Dans les sous-sols de l’hôpital Rambam à Haïfa, là où les services ont été transférés depuis le début des hostilités pour être à l’abri des frappes, des mères veillent sur leurs fils. Leurs enfants sont des soldats blessés au sud du Liban lors de tirs antichar du Hezbollah. Ils sont vivants — et c’est déjà, selon leurs proches, un miracle en soi. Ynet les a rencontrés vendredi.
Un officier de Givati grièvement blessé
L’un des blessés hospitalisés dans l’unité de soins intensifs de Rambam est un officier de la brigade Givati, touché grièvement avant-hier par un tir de missile antichar dans le sud du Liban. Sa famille et ses camarades de l’unité entourent son lit dans le service de réanimation. Un autre soldat blessé lors du même incident se trouve dans un état intermédiaire à l’hôpital Hadassah Ein Karem à Jérusalem.
La brigade Givati est l’une des unités d’infanterie les plus engagées dans les opérations terrestres israéliennes depuis octobre 2023, d’abord à Gaza puis dans le cadre des opérations au Liban. Ses pertes, depuis le début du conflit, sont parmi les plus lourdes de l’armée israélienne.
« Un grand miracle » : le char percé de part en part
Dans le service de chirurgie plastique est hospitalisé un autre soldat, originaire d’une localité du Sud, blessé légèrement à modérément dans un char. Sa mère a témoigné les larmes aux yeux devant le journaliste de Ynet.
« Quel miracle pour mon fils. Le missile a pénétré au milieu du char, mon fils et le commandant du char ont été blessés. C’est une chance incroyable de ressortir vivant d’un missile antichar, avec ces blessures-là. Je sais que c’est un missile très précis — il nous est arrivé un immense miracle », a-t-elle dit. Son fils, âgé de 20 ans, blessé légèrement à modérément, revit sans cesse l’impact du missile dans la coque du blindé. « Il rejoue en boucle l’entrée du missile dans le char et le grand miracle qui leur est arrivé », précise-t-elle.
Le garçon avait déjà passé de longs mois à Gaza avant d’être redéployé vers le nord et d’entrer au Liban. Un parcours qui résume celui d’une génération entière de soldats israéliens — d’une guerre à l’autre, sans véritable répit entre les deux.
Le sous-lieutenant de Hadera, 21 ans, commandant de char
À Rambam est également hospitalisé un sous-lieutenant de char originaire de Hadera, âgé de 21 ans, blessé dans un état intermédiaire par un tir antichar. Sa mère, Natalie, a raconté les circonstances de la blessure telles qu’elle les comprend.
« Mon fils a une sœur jumelle. Il a fait énormément de jours à Gaza avec la brigade blindée, il était dans le Nord, et le 7 octobre il a été mobilisé d’urgence pour combattre dans le Sud et y est resté de longs mois. Il est ensuite monté vers le Nord, puis est entré au Liban », dit-elle.
« J’ai compris que le missile avait frappé directement le char, probablement par le dessus, et que lui et un autre soldat ont été blessés modérément. Il a aussi reçu un impact léger à la tête, subi de nombreux éclats et a été opéré à la main », raconte la mère. Elle ajoute : « C’est un enfant formidable, un commandant de 21 ans qui pense toujours en premier à ses soldats. Regarde-le déjà entouré d’amis et de famille. C’était un très grand miracle pour lui et pour son ami blessé avec lui. »
Un front libanais qui ne désarme pas
Ces blessures rappellent que le front libanais, souvent éclipsé dans les médias par l’ampleur des opérations contre l’Iran, demeure une zone de combat active et meurtrière. Depuis le déclenchement de l’opération « Rugissement du Lion », le Hezbollah multiplie les tirs de missiles antichar contre les blindés israéliens opérant dans la zone frontalière, en plus des roquettes et des drones lancés quotidiennement vers les localités du nord d’Israël.
Le missile antichar — qu’il s’agisse d’un Kornet ou d’une variante plus récente — est l’une des armes les plus redoutées par les équipages de chars israéliens. Sa précision, sa portée et sa capacité à percer les blindages les plus épais en font une menace permanente pour les véhicules engagés dans des opérations de proximité. Que deux équipages aient survécu à des impacts directs est décrit par leurs familles, sans hyperbole, comme relevant du miracle.
La mère du jeune homme de 20 ans conclut par une pensée pour les autres blessés du même hôpital : « Il y a ici un autre blessé grave de Givati qui a subi une opération très complexe et est hospitalisé en soins intensifs, et d’autres blessés qui sont arrivés à l’hôpital de Nahariya lors d’un autre incident aujourd’hui. Nous prions pour qu’ils se rétablissent vite. »
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢






