L’heure était connue. 17h00, heure israélienne. C’est à ce moment précis que le commandement central américain — le CENTCOM — a mis en œuvre le blocus naval du détroit d’Ormuz et des ports iraniens, conformément à la déclaration du président Donald Trump. Une décision qui fait basculer la région dans une nouvelle phase, plus dure, plus risquée, et dont personne ne connaît encore l’issue.
Le blocus entre en vigueur
Le commandement central américain a annoncé que ses forces allaient imposer un blocus sur tout le trafic maritime entrant et sortant des ports iraniens, à partir de ce lundi à 17h00 heure israélienne, conformément à la déclaration du président Trump. « Le blocus sera appliqué de manière équitable contre les navires de tous les pays entrant ou sortant des ports iraniens et de leurs zones côtières, y compris tous les ports iraniens dans le golfe Arabe et le golfe d’Oman. »
Cette décision intervient quelques heures seulement après les rapports faisant état de l’échec du cycle de négociations entre les délégations américaine et iranienne au Pakistan, et après que la Maison-Blanche a clairement indiqué qu’elle ne tolérerait pas la perception de droits de passage illégaux dans les eaux internationales du détroit.
Trump a été sans équivoque sur les raisons de cette escalade. Le président américain a déclaré qu’Iran « avait violé ses promesses d’ouvrir le détroit, ils ont menti », ajoutant qu’il ne se souciait pas de savoir s’ils reviendraient à la table des négociations : « ils ont été vaincus ».
Netanyahu devant ses ministres : « une coordination sans précédent »
À Jérusalem, la réunion du gouvernement a pris une tournure inhabituelle. Les ministres ont reçu des briefings sécuritaires sur l’Iran et le Liban, et l’atmosphère était sans ambiguïté : les ministres ont eu l’impression qu’il y avait une préparation à la possibilité d’un retour des combats, et il leur a été dit d’être prêts à tous les scénarios, y compris à une frappe surprise iranienne.
Netanyahu a raconté sa conversation de la veille avec le vice-président JD Vance. « Il m’a appelé depuis son avion en revenant d’Islamabad. Il m’a informé en détail, comme le font chaque jour les membres de cette administration, sur l’évolution des négociations. Dans ce cas, l’explosion des négociations. Cette explosion est venue du côté américain qui ne pouvait pas tolérer la violation flagrante par l’Iran de l’accord pour entrer en négociation. »
« L’accord était qu’on arrêtait le feu et que les Iraniens ouvraient immédiatement le détroit. Ils ne l’ont pas fait. Les Américains ne pouvaient pas l’accepter. »
Sur la question nucléaire, les propos de Netanyahu révèlent une inflexion importante dans la position américaine. Vance lui a précisé que le sujet central pour Trump est l’extraction de tout le matériau enrichi et la garantie qu’il n’y aura plus d’enrichissement en Iran — « cela peut être pour des dizaines d’années ». Il ne s’agit plus d’une interdiction permanente et définitive, mais d’une interdiction pour une durée prolongée.
Face aux sorties médiatiques de certains membres de la coalition, Netanyahu a recadré fermement : « Je demande aux ministres et aux députés de la coalition de choisir leurs mots avec soin. Nous sommes à un carrefour historique avec nos amis américains. Je donne des instructions sur quand et comment s’exprimer. Personne ne souffre de se consulter avant de parler. »
Téhéran riposte verbalement
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a répondu sur X : « Nous avons négocié de bonne foi avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre. Nous avons rencontré des demandes maximalistes. Zéro leçon tirée. » Il a conclu par un avertissement implicite : « La bonne volonté mène à la bonne volonté — et l’hostilité mène à l’hostilité. »
Les Gardiens de la Révolution ont annoncé qu’Iran « activera un mécanisme permanent de contrôle du détroit d’Ormuz », qualifiant les restrictions américaines sur les eaux internationales d’ »illégales et de piraterie ».
Pakistan : les négociations ne sont pas mortes
Une note d’espoir relative est venue d’Islamabad. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Khawaja Asif, dont le pays sert de médiateur dans les négociations entre Washington et Téhéran, a déclaré qu’ »il existe encore une possibilité de reprise des négociations entre les États-Unis et l’Iran, et qu’un nouveau cycle de discussions entre eux débutera bientôt ». Une déclaration à prendre avec toutes les précautions qui s’imposent, dans un contexte où la marge de manœuvre diplomatique se réduit à mesure que la pression militaire s’intensifie.
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