La presse française a de plus en plus signalĂ© des cas de conversion Ă l’islam des jeunes de familles catholiques de langue maternelle française, leur radicalisation et une dĂ©rive progressive vers «l’État islamique».
Le journal Le Parisien a Ă©crit au sujet du cas d’un jeune Breton de 28 ans qui a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© pour avoir eu l’ intention d’aller en Syrie. Avec lui, a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©e sa mère de  52 ans qui l’a soutenu dans son enthousiasme islamique.
Ce rĂ©sident d’une petite ville bretonne s’est converti Ă l’islam en 2012, et il est devenu rapidement un extrĂ©miste. La mère, qui a grandi dans une famille catholique, mais pas religieuse, a approuvĂ© la demande de son fils. Malheureusement, la France fait face Ă une vague grandissante de conversions vers le terrorisme islamique, et de plus en plus de « blancs » deviennent des islamistes et ils viennent pour la plupart de la campagne française, les villages et les petites villes de France.
Dans l’Ă©tĂ© 2014, lui et sa mère, sa femme et deux enfants sont allĂ©s en Turquie afin de passer la frontière turco-syrienne. Mais Ă plusieurs reprises, les Turcs les ont refoulĂ©s Ă Â la frontière.
Il est retourne chez lui, et quelques mois plus tard, en Novembre, il a envoyé sa femme et ses enfants en Turquie, promettant de les rejoindre bientĂ´t. Mais il ne l’a pas fait.
Une histoire similaire s’est passĂ©e il y a quelques semaines, comme dĂ©crit sur le Journal du Dimanche. En moins d’un an, six jeunes de Vesoul, issus de la classe moyenne, de parents catholiques pour la plupart, sont partis en Syrie.
Le père de Florent Belin n’a pas sa langue dans la poche : « Je ne sais que dire, avoue-t-il, je me remets en cause Ă mon niveau. Je m’interroge, comme tous ces parents que je connais bien. Qu’avons-nous ratĂ© ? Que sont-ils partis faire lĂ -bas ? » Une fois de plus, le prĂŞtre cherche ses mots : « Ce sont des familles… normales, mĂŞme si je n’aime pas cette dĂ©finition. Enfin… vous me comprenez. »
Cette semaine, la rĂ©vĂ©lation des liens de Yunes-SĂ©bastien, l’un des derniers membres du petit groupe Ă avoir quittĂ© la Haute-SaĂ´ne, avec Yassin Salhi, qui a dĂ©capitĂ© son patron, a plongĂ© toute une ville dans l’incomprĂ©hension. C’est Ă Yunes que Salhi a envoyĂ© son macabre selfie. Les deux garçons se sont connus Ă Besançon, oĂą ils frĂ©quentaient une mosquĂ©e très radicale. Les parcours des autres – AnaĂŻs, Benjamin, Lucy, Caroline, Romain et Omer – n’ont rien Ă voir avec celui du jeune djihadiste classique. Dans leur cas, pas d’endoctrinement en prison ou dans les caves des quartiers sensibles d’une grande zone urbaine. La petite ville de 15.000 habitants affiche un taux de chĂ´mage en ligne avec la moyenne nationale. Ni plus ni moins. La communautĂ© musulmane de la ville est arrivĂ©e avec l’implantation du centre de logistique mondial des pièces dĂ©tachĂ©es de Peugeot et de CitroĂ«n.
