À la sortie du Chabbat ce samedi soir, alors que des sirènes retentissaient encore dans le nord d’Israël, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a prononcé une déclaration solennelle enregistrée qui couvre en un seul souffle les quatre fronts actifs de la politique de sécurité israélienne : l’Iran, le Liban, le Hamas et le dossier nucléaire encore ouvert. Le ton est celui d’un homme qui veut fixer l’histoire avant que la diplomatie ne la réécrive.
Le point de départ est une affirmation à portée historique : sans l’action d’Israël, l’Iran disposerait aujourd’hui de l’arme nucléaire. Netanyahou l’a dit sans détour — si Israël n’avait pas agi avec détermination et fermeté lors des opérations « Am Klavia » puis « Rugissement du Lion », le régime des mollahs aurait franchi le seuil nucléaire. Il a précisé ce qui l’avait contraint à agir une seconde fois : après Am Klavia, des renseignements précis lui sont parvenus — il a insisté sur l’expression « à temps », flèche transparente à l’adresse de l’Aman dont les défaillances du 7 octobre restent un contentieux politique ouvert — révélant que Khamenei avait ordonné de reprendre et d’élargir l’industrie nucléaire et balistique, en enfouissant les installations si profondément sous terre que même les appareils américains ne pourraient les atteindre. Rester les bras croisés face à cela était, selon lui, impossible.
La charge émotionnelle de la déclaration est inhabituelle pour un dirigeant qui parle d’ordinaire en termes stratégiques secs. « Nous avons été les premiers à briser le mur de la peur », a-t-il dit, avant d’évoquer l’excitation, la fierté et les frissons qui l’avaient saisi au moment de la décision. Une mise en scène de soi dans l’histoire qui n’échappe à personne.
Sur l’état de l’Iran après les deux opérations, le tableau est celui d’un régime en décomposition interne. Netanyahou a révélé l’existence de conflits au sommet du pouvoir iranien, affirmant qu’Israël dispose de renseignements précis sur ces divisions. Il a résumé la situation en une formule destinée à circuler : « L’Iran n’est plus le même Iran. Ceux qui menaçaient de nous détruire se battent maintenant pour leur propre survie. » Mais il a aussitôt ajouté une nuance capitale qui tempère le récit de victoire totale : il reste encore de l’uranium enrichi en Iran. Netanyahou a posé les termes de l’alternative sans ambiguïté — soit cet uranium sera évacué dans le cadre d’un accord diplomatique, soit il sera traité par d’autres moyens. Il a précisé travailler en pleine coordination avec le président Trump sur ce point, signalant que le dossier nucléaire iranien reste techniquement ouvert malgré les frappes.
Sur le front libanais, Netanyahou a confirmé une information stratégique majeure : le Liban a pris contact avec Israël à plusieurs reprises au cours du dernier mois pour ouvrir des négociations de paix directes. Il a déclaré avoir autorisé ces contacts à deux conditions non négociables — le désarmement complet du Hezbollah et un accord de paix véritable capable de tenir sur plusieurs générations. Mais il a été explicite : la guerre contre le Hezbollah n’est pas terminée. Tsahal a établi une zone de sécurité de 8 à 10 kilomètres au sud du Liban, et le Premier ministre a dit sa détermination personnelle à rétablir la sécurité pour les habitants du nord d’Israël. Il a qualifié l’opération récemment conduite au Liban de la plus grande depuis l’attaque sur les bipeurs de septembre 2024 qui avait décimé les communications du Hezbollah — et ajouté, laconique : « La main est encore tendue. »
Le Hamas n’a pas été oublié. En quelques phrases courtes mais sans équivoque, Netanyahou a signalé que l’organisation de Gaza accumule des forces et qu’Israël s’en occupera. La séquence est dessinée clairement : l’Iran neutralisé en tant que puissance nucléaire imminente, le Hezbollah en cours de démantèlement, le Hamas comme prochaine priorité.
Cette déclaration nocturne, soigneusement enregistrée et calibrée pour la sortie du Chabbat, est construite pour fixer un récit politique avant que les négociations diplomatiques à Islamabad — où les discussions américano-iraniennes achoppent précisément sur le détroit d’Ormuz — n’entrent dans une phase décisive. En revendiquant personnellement la paternité des décisions qui ont conduit aux frappes, en pointant les défaillances passées du renseignement militaire, en maintenant une menace ouverte sur l’uranium iranien et en annonçant une future opération contre le Hamas, Netanyahou dessine à la fois son héritage et sa ligne de résistance face à toute pression internationale en faveur d’un règlement rapide et incomplet.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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