Le chef d’état-major israélien, le général Eyal Zamir, a ordonné ce mercredi le transfert du groupe de combat de la brigade Golani depuis le commandement Sud — où elle opérait dans le cadre des opérations à Gaza — vers le commandement Nord, en direction de la frontière libanaise. La décision fait suite à une évaluation de la situation conduite avec les commandants de terrain, dans le cadre des développements en cours de l’opération « Rugissement du Lion ». L’état-major a précisé que des décisions concernant l’envoi de renforts supplémentaires seraient prises en fonction de l’évolution de la situation, laissant entendre que ce redéploiement pourrait n’être que la première étape d’un renforcement plus large sur le front nord.
Le choix de déplacer la brigade Golani — l’une des unités les plus emblématiques, les plus décorées et les plus aguerries de l’armée israélienne, dont les soldats sont identifiés par leur béret marron et leur renard des neiges — n’est pas un mouvement anodin. Il signale une montée en puissance décidée sur le front libanais, à un moment où le Hezbollah a choisi de s’engager activement dans le conflit aux côtés de l’Iran, en tirant des roquettes et des missiles sur des villes israéliennes du nord jusqu’au centre du pays, y compris Haïfa et Tel Aviv. Redéployer une brigade entière depuis un front actif — Gaza — vers un autre front actif — le Liban — c’est accepter un niveau de tension opérationnelle élevé sur deux théâtres simultanés, et cela témoigne de la pression extraordinaire que subit Tsahal en ce moment.
L’armée a réaffirmé dans un communiqué accompagnant cette décision qu’elle « continuerait d’agir avec force contre l’organisation terroriste Hezbollah, qui a délibérément choisi d’entrer dans la confrontation », et qu’elle « n’autoriserait aucune atteinte aux civils israéliens ». Cette formulation, volontairement solennelle, est un message adressé aussi bien à la population israélienne qu’au Hezbollah lui-même : le redéploiement de Golani n’est pas une mesure défensive destinée à tenir une ligne, c’est la préparation d’une action offensive. L’état-major israélien ne déplace pas ses meilleures unités pour faire du gardiennage de frontière.
Ce mouvement de troupes intervient dans un contexte de pression maximale sur les communautés du nord d’Israël. Kiryat Shmona et d’autres villes frontalières vivent sous les tirs depuis plus de dix jours consécutifs, et le maire de Kiryat Shmona, Avichai Stern, a publiquement réclamé une décision stratégique définitive contre le Hezbollah. La brigade Golani, avec son expérience du combat en terrain difficile acquise à Gaza et lors des opérations précédentes au Liban, est précisément le type d’unité qui peut mener des opérations offensives complexes dans les villages fortifiés du sud-Liban où le Hezbollah a passé des années à creuser des tunnels et à positionner son arsenal. Son arrivée sur le front nord est un signal clair que Tsahal prépare autre chose que le statu quo.
La signification stratégique de ce redéploiement dépasse le simple mouvement de troupes. Elle dit quelque chose sur l’état d’esprit du commandement israélien à ce stade du conflit : le front nord n’est plus une priorité secondaire gérée avec des moyens limités, c’est désormais un théâtre d’opérations qui mobilise les ressources les plus précieuses de l’armée. La question n’est plus de savoir si Tsahal va frapper fort au Liban — c’est de savoir quand, avec quelle ampleur, et jusqu’où cette escalade est prête à aller dans le cadre de l’opération globale contre l’axe Iran–Hezbollah.
Source : Israel Hayom
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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