Une pièce qui ignore l’identitĂ© juive d’Anne Frank et comporte une allĂ©gation d’agression infondĂ©e contre un juif qui s’est cachĂ© avec elle suscite la controverse aux Pays-Bas.
La pièce, dont la première est prĂ©vue samedi aux Pays-Bas, ne mentionne ni les nazis, ni la raison pour laquelle ils ont assassinĂ© Anne Frank, l’adolescente qui a Ă©crit son cĂ©lèbre journal alors qu’elle se cachait Ă Amsterdam pendant la Shoah.
La semaine dernière, une rĂ©pĂ©tition gĂ©nĂ©rale a attirĂ© l’attention de plusieurs critiques: un assaut inventĂ© par Fritz Pfeffer contre Margot Frank, la sĹ“ur d’Anne Frank. Pfeffer Ă©tait un vrai dentiste juif qui se cachait avec Frank et sa famille et mourut dans la Shoah. Il n’a jamais Ă©tĂ© allĂ©guĂ© qu’il avait agressĂ© Anne Frank ou quelqu’un d’autre.
Esther Voet, rĂ©dactrice en chef de l’hebdomadaire hollandais juif NIW et ancienne dirigeante de l’antisĂ©mitisme du CIDI, a condamnĂ© la pièce comme «une falsification sans scrupules de l’histoire» dans un Ă©ditorial cinglant publiĂ© vendredi.
Apparemment, « ce contexte historique embĂŞtant, celui de la persĂ©cution des Juifs, qui devait dĂ©jĂ ĂŞtre Ă©liminé », elle a Ă©crit de la pièce, qui a Ă©tĂ© produite par Arjen Stuurman et dirigĂ©e par Ilja Pfeijffer. Il est intitulĂ© « Achter het Huis », une expression qui signifie « derrière la maison », et fait Ă©cho au nom en langue nĂ©erlandaise que Frank a donnĂ© Ă l’annexe secrète oĂą elle se cachait.
La pièce est la «dernière expression de l’abus de la mĂ©moire d’Anne Frank», a Ă©crit Voet, citant d’autres abus de ce genre, notamment des allĂ©gations selon lesquelles Anne Frank Ă©tait lesbienne et son assimilation aux Palestiniens .
InterrogĂ© la semaine dernière sur l’ajout de l’agression, Pfeijffer a dĂ©clarĂ© au Volkskrant: «Le journal lui-mĂŞme ne contient aucun drame», ajoutant: «Ce qui se passe rĂ©ellement dans l’annexe secrète, vue Ă travers les yeux d’un garçon de 13 ans, pencher pour un spectacle de théâtre.  »
David Barnouw, auteur du livre « The Anne Frank Phenomenon » de 2012 et ancien chercheur Ă l’Institut hollandais d’Ă©tudes sur la guerre, l’Holocauste et le gĂ©nocide, a dĂ©clarĂ© Ă JTA ce week-end qu’il « n’aimait pas le jeu parce qu’il Ă©tait trop haut » après avoir vu une rĂ©pĂ©tition gĂ©nĂ©rale plus tĂ´t cette semaine. Mais il a ajoutĂ© qu’il n’Ă©tait pas d’accord avec certaines des charges plus lourdes faites par Voet.
« Je ne suis pas d’accord avec elle sur certains points », a dĂ©clarĂ© Barnouw, ajoutant qu’il ne s’opposait pas Ă ce que les artistes prennent une licence de grande portĂ©e avec la vĂ©ritĂ© historique. « Le public doit dĂ©cider si cela est acceptable, et personne d’autre. »
Lors de la rĂ©pĂ©tition gĂ©nĂ©rale, les gens cachĂ©s ne parlent des Juifs que comme «notre peuple» et des Allemands comme «l’ennemi», a-t-il dit.
Le Volkskrant a rapportĂ© la semaine dernière que Pfeijffer faisait l’objet d’une action en justice pour violation du droit d’auteur par le Fonds d’Anne Frank, l’organisation basĂ©e en Suisse par Otto Frank, père d’Anne Frank et unique survivant de sa famille ayant les droits Ă son journal. Mais un porte-parole du Fonds Anne Frank a dĂ©clarĂ© Ă la JTA que son organisation « ne peut pas confirmer » cela.
Alors que des tiers peuvent poursuivre les producteurs de « Achter het Huis », a dĂ©clarĂ© le porte-parole en rĂ©fĂ©rence aux proches de Pfeffer, aucune action en justice n’a Ă©tĂ© initiĂ©e par le Fonds Anne Frank, qui « surveille la situation ».
Pfeijffer, qui est aussi un poète, a l’habitude de faire des dĂ©clarations controversĂ©es, y compris sur les Juifs.
L’annĂ©e dernière, il a appelĂ© LĂ©on de Winter, un romancier et dramaturge hollandais-juif bien connu qui a Ă©crit pour le Fonds Anne Frank une pièce de théâtre 2014 sur Anne Frank, une «juive militante».
Cette accusation est venue dans une chronique de Pfeijffer Ă propos de la dĂ©cision de Winter de quitter son ancien Ă©diteur suite Ă l’embauche d’un auteur belge, Dyab Abou Jahjah. Abou Jahjah soutient le Hezbollah, a appelĂ© Ă la violence contre les IsraĂ©liens et a parlĂ© de son « sentiment de victoire » Ă la suite des attentats du 11 septembre. Abou Jahjah a Ă©galement appelĂ© Anvers, qui a une grande communautĂ© de Juifs orthodoxes, la «capitale internationale du lobby sioniste», selon le CNR.
« Abou Jahjah parle pour les Palestiniens opprimĂ©s et cela fait de lui un antisĂ©mite « , Ă©crit Pfeijffer . Il a identifiĂ© Abou Jahjah comme «un fondateur de la Ligue arabe». Le groupe de dĂ©fense des droits des musulmans, disparu il y a dix ans, a publiĂ© sur son site une caricature d’Anne Frank avec Adolf Hitler et une caricature suggĂ©rant que l’Holocauste n’a jamais eu lieu. j
En 2015, Pfeijffer a publiĂ© un poème dans la voix d’un Palestinien qui a perdu sa maison et dont la fille a Ă©tĂ© mutilĂ©e « par des juifs qui ont foulĂ© notre terre sainte avec des bottes qui ne peuvent rien faire parce qu’ils sont juifs, Ă cause de avant. »





Il faudrait la laisser reposer en paix. Une fois pour toute. C est dingue.