Des familles normales? Des « Gaulois », relève avec ironie Alain ChrĂ©tien, le maire LR, de Vesoul. Il se souvient que le grand-père de Romain avait siĂ©gĂ© au conseil municipal. « Je ne supporte pas l’idĂ©e que notre ville serait un nid de djihadistes, s’emporte-t-il, aujourd’hui, c’est ici ; demain, cela sera ailleurs. Ils se sont radicalisĂ©s ensemble, dans des facultĂ©s de la rĂ©gion, ou par Internet. » Des enfants issus de la classe moyenne, avec des parents chef d’entreprise, assistante de direction, cadre Ă la SĂ©cu, enseignant. Des parents intĂ©grĂ©s dans la vie sociale de Vesoul. « Lorsque j’ai entendu parler de l’affaire de la dĂ©capitation et de Yunes, raconte l’un deux, je me suis souvenu que j’avais jouĂ© au tennis avec sa maman. »
Le bilan n’en demeure pas moins inquiĂ©tant. Yunes, l’ami de Yassin (lire ci-contre) s’est installĂ© Ă Raqqa en dĂ©cembre 2014. Mais avant lui, d’autres avaient dĂ©jĂ pris le chemin de la Syrie. Depuis moins de deux ans, trois couples d’une vingtaine d’annĂ©es ont quittĂ© leur famille pour rejoindre Raqqa et les rangs de l’armĂ©e islamique. Romain Garnier, un ancien champion rĂ©gional de natation Ă la carrière compromise par un accident, envoie rĂ©gulièrement des vidĂ©os pour appeler des jeunes Français Ă les rejoindre. Il a quittĂ© Vesoul avec sa compagne Caroline, et serait devenu une sorte de chroniqueur francophone de la radio de Daech. Benjamin et AnaĂŻs ont Ă©galement fait le voyage. Michèle, la grand-mère d’AnaĂŻs, passe ses nuits Ă s’interroger sur les motivations de sa petite-fille : une jeune femme de 25 ans, belle, enjouĂ©e, avec une forte personnalitĂ©.
Le changement est intervenu au printemps 2014. AnaĂŻs et Benjamin se connaissaient depuis qu’ils avaient 15 ans. Ils Ă©taient sortis ensemble, puis avaient rompu et AnaĂŻs Ă©tait partie faire ses Ă©tudes Ă Metz. Elle sortait, aimait se maquiller… Et puis, elle a renouĂ© avec Benjamin, qui, lui, s’Ă©tait converti. « Je crois que c’est avant tout une histoire d’amour », poursuit Michèle. Avec son mari, elle a continuĂ© Ă recevoir sa petite-fille, mĂŞme voilĂ©e, Ă la maison. « Je l’ai mĂŞme accompagnĂ©e Ă la banque, raconte-t-elle, car le conseiller Ă©tait un homme. » Sa petite-fille supportait mal les insultes… « Je pensais qu’elle avait envie de partir dans un pays musulman pour ĂŞtre tranquille, mais comment aurais-je pu imaginer qu’elle irait en Syrie ? » La jeune fille, a cachĂ© ses intentions Ă sa famille, comme Benjamin Ă son père. Un matin, ce dernier a dĂ©couvert qu’il avait « perdu » un fils et une fille. Lucy, la sĹ“ur de Benjamin est aussi partie en Syrie avec son mari, Omer.
Ă€ quelques kilomètres de Vesoul, une mère pleure son fils, Pierre Choulet, mort en fĂ©vrier dans un attentat-suicide. En Irak, « Il frĂ©quentait la mosquĂ©e de Vesoul et connaissait le groupe », raconte un policier. « Ils ont tous gardĂ© un lien avec leur famille, constate Michèle, la grand-mère d’AnaĂŻs, parfois je me demande s’ils sont utilisĂ©s comme des vecteurs de communication par Daech. On garde le contact pour les aider le jour oĂą ils souhaiteront revenir ». (Marie-Christine Tabet – Le Journal du Dimanche)
Les jeunes europĂ©ens n’ont nulle part pour avoir des occupations et canaliser leurs Ă©nergies. Ils ne servent pas dans l’armĂ©e, ni dans le Christianisme, ils ne s’intĂ©ressent Ă rien, les mouvements sociaux sont morts, et de leur Che Guevarra est remplacĂ© par le drapeau rouge sur noir.
Selon les agences de renseignement plus de 1.800 citoyens de France sont en Syrie et en Irak, et ce nombre augmente chaque jour.




