Une alliance parlementaire pour le moins surprenante prend forme à la Knesset, et elle ne manque pas de faire réagir. Selon des informations diffusées ce mercredi, des pourparlers seraient en cours entre les factions ultra-orthodoxes et les partis arabes en vue d’un échange de votes législatifs : le soutien arabe à la loi sur l’étude de la Torah — qui permettrait de formaliser l’exemption de service militaire pour les étudiants en yeshiva — contre le soutien ultra-orthodoxe à la loi sur le Mouezzin, qui encadre ou interdit l’amplification sonore de l’appel à la prière dans les mosquées.
Le parti Bleu-Blanc a réagi à ces informations par une déclaration sans détour : « Le marché qui se tisse entre les factions ultra-orthodoxes et les partis arabes — la loi « étude de la Torah » contre la loi du Mouezzin — est une nouvelle preuve qu’il n’y a pas d’autre option qu’un gouvernement sioniste et large qui promouvra un service pour tous et ne sera pas dépendant des votes des extrêmes. »
La formule est lapidaire mais elle dit beaucoup. D’un côté, des ultra-orthodoxes qui cherchent à sécuriser par la loi leur exemption militaire, l’une des questions les plus clivantes de la société israélienne en temps de guerre. De l’autre, des partis arabes qui veulent obtenir une avancée symbolique sur la question du Mouezzin, perçue dans leurs communautés comme une atteinte à la liberté religieuse. Deux agendas aux antipodes idéologiques, mais qui convergent dans le cadre d’un calcul parlementaire froid : chacun a quelque chose que l’autre veut, et la Knesset offre le cadre pour l’échange.
Pour Bleu-Blanc, cette dynamique illustre précisément le problème structurel d’un paysage politique où les partis extrêmes — au sens d’éloignés du centre sioniste — pèsent de manière disproportionnée sur les décisions législatives. La référence à « un gouvernement large » est un signal vers les prochaines élections : l’opposition centriste plaide pour une coalition qui ne soit pas tributaire ni des haredim ni des partis arabes pour ses majorités.
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