Ce samedi 9 mai 2026, trois rĂ©servistes de Tsahal ont Ă©tĂ© blessĂ©s par des drones explosifs du Hezbollah en territoire israĂ©lien, Ă proximitĂ© de la frontière libanaise. L’un d’eux est dans un Ă©tat grave, deux autres dans un Ă©tat moyen — l’un Ă©tant officier. Tous trois ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s et pris en charge mĂ©dicalement. Dans le mĂŞme temps, plusieurs autres drones explosifs tirĂ©s depuis le Liban sont tombĂ©s en territoire israĂ©lien, et un engin du mĂŞme type a frappĂ© un vĂ©hicule du gĂ©nie sans pilote de Tsahal, lui causant des dĂ©gâts. D’autres drones ont Ă©tĂ© lancĂ©s en direction de forces israĂ©liennes opĂ©rant en territoire libanais.
Tsahal a qualifiĂ© cet Ă©pisode de « nouvelle violation des arrangements de cessez-le-feu par l’organisation terroriste Hezbollah ». Une formulation qui s’est rĂ©pĂ©tĂ©e si souvent ces dernières semaines qu’elle a perdu une partie de sa force d’impact — sans pour autant perdre sa signification rĂ©elle. La semaine prĂ©cĂ©dente, deux soldats et un employĂ© du ministère de la DĂ©fense avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© tuĂ©s par des drones explosifs au Liban.
Une menace que personne n’a anticipĂ©e assez tĂ´t
Le drone explosif guidĂ© par fibre optique est devenu en quelques mois l’outil offensif le plus redoutable sur le front nord. Ce type d’engin, rendu cĂ©lèbre dans les tranchĂ©es ukrainiennes, neutralise les systèmes de brouillage Ă©lectronique classiques puisqu’il ne communique pas par ondes radio — il est reliĂ© Ă son opĂ©rateur par un fil quasi invisible, capable de s’Ă©tirer sur plusieurs kilomètres. Il vole Ă 100 Ă 200 km/h, coĂ»te Ă peine 1 000 shekels, et peut s’infiltrer dans une ouverture de char.
Un document interne de l’Ă©tat-major israĂ©lien, diffusĂ© dès mai 2025 et rĂ©vĂ©lĂ© rĂ©cemment par Srugim, avait explicitement mis en garde contre cette menace et dĂ©taillĂ© les mesures Ă prendre. Les commandes d’Ă©quipements n’ont Ă©tĂ© passĂ©es que dans les dernières semaines — un an de retard. Les forces dĂ©ployĂ©es au Liban ne disposaient pas, initialement, de filets anti-drones. Les vĂ©hicules n’Ă©taient pas camouflĂ©s. Les stocks de munitions d’artillerie Ă©taient regroupĂ©s de façon visible. Les dĂ©fenses anti-drone en cours de dĂ©ploiement — notamment un système de drones armĂ©s de filets — arrivent dans un contexte d’urgence, pas de prĂ©paration.
Tsahal a indiquĂ© ĂŞtre « en cours de prĂ©paration Ă la possibilitĂ© de tirs depuis le Liban vers le nord d’IsraĂ«l », tout en prĂ©cisant qu’il n’y avait « pas de changement dans les directives du commandement du front intĂ©rieur », invitant cependant la population à « faire preuve de vigilance et Ă suivre les consignes ». Peu après, des sirènes ont retenti Ă Akko et dans les Kiryot — pour la première fois dans ces localitĂ©s depuis le cessez-le-feu.
Ce que ce chiffre dit vraiment
Depuis dĂ©but mars 2026, plus de 70 attaques par drones explosifs ont Ă©tĂ© documentĂ©es. Près de 40 soldats ont Ă©tĂ© blessĂ©s depuis le dĂ©but du dĂ©ploiement au Liban, et plusieurs ont perdu la vie. Les soldats qui ont acceptĂ© de tĂ©moigner auprès du quotidien Haaretz ont Ă©tĂ© clairs : la protection contre les drones reste insuffisante, et l’accent mis sur la dĂ©molition de bâtiments au Liban augmente leur exposition. Ce n’est pas le manque de courage qui est en cause — c’est une lacune systĂ©mique dans la prĂ©paration technologique et tactique.
La question politique que cela soulève est simple et brutale : si un document interne de l’armĂ©e alertait depuis un an sur cette menace prĂ©cise, qui a dĂ©cidĂ© de ne pas agir, et pourquoi ?
Pour en savoir plus sur les équipements anti-drones de Tsahal et les développements sur le front nord : Tsahal déploie un nouveau système de défense anti-drones et La flottille pour Gaza interceptée par la marine israélienne.






