Edy Cohen écrit dans Israel Today :
Les juifs tunisiens sont Ă nouveau dans l’Ĺ“il du cyclone. L’arrestation d’un marchand juif local a Ă©branlĂ© la paix de la communautĂ© insulaire de Djerba qui remonte Ă l’Ă©poque du roi David.
Aujourd’hui, il ne reste plus qu’un millier de Juifs Ă Djerba, une Ă®le mĂ©diterranĂ©enne tranquille juste au large des cĂ´tes tunisiennes. Il n’y a presque pas de crime ou de politique dans ce refuge idyllique, oĂą la plupart des rĂ©sidents juifs observent le sabbat.
L’Ă©vĂ©nement qui a choquĂ© la communautĂ© juive de Djerba s’est produit mardi de la semaine dernière, lorsque la police, accompagnĂ©e d’un grand nombre d’officiers en civil, a arrĂŞtĂ© un marchand juif de 60 ans nommĂ© Mishleh Bitan. Selon les autoritĂ©s, il Ă©tait accusĂ© de contrebande d’or. Les Juifs de Djerba font le commerce de l’or depuis des gĂ©nĂ©rations et nombre d’entre eux possèdent des magasins d’or sur l’Ă®le.
La police prĂ©voyait d’apprĂ©hender la femme et le fils du marchand juif, mais des dizaines de Juifs se sont prĂ©sentĂ©s pour protĂ©ger la famille et ont physiquement empĂŞchĂ© l’arrestation.
Dans une conversation que j’ai eue avec un certain nombre de Juifs Ă Djerba, il apparaĂ®t que toutes les deux ou trois semaines, la police vient dans le quartier et essaie de les harceler sous prĂ©texte de chasser les contrebandiers. Parfois, ils effectuent des perquisitions et forcent les Juifs Ă dĂ©clarer leurs ventes et leurs dĂ©clarations fiscales. D’autres fois, la police se prĂ©sente pour un inventaire alĂ©atoire et vole souvent de l’or pendant le dĂ©compte. Personne n’ose dire un mot de peur d’ĂŞtre harcelĂ© davantage.
La vie a basculĂ© ces dernières annĂ©es pour ces Juifs. Tous ceux Ă qui j’ai parlĂ© ont exprimĂ© de profondes inquiĂ©tudes et mĂŞme de l’incrĂ©dulitĂ© face au harcèlement qui s’est soudainement abattu sur cette ancienne communautĂ© juive.
La police a emmenĂ© Mishleh dans une voiture de police jusqu’Ă la capitale de Tunis, un trajet d’environ sept heures. Puis, contre toute attente, et suite aux pressions exercĂ©es par diverses parties tant en IsraĂ«l que dans d’autres pays, Mishleh a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© après moins d’un jour de dĂ©tention.
Une autre source juive m’a dit : « Nous ne sommes pas restĂ©s. Nous avons d’abord empĂŞchĂ© l’arrestation de la mère et du fils de la famille. Ils voulaient les arrĂŞter pour faire pression sur Mishleh afin qu’il fasse des aveux. Mais nous avons empĂŞchĂ© cela. Pendant toute la journĂ©e après l’arrestation, nous nous sommes assis et avons attendu et fermĂ© les magasins. En guise de protestation, nous avons mis des pancartes indiquant « Nous ne nous tairons plus ».
C’est le seul endroit oĂą j’ai pu trouver l’histoire, bien que Cohen ait tweeté à ce sujet depuis l’arrestation de Mishleh.






