Il avait fait le tour des réseaux sociaux avec des déclarations tonitruantes. Il passe maintenant aux actes. Muhoozi Kainerugaba, chef d’état-major de l’armée ougandaise et fils du président Yoweri Museveni, a confirmé samedi soir dans un tweet qu’il est actuellement en route pour Tel Aviv. « C’est exact, je suis en chemin vers Tel Aviv, pour une réunion avec mes frères israéliens », a-t-il écrit, ajoutant le mot « Muraagiro » — un concept qu’il associe à l’esprit de combat et de victoire.
La nouvelle a provoqué une onde de choc dans les cercles politiques et militaires israéliens, surpris par la vitesse avec laquelle ce personnage haut en couleur transforme ses déclarations fracassantes en démarche concrète. Car Kainerugaba n’est pas n’importe quel général africain qui tweete son soutien à Israël. C’est un officier qui commande une force militaire considérable, un homme qui dispose d’une influence politique directe au sommet de l’État ougandais, et surtout quelqu’un qui a formulé ces dernières semaines des promesses militaires sans précédent dans le registre du soutien international à Israël.
Ses déclarations antérieures méritent d’être rappelées dans leur intégralité pour mesurer la portée de ce déplacement. Le général avait annoncé que 500 000 de ses soldats étaient prêts à « manger Téhéran gratuitement » — une formulation brute et délibérément provocatrice, caractéristique de son style de communication sur les réseaux sociaux, mais dont le fond ne peut pas être balayé d’un revers de main. Il avait également exprimé un soutien explicite et répété à Israël face à l’Iran, dans des termes qui dépassent largement le simple geste de solidarité protocolaire.
La visite annoncée intervient dans un contexte diplomatique et militaire particulièrement chargé. Israël sort tout juste d’une guerre intense contre l’Iran, les négociations à Islamabad sont dans l’impasse sur la question d’Ormuz, et le pays cherche à consolider ses alliances stratégiques dans un environnement international où plusieurs de ses partenaires traditionnels — à commencer par certains membres européens de l’OTAN — ont affiché leur hostilité à ses opérations militaires. Dans ce tableau, l’arrivée d’un chef militaire africain qui vient personnellement réaffirmer sa solidarité n’est pas un événement anodin. C’est un signal politique.
L’Ouganda et Israël entretiennent des relations historiques profondément enracinées, marquées notamment par le souvenir de l’opération Entebbe en 1976, et par des coopérations sécuritaires et militaires continues depuis lors. Kainerugaba lui-même a exprimé à maintes reprises son admiration pour l’armée israélienne et son attachement personnel à l’État juif. Son déplacement, quel qu’en soit le contenu précis sur le plan opérationnel, constitue un geste de solidarité publique visible au moment où Israël en a le plus besoin sur le plan symbolique.
La nature exacte des discussions qui auront lieu à Tel Aviv reste inconnue. S’agit-il d’une visite de courtoisie politique destinée à afficher l’alliance ? D’échanges militaires concrets sur des coopérations sécuritaires ? D’une démarche plus substantielle en lien avec les déclarations sur les 500 000 soldats ? Les services de communication des deux pays n’ont pas encore précisé le programme. Ce qui est certain, c’est que Kainerugaba a choisi le moment le plus symbolique possible pour son voyage — au lendemain d’une guerre, alors que les négociations diplomatiques patinent et qu’Israël mesure qui, dans le monde, se tient réellement à ses côtés.
Dans un pays habitué à compter ses alliés sur les doigts d’une main dans les moments de crise, l’arrivée d’un général qui dit venir en frère est un message qui ne passe pas inaperçu.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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