Ce dimanche, le président américain Donald Trump a exprimé publiquement son mécontentement face à la frappe israélienne menée plus tôt dans la journée contre le quartier de Dahiyya, dans la banlieue sud de Beyrouth. Dans un entretien accordé à Fox News, Trump a déclaré sans détour : « Je ne suis pas satisfait de cela. » Il a ajouté qu’un accord était sur le point d’être conclu — selon ses propres termes, il « aurait dû être signé lundi, mardi ou mercredi » — et que la frappe israélienne est venue perturber ce processus : « Et maintenant, ça arrive. »
Cette déclaration illustre une tension croissante entre Washington et Jérusalem sur la gestion du front libanais. La frappe sur Dahiyya — le bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth — était la première du genre depuis la négociation d’un cessez-le-feu le 16 avril dernier, un accord lui-même précédé d’une trêve annoncée par Trump le 17 avril qui n’avait jamais été pleinement respectée. Israël a justifié la frappe en affirmant qu’elle constituait une réponse aux tirs du Hezbollah en direction de son territoire, une position défendue conjointement par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israel Katz dans un communiqué commun.
Un accord à portée de main, brisé par les événements
Le contexte diplomatique dans lequel s’inscrit la frustration de Trump est celui d’une quatrième session de négociations entre Israël et le Liban, tenue sous égide américaine à Washington en début de semaine dernière. Ces pourparlers, tenus au département d’État, avaient semblé ouvrir une fenêtre vers un accord plus large — une perspective que la frappe de Tsahal sur Dahiyya a considérablement fragilisée, en offrant à l’Iran une justification pour son tir de dix missiles sur le territoire israélien ce dimanche soir. La mécanique d’escalade que Washington cherchait à éviter s’est précisément enclenchée : frappe israélienne sur Beyrouth, réaction iranienne avec missiles sur le nord d’Israël et le Sharon, passage du pays en politique de défense orange et annulation des cours dans tout le pays.
Trump avait déjà, dans les jours précédents, demandé à Israël de mener des frappes plus « chirurgicales » contre le Hezbollah, tout en réitérant qu’il n’exigeait pas que le dossier libanais soit inclus dans un éventuel accord avec l’Iran. Ce dimanche soir, dans le même entretien à Fox News, il a déclaré vouloir appeler Netanyahu « tout de suite » pour lui demander de ne pas riposter militairement contre l’Iran en réponse aux missiles. Une demande de retenue qui vient en contrepoint direct du message diffusé simultanément par des sources sécuritaires israéliennes, affirmant qu’Israël ne « tolérerait » aucune violation de sa souveraineté et que « la réponse serait dure ».
La frappe israélienne sur Dahiyya a fait deux morts et vingt blessés selon le ministère de la Santé libanais, dont quatre enfants et quatre femmes. Netanyahu a indiqué qu’elle visait des centres de commandement du Hezbollah dans le quartier de Mreijeh, en réponse à des tirs ayant visé le territoire israélien. Le Hezbollah a qualifié l’attaque de « crime odieux » et s’en est pris aux concessions faites par le gouvernement libanais à Washington, fustigeant ce qu’il appelle une « capitulation totale ». Ce soir, la séquence est bouclée : selon Trump, la frappe sur Dahiyya a déclenché les missiles iraniens, qui ont déclenché le durcissement des directives du front intérieur — et qui risquent de déclencher la riposte israélienne que Trump tente d’empêcher.
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