Trump a encouragé plusieurs dirigeants musulmans et arabes à rejoindre les Accords d’Abraham avec Israël si un accord mettant fin à la guerre contre l’Iran est conclu

Donald Trump a profité d’une conférence téléphonique tenue samedi avec plusieurs chefs d’État arabes et musulmans pour les presser de rejoindre les Accords d’Abraham et de normaliser leurs relations avec Israël, dès lors qu’un accord mettant fin à la guerre avec l’Iran sera conclu. C’est ce que rapporte Axios, citant deux responsables américains ayant connaissance directe de la conversation.

L’appel réunissait les dirigeants de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar, du Pakistan, de la Turquie, de l’Égypte, de la Jordanie et de Bahreïn — un tour de table qui lisait comme le Who’s Who des puissances régionales du Moyen-Orient et du monde musulman. L’ordre du jour officiel portait sur le cadre en cours de négociation pour mettre fin au conflit avec l’Iran.

Le silence sur la ligne

Après avoir recueilli les expressions de soutien des dirigeants présents — plusieurs d’entre eux auraient dit à Trump « nous sommes avec vous sur cet accord » —, le président américain a enfoncé le clou. Il a demandé explicitement aux pays qui ne font pas encore partie des Accords d’Abraham, et qui n’entretiennent aucune relation diplomatique formelle avec Israël, de franchir le pas et de normaliser leurs liens avec l’État hébreu.

La demande a provoqué un moment de stupeur. Selon un responsable américain cité par Axios, « il y a eu un silence sur la ligne, et Trump a plaisanté en demandant s’ils étaient encore là. » Les pays les plus silencieux étaient logiquement ceux dont la position est la plus délicate : l’Arabie saoudite, le Qatar et le Pakistan, qui ne reconnaissent pas Israël.

La grande ambition saoudienne

Le véritable horizon de Trump reste avant tout un accord de normalisation historique entre l’Arabie saoudite et Israël — un dossier que Trump, son prédécesseur Joe Biden et le Premier ministre Benyamin Netanyahou poursuivent depuis des années sans y parvenir. Un tel accord représenterait un séisme diplomatique dans la région, Riyad étant le gardien des Lieux saints de l’islam et une référence centrale pour le monde sunnite.

Mais Axios note que le contexte actuel rend toute avancée à court terme extrêmement difficile. Le climat politique régional reste tendu, et Israël se dirige vers des élections dans les prochains mois — un calendrier qui gèle généralement les initiatives diplomatiques majeures. Selon le rapport, l’Arabie saoudite n’est pas susceptible d’avancer sur la normalisation avant la tenue de ces élections.

Trump a tout de même pris soin d’envoyer un signal fort : il aurait indiqué aux dirigeants qu’il allait appeler Benyamin Netanyahou immédiatement après, et qu’il espérait que le Premier ministre israélien pourrait rejoindre un appel commun avec les dirigeants arabes et musulmans dans le futur — une image symbolique forte si elle venait à se concrétiser.

Kushner et Witkoff en charge du suivi

Sur le plan opérationnel, Trump aurait informé ses interlocuteurs que ses émissaires Jared Kushner et Steve Witkoff assureront le suivi de ce dossier dans les prochaines semaines. Dans un post publié dimanche sur Truth Social, Trump a remercié « tous les pays du Moyen-Orient pour leur soutien et leur coopération », ajoutant que l’accord « sera encore renforcé par leur adhésion aux nations des historiques Accords d’Abraham » — et glissant même, sur un ton peu conventionnel, que « qui sait, peut-être que la République islamique d’Iran voudrait les rejoindre. »

Les Accords d’Abraham, signés en 2020 sous la première présidence Trump, avaient conduit les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan à normaliser leurs relations avec Israël. Depuis lors, le Kazakhstan a annoncé son adhésion au cadre. Trump cherche désormais à transformer le dénouement de la guerre contre l’Iran en levier pour une vague de normalisations de bien plus grande ampleur.

Pour approfondir ce contexte diplomatique, vous pouvez lire ces articles publiés sur notre site : Il est temps : les sanctions contre l’Iran entreront à nouveau en vigueur cette nuit et Israël–Égypte : du traité de paix à une confrontation latente.

 

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