La nostalgie pour les juifs est un phĂ©nomène bien documentĂ© en Europe de l’Est, avec des aspects commerciaux culturels de plus en plus nombreux.
En Ukraine, les restaurants dits à thème juif avec des menus où est cuisiné le porc concourent pour les touristes, tandis que les figurines de juifs sont vendues sur les marchés comme des objets de bonne chance. En Pologne, vous pouvez lire les graffitis «Vous nous manquez, les juifs» !
Au-delĂ du kitsch, les festivals culturels juifs attirent de grands publics non juifs Ă Cracovie, Ă Varsovie et Ă Budapest.
D’autres traitent du dĂ©sir de se reconnecter au passĂ© prĂ©-soviĂ©tique avant la mort de tous les juifs pendant la Shoah.
Récemment, un faux mariage juif a eu lieu samedi dans le village de Radzanów, à 80 miles au nord-est de Varsovie.
OrganisĂ© par l’Association Radzanovia, le groupe culturel pour la promotion du patrimoine polonais,a prĂ©sentĂ© cet Ă©vĂ©nement Ă quelques dizaines de volontaires non-juifs, hommes et femmes, habillĂ©s de costumes traditionnels haredi. Certains hommes portaient de fausses barbes et des peot y compris celles qui ne correspondaient pas Ă leur couleur de cheveux naturelle.
Le mariĂ© Ă©tait Piotr Czaplicki, un journaliste pour la station Radia dla Ciebie. Czaplicki, qui n’est pas juif, s’est rendu sous une Houpa, la verrière utilisĂ©e dans les mariages juifs traditionnels avec sa mariĂ©e, Julia BrzeziĹ„ska, une rĂ©sidente locale. Ils ont Ă©tĂ© « mariĂ©s » par un faux rabbin dans un spectacle devant les villageois, et dont les organisateurs de l’Ă©vĂ©nement ont cherchĂ© Ă enseigner les traditions juives.
Pour Jonny Daniels, le fondateur londonien de From the Depths, qui promeut la commémoration de la Shoah en Pologne, des événements comme celui de Radzanów sont «une sorte de thérapie qui a lieu partout dans le pays».
Mais le producteur de l’Ă©vĂ©nement, Agnieszka Rychcik-Nowakowska, le considère comme un moyen de commĂ©morer les centaines de Juifs qui reprĂ©sentaient environ la moitiĂ© de la population de son village avant l’Holocauste.
« Nous voulons nous rappeler de toutes les maisons de tous les juifs d’avant-guerre, qui ont vĂ©cu une vie pacifique ponctuĂ©e par le rythme des vacances, des fĂŞtes de famille et des Ă©vĂ©nements plus banals », a-t-elle dĂ©clarĂ© au site de nouvelles Nasza Mlawa.
Les Juifs se sont installés pour la première fois à Radzanów en 1710 et, à leur apogée, comptent environ 500 membres. En septembre 1939, lorsque les Allemands ont repris le controle, la population a plongé au-dessous de 300. Presque tous ceux qui sont partis seront envoyés au ghetto de Mlawa pour ne plus revenir.
« Nous nous souvenons de ceux qui ont vécu ici avant nous et sommes entrés dans la mémoire de nos grands-mères et grands-parents. », a déclaré Rychcik-Nowakowska.
En Europe, les festivals Ă thème juif sont plus frĂ©quents, rassemblant des centaines de participants. LĂ aussi, les Ă©vĂ©nements Ă thème juif se dĂ©roulent en l’absence d’une communautĂ© juive vivante et inspirante grâce Ă la nostalgie et au dĂ©sir de gĂ©nĂ©rer des revenus touristiques .
Mais en Espagne et au Portugal, par exemple, oĂą des centaines de milliers de Juifs ont Ă©tĂ© opprimĂ©s il y a 500 ans pendant l’Inquisition, le passage du temps a fait des gestes de bonne volontĂ© envers les Juifs que dans l’Est. En 2013, l’Espagne et le Portugal ont mĂŞme adoptĂ© des lois accordant la citoyennetĂ© aux descendants de juifs sĂ©pharades, une dĂ©cision dont la gĂ©nĂ©rositĂ© contraste fortement avec le refus de la Pologne et d’autres pays d’Europe de l’Est d’offrir mĂŞme une restitution partielle pour les biens qui ont Ă©tĂ© volĂ©s aux communautĂ©s juives.
Pour ce faux mariage Ă RadzanĂłw, les organisateurs se sont tournĂ©s vers Teresa WroĹ„ska, une actrice du Théâtre juif de Varsovie, pour assurer l’authenticitĂ© du mariage. Elle a chorĂ©graphiĂ© toute la scène, de la signature du ketubah (le contrat de mariage juif) Ă la musique traditionnelle juive jouĂ©e par une bande de locaux et de musiciens de la capitale.
MĂŞme le musĂ©e juif POLIN de Varsovie a Ă©tĂ© consultĂ© lors de la tenue de l’Ă©vĂ©nement, selon Nasza Mlawa.
Le mariage n’est pas la seule tentative des habitants de RadzanĂłw de se reconnecter Ă l’hĂ©ritage juif perdu de leur village. L’annĂ©e dernière, un Ă©tudiant du secondaire de la rĂ©gion, Cuba Balinski, a lancĂ© un projet visant Ă redĂ©finir et Ă rouvrir la synagogue abandonnĂ©e du village qui a survĂ©cu miraculeusement Ă l’occupation nazie.
Balinski, qui a assuré la coopération de la Fondation pour la préservation du patrimoine juif en Pologne pour son projet, cherche toujours des investisseurs,afin de restaurer la synagogue dans une maison de culte plutôt que de la transformer en musée.
« S’il n’y a pas de Torah dans la synagogue, il ne s’agit plus que d’un bâtiment », a-t-il dĂ©clarĂ© au site de nouvelles Gosc Plocki. « Mais si nous ramenons le livre sacrĂ©, il reviendra Ă la vie ».





C’est un peu le principe des appeaux pour la chasse aux canards appliquĂ© Ă la nostalgie pour faire revenir quelques juifs pour  » s’amuser » plus tard avec eux dans les vastes prairies d’Oschwitzim .Ici la nostalgie est exactement inverse.