Tout a commencĂ© comme une croisière d’aventure dans l’Atlantique Sud. Le navire MV Hondius, affrĂ©tĂ© par la sociĂ©tĂ© Oceanwide Expeditions et parti d’Ushuaia en Argentine avec environ 150 passagers de 23 nationalitĂ©s diffĂ©rentes, s’est retrouvĂ© au centre d’une crise sanitaire internationale qui mobilise depuis plusieurs jours l’Organisation mondiale de la santĂ© et les autoritĂ©s de santĂ© d’une dizaine de pays. A bord du navire, trois personnes sont dĂ©cĂ©dĂ©es du virus Hanta — le premier un NĂ©erlandais de 70 ans, sa femme Ă©vacuĂ©e en Afrique du Sud oĂą elle est morte Ă son tour, puis un troisième passager dont l’identitĂ© n’a pas Ă©tĂ© divulguĂ©e. Un Britannique de 69 ans se bat encore pour sa vie dans une unitĂ© de soins intensifs Ă Johannesburg. Le mĂ©decin du bord, citoyen britannique de 56 ans, a Ă©galement Ă©tĂ© contaminĂ© et Ă©vacuĂ© dans un Ă©tat critique. Au total, huit infections confirmĂ©es ou hautement probables ont Ă©tĂ© recensĂ©es.
Ce qui distingue radicalement cet Ă©pisode des cas habituels d’hantavirus, c’est la souche impliquĂ©e. Le virus Hanta de type Andes — identifiĂ© comme la souche en cause par les autoritĂ©s sanitaires suisses après analyse d’un de leurs ressortissants rapatriĂ© — est le seul variant connu du virus capable de se transmettre de personne Ă personne par contact Ă©troit. Tous les autres variants ne se transmettent qu’Ă partir des rongeurs. Cette particularitĂ© a transformĂ© le navire en caisse de rĂ©sonance Ă©pidĂ©mique, et la dispersion des passagers dans leurs pays d’origine en un problème de traçage mondial.
La France dans la chaĂ®ne d’exposition
Une ressortissante nĂ©erlandaise de 69 ans, dont le mari a Ă©tĂ© la première victime, avait quittĂ© le navire Ă l’Ă®le de Sainte-HĂ©lène le 24 avril — dĂ©jĂ symptomatique — avant d’embarquer sur un vol commercial vers Johannesburg avec 82 passagers et six membres d’Ă©quipage. Son Ă©tat s’est dĂ©gradĂ© durant le trajet. Elle a ensuite transitĂ© vers l’Europe. Des vols de rapatriement sanitaire sont en cours de prĂ©paration vers plusieurs pays, dont la France, pour les passagers qui n’ont pas encore pu regagner leur domicile dans des conditions mĂ©dicalement encadrĂ©es. Le ministère de la SantĂ© israĂ©lien a indiquĂ©, pour sa part, qu’aucun cas n’avait Ă©tĂ© diagnostiquĂ© en IsraĂ«l et que le cas traitĂ© en dĂ©cembre 2025 concernait un variant distinct, non liĂ© Ă l’Ă©pidĂ©mie actuelle.
Un virus sans vaccin, avec 40 % de mortalité
L’hantavirus des Andes est l’un des pathogènes les plus redoutables parmi les infections virales rĂ©pertoriĂ©es. Il n’existe ni vaccin ni traitement curatif. Son taux de mortalitĂ© pour la souche andine tourne autour de 40 %, et les premiers symptĂ´mes — fièvre, douleurs abdominales — ressemblent Ă ceux d’une gastro-entĂ©rite banale, ce qui retarde souvent le diagnostic. La contamination par les rongeurs reste le vecteur principal, mais sur le MV Hondius, les enquĂŞteurs s’interrogent encore sur les conditions exactes d’exposition de l’index case : comment un virus de rongeurs a-t-il pu se retrouver Ă bord d’un navire en plein ocĂ©an Atlantique ?
L’OMS coordonne les efforts de traçage et les Ă©vacuations mĂ©dicales. Les ĂŽles Canaries, après une brève polĂ©mique entre Madrid et le prĂ©sident rĂ©gional Fernando Clavijo qui refusait d’accueillir le navire, ont finalement acceptĂ© que celui-ci accoste Ă Tenerife pour une dĂ©contamination complète et le dĂ©barquement des passagers restants, qui seront ensuite renvoyĂ©s dans leurs pays dans des conditions contrĂ´lĂ©es.
Pour suivre les dĂ©veloppements sanitaires internationaux : La Banque d’IsraĂ«l face aux pressions Ă©conomiques de la guerre et IsraĂ«l et le renseignement militaire international.








