Deux ans et demi après le massacre : des restes humains retrouvés à Kfar Aza

Il y a des blessures qui ne se referment pas, parce qu’elles n’ont jamais vraiment pu commencer à cicatriser. Pour la famille de Niral Zini, tué dans la pièce sécurisée de son domicile du kibbutz Kfar Aza le matin du 7 octobre 2023, l’attente s’est prolongée deux ans et demi encore après le massacre — parce qu’une partie du corps du jeune officier n’avait jamais été retrouvée.

Début juin, des ossements humains ont été localisés dans le quartier « Dor Tzair » du kibbutz, le quartier même où vivaient Niral et sa compagne Niv Raviv, elle aussi assassinée ce jour-là. Les restes ont été immédiatement transférés à l’Institut de médecine légale d’Abou Kabir pour identification. La principale hypothèse des enquêteurs : il s’agirait des restes de Niral Zini, officier de la Brigade Givati, dont la tête avait été tranchée par les terroristes lors de l’attaque, et dont cette partie du corps n’avait jusqu’ici jamais été retrouvée. Un téléphone portable a également été découvert sur les lieux.

La dernière heure de Niral et Niv

Niral Zini avait 22 ans. Il avait rencontré Niv Raviv — instructrice d’infanterie — pendant son service militaire, peu après avoir été blessé au combat. Elle avait formé ses soldats, et quelque chose entre eux s’était alors noué. Libérés de l’armée, ils avaient choisi de s’installer ensemble à Kfar Aza et de construire leur vie là, dans ce kibbutz paisible à quelques kilomètres de la frontière de Gaza.

Ce samedi matin d’octobre, quand les premières alertes ont retenti et que les roquettes ont commencé à pleuvoir, ils se sont réfugiés dans le mamad — la pièce blindée de la maison. Niral a eu le temps d’échanger des messages avec sa famille, décrivant l’infiltration des terroristes dans le kibbutz, les tirs incessants, le bruit de pas près de la porte. À 10h01, il a envoyé ce qui s’est révélé être son dernier message : « Ils tirent sur moi. Priez pour nous. » Dans ses deux mains, il tenait à la fois un couteau pour se défendre et la poignée de la porte du mamad pour tenter de la maintenir fermée. Les terroristes ont défoncé l’entrée et abattu les deux jeunes gens.

Sa famille n’a appris sa mort que plusieurs jours après, alors qu’il avait d’abord été déclaré disparu.

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מלחמת חרבות ברזל
קיבוצים בעוטף עזה
כפר עזה
Photo by Kobi Gideon / GPO

Un rêve interrompu

Niral travaillait dans la menuiserie familiale et s’apprêtait à entamer des études de droit. Son projet : devenir avocat pour défendre les droits des soldats blessés en service — une vocation née de sa propre expérience de la blessure. La mort l’a pris avant qu’il ait pu commencer.

La découverte des ossements à Kfar Aza, près de deux ans et demi après les faits, rouvre la plaie pour la famille mais lui offre peut-être aussi une perspective de clôture — un enterrement complet, un deuil enfin possible. Les résultats de l’analyse médico-légale sont attendus pour confirmer ou infirmer l’identification.

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