Israël a stupéfié le Conseil de sécurité de l’ONU : « Le problème, c’est le Hezbollah »

La session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à l’escalade au Liban a pris une tournure particulière ce mardi. Tandis que les États-Unis s’activent en coulisses pour promouvoir un cessez-le-feu, l’ambassadeur israélien Danny Danon a fait irruption dans la salle avec des chiffres, une présentation visuelle et une conviction : si la communauté internationale cherche vraiment à comprendre la crise, elle doit d’abord accepter de désigner le responsable par son nom.

Danon a présenté devant les membres du Conseil une démonstration basée sur des données israéliennes : depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré approximativement neuf mille roquettes en direction du territoire israélien et lancé des centaines de drones et de missiles antichar. Pas des statistiques abstraites — une réalité quotidienne pour les habitants des localités du nord d’Israël qui depuis des mois ne connaissent plus de nuit sans alerte. À cela s’ajoute le fait que plus de 2 500 combattants du Hezbollah opèrent actuellement au sud du fleuve Litani, précisément la zone que la résolution 1701, adoptée en 2006 à l’issue de la Deuxième guerre du Liban, était censée démilitariser.

Ce que la résolution 1701 exigeait — et ce qui n’a jamais été appliqué

La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU est un texte que tout le monde cite et que personne n’a fait respecter. Elle imposait le retrait de toute présence armée du Hezbollah au sud du Litani, le déploiement exclusif de l’armée libanaise dans cette zone, et le renforcement de la FINUL pour surveiller la frontière. Vingt ans après son adoption, la réalité est à l’opposé exact de ce qu’elle prescrivait : le Hezbollah y est plus présent, mieux armé et mieux organisé qu’il ne l’était en 2006.

Danon a donc posé la question qui embarrasse : pourquoi les membres du Conseil condamnent-ils les opérations israéliennes dans le but affiché de protéger la souveraineté libanaise, quand c’est précisément le Hezbollah — organisation que Beyrouth est incapable ou refuse de contrôler — qui viole cette souveraineté depuis deux décennies ? La formule qu’il a choisie est tranchante : « Le problème, c’est le Hezbollah. Il est temps de les appeler par leur nom. »

La logique israélienne face à l’hypocrisie internationale

L’ambassadeur a ensuite déroulé ce qu’il a qualifié d’hypocrisie de certains membres de l’instance onusienne. Certains États, a-t-il affirmé, préfèrent condamner Israël pour le fait de défendre ses propres citoyens plutôt que d’exiger le désarmement effectif du Hezbollah et l’application réelle de la résolution 1701. La position israélienne tient en quelques mots : pas de calme au nord d’Israël, pas de calme pour le Hezbollah au Liban. Et la menace se veut universelle — aucun militant ne bénéficiera d’immunité, quelle que soit sa localisation.

Israël a par ailleurs maintenu que les populations civiles qui quittent Beyrouth à l’approche des frappes de Tsahal sont la conséquence directe des choix du Hezbollah, qui a transformé le sud du pays et les banlieues de la capitale en base militaire avancée au service de l’Iran.

Washington en arbitre sous pression

En arrière-plan de la réunion du Conseil, les diplomates américains multiplient les contacts pour tenter de contenir l’escalade. Plusieurs formules de désescalade ont circulé : une retenue israélienne dans les frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, le Dahiyeh, en échange d’un arrêt des tirs de roquettes du Hezbollah vers Israël. Des messages ont également été transmis selon lesquels le Hezbollah pourrait accepter un cessez-le-feu complet et immédiat dans le cadre d’un accord plus large, à condition qu’Israël interrompe ses opérations et se retire des positions qu’il occupe au Liban.

Le représentant américain au Conseil a lui aussi insisté sur le fait qu’une accalmie rapide était possible — mais uniquement si le Hezbollah mettait fin à ses attaques et si le gouvernement libanais exerçait une souveraineté pleine et effective sur son propre territoire. Une formulation qui résume l’impasse : Beyrouth n’a pas les moyens, ou la volonté, d’imposer quoi que ce soit à une organisation qui dispose d’une armée plus puissante que l’armée nationale elle-même.

Un Conseil de sécurité qui tourne en rond

La réunion a également entendu des critiques dirigées contre Israël, notamment sur le fait que ses opérations en profondeur au Liban portent atteinte à la souveraineté libanaise et à la résolution 1701. Ces critiques, prévisibles, s’accommodent d’une contradiction que Danon s’est précisément employé à mettre en lumière : la même résolution 1701 qui sert à accuser Israël est celle que le Hezbollah viole depuis vingt ans sans que le Conseil n’ait jamais pris de mesure contraignante à son encontre.

Pour Jérusalem, la séance a une nouvelle fois illustré la faillite structurelle du système onusien face au dossier libanais : ni l’ONU, ni la FINUL, ni le gouvernement de Beyrouth n’ont été capables d’empêcher le Hezbollah de faire du sud du Liban une base avancée au service de Téhéran. Tant que cette réalité persistera, la logique militaire israélienne restera, aux yeux de l’État hébreu, l’unique réponse opérationnelle disponible.

Pour aller plus loin sur les dossiers liés à ce sujet, retrouvez sur notre site : — Le risque dont on ne parle pas : le commando du Hezbollah se prépare à la frontière — notre analyse sur les préparatifs militaires du Hezbollah en zone frontalière. — Le Conseil de sécurité des Nations Unies a refusé de condamner les tunnels du Hezbollah malgré la violation de la résolution 1701 — un précédent qui éclaire la dynamique actuelle au sein du Conseil.

 

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