ainsi que l’indĂ©pendance de la police est Ă©masculĂ©e. Je me battrai au sein du comitĂ© contre cette force inutile », a prĂ©cisĂ© le dĂ©putĂ© Merav Ben Ari du parti Yesh Atid, ancien prĂ©sident du ComitĂ© de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure.

Ben Gvir est critiquable mais dĂ©terminĂ© Ă  prendre l’autoritĂ© pour lui-mĂŞme. Ben Gvir a mĂŞme rĂ©pondu Ă  l’opposition de l’ombudsman au projet de loi et a soulignĂ© qu’il « a du mal Ă  comprendre comment l’ombudsman s’est empressĂ© d’Ă©tablir une position sur le projet de loi. C’est une dĂ©claration dĂ©cevante ». Ses associĂ©s ont soulignĂ© que « maintenant ils se sont habituĂ©s Ă  ce que le ministre soit un pion du commissaire, il est temps pour le ministre de dĂ©finir la politique ».