À chaque fois qu’Israël est en guerre, les Juifs d’Europe paient la facture dans leurs rues, leurs commerces, leurs synagogues, leurs écoles. Ce mois de mars 2026 ne fait pas exception — il aggrave même la tendance de façon alarmante. Depuis le 28 février et le déclenchement de l’opération Lion rugissant contre l’Iran, l’antisémitisme en Europe a bondi à une vitesse qui dépasse tout ce qui avait été observé depuis le 7 octobre 2023.
Le Centre américain de recherche sur l’antisémitisme du Mouvement de lutte contre l’antisémitisme constate une hausse de 34 % de l’antisémitisme dans le monde, à travers 154 incidents au cours de la première semaine du conflit. La moitié de cette explosion des cas est directement liée à la guerre contre l’Iran. Il s’agit notamment de menaces, de violences physiques sur des personnes ou des biens juifs, de caricatures et de théories du complot accusant les Juifs d’être responsables de cette guerre. Wikipedia
34 % en une semaine. Ce chiffre, produit par un centre de recherche américain sérieux, dit tout sur le mécanisme pavlovien qui s’est installé en Europe depuis des années : dès qu’Israël agit militairement, les Juifs de la diaspora deviennent des cibles. Pas les responsables politiques israéliens. Pas les militaires de Tsahal. Les Juifs du coin de la rue, ceux qui font leurs courses, déposent leurs enfants à l’école, dînent en terrasse. Ce samedi matin encore, à Paris, un homme a été interpellé après avoir proféré des insultes antisémites visant des clients installés en terrasse d’un restaurant, leur lançant notamment « sales juifs ». Times of Israel
Ce n’est pas un incident isolé. C’est la chronique d’une semaine ordinaire dans la vie des Juifs de France en mars 2026. En Haute-Garonne, des inscriptions anti-Israël ont été découvertes sur un gymnase. « Fuck Israël » a été écrit, et un drapeau israélien a été dessiné et barré. Une plainte a été déposée. Times of Israel Des mots sur un mur. Une haine qui s’affiche sans complexe, dans une ville de province française, à des milliers de kilomètres du Moyen-Orient.
Mais c’est en ligne que la recrudescence est la plus documentée et la plus inquiétante dans sa nature. CyberWell constate une forte augmentation des incitations à la haine antisémites en ligne. Des stéréotypes antisémites et la théorie du complot du Gouvernement d’occupation sioniste sont publiés sur les réseaux sociaux, affirmant qu’Israël contrôlerait secrètement le gouvernement américain. Wikipedia Cette théorie — selon laquelle Netanyahu manipulerait Trump pour entraîner les États-Unis dans une guerre au service d’Israël — est exactement le vieux canard des Protocoles des Sages de Sion remis au goût du jour avec un habillage géopolitique. Abnousse Shalmani sur Le Point relève cette thèse absurde selon laquelle Netanyahu manipulerait Trump, en écho aux Protocoles des sages de Sion de 1903 et au concept contemporain de ZOG — Zionist Occupation Government. Wikipedia
En parallèle de cette haine diffuse et numérique, une organisation structurée a été identifiée derrière plusieurs attaques physiques en Europe. Le groupe baptisé Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiyya est responsable de plusieurs attaques antisémites qui ont eu lieu ces dernières semaines à Liège, Rotterdam, Amsterdam et en Grèce. i24NEWS Un groupe islamiste transnational, opérant simultanément dans plusieurs pays européens, ciblant des Juifs de façon coordonnée pendant une guerre à 4 000 kilomètres de là. Ce n’est plus de l’antisémitisme spontané. C’est une opération.
La chanson générée par intelligence artificielle Boom Boom Tel Aviv, initialement diffusée en ligne, connaît une résurgence massive après le début du conflit de 2026, partagée avec des publications célébrant les frappes de missiles sur les villes israéliennes. Wikipedia Une chanson qui célèbre les missiles qui tombent sur des civils israéliens — viralisée sur les réseaux sociaux européens pendant que des Juifs de Tel Aviv courent aux abris. L’Europe regarde. Les plateformes laissent faire. Et les gouvernements produisent des déclarations.
Ce que cette semaine démontre une fois de plus, c’est que la sécurité des Juifs de France et d’Europe est indissociable de ce qui se passe en Israël. Pas parce que les Juifs de la diaspora sont responsables de la politique israélienne — ils ne le sont évidemment pas. Mais parce que ceux qui les haïssent n’ont jamais fait cette distinction. Pour eux, un Juif à Paris répond des actes d’un soldat à Téhéran. Cette logique est ignoble. Elle est réelle. Et elle tue.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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