Le Shin Bet et Tsahal ont révélé ce dimanche matin l’existence d’une cellule terroriste du Hamas opérant depuis le territoire turc, responsable de la planification et de la coordination de dizaines d’attentats au cours de l’année écoulée, tous déjoués par les services de sécurité israéliens. La levée de la confidentialité permet désormais de nommer publiquement les acteurs clés de cette infrastructure.
Le « secteur de la Rive occidentale » : une structure dédiée à la Judée-Samarie
Au cœur du dispositif se trouve ce que le Hamas appelle le « secteur de la Rive occidentale » — une structure organisationnelle spécifiquement dédiée à la promotion et à la coordination des attentats visant les civils et les forces de sécurité israéliennes en Judée-Samarie. Sa direction est assurée par Zaher Jabrine, chef du secteur, secondé par Ayman Abou Khalil, qui commande le bras armé de cette même structure.
Selon le Shin Bet et Tsahal, les opérateurs de ce secteur agissent en toute liberté depuis le sol turc : ils y tiennent des réunions avec des activistes originaires de Judée-Samarie, exploitent les infrastructures disponibles dans le pays pour acheminer des ordres et transférer des fonds, lesquels servent sur le terrain à financer et à exécuter des attaques.
Cinq opérateurs nommés
La levée partielle de la confidentialité permet de citer cinq agents identifiés au cours d’enquêtes menées durant l’année écoulée.
Ayman Sharawna est présenté comme un recruteur actif et un promoteur d’attentats dans la région, opérant depuis la Turquie. Mohammad Mallah, originaire de la région de Tulkarem, partage son temps entre la Turquie et le Qatar : il est mis en cause pour avoir facilité le transfert de fonds destinés au financement du terrorisme. Majed Jabba est impliqué dans la contrebande des armes qui ont servi lors de l’attentat au checkpoint des tunnels en novembre 2023 ; il opère lui aussi depuis la Turquie. Walid Abou Nasr a, selon les services israéliens, financé une infrastructure terroriste à Bethléem, également depuis le sol turc. Enfin, Salam Yaïch est présenté comme un recruteur de terroristes en vue d’attentats, basé en Turquie.
Des dizaines d’attentats déjoués
Tsahal et le Shin Bet précisent que la révélation de ces noms intervient après que des dizaines d’attentats commandités par les activistes du secteur de la Rive occidentale du Hamas opérant de Turquie ont pu être déjoués au cours des douze derniers mois. Les deux organismes indiquent qu’ils « considèrent avec la plus grande gravité tout lien avec des acteurs terroristes et toute direction émanant du secteur de la Rive occidentale du Hamas, ainsi que toute implication dans le transfert de fonds et d’armements destinés aux infrastructures terroristes en Judée-Samarie », et qu’ils poursuivront leur action avec détermination pour contrer ces menaces et garantir la sécurité des citoyens et de l’État d’Israël.
Cette révélation illustre une pratique bien ancrée du Hamas : utiliser des pays tiers — la Turquie en premier lieu, mais aussi le Qatar et le Liban — comme bases logistiques à l’abri desquelles ses cadres planifient, financent et pilotent des opérations à distance, tout en maintenant une présence apparemment civile dans les pays d’accueil. L’inscription de noms dans le domaine public constitue à la fois une mise en garde pour les réseaux de recrutement et un signal diplomatique implicite adressé à Ankara.
Pour en savoir plus sur l’utilisation de la Turquie comme base arrière du Hamas, lire : Quatre membres d’une cellule terroriste du Hamas arrêtés à Jérusalem-Est
Sur le profil des responsables Hamas opérant entre Turquie, Liban et Qatar, lire également : Quel était le rôle du chef du Hamas, Saleh al-Arouri, éliminé ce soir au Liban ?






