On peut maintenant le dire : voici ce qui s’est passé au Liban la semaine dernière

Il y a des informations qui ne peuvent pas être publiées tout de suite. Pendant une semaine entière, des soldats israéliens opéraient au-delà du fleuve Litani, dans la profondeur du territoire libanais, sous un embargo de censure militaire total. Ce mardi matin, Tsahal a levé l’interdiction. On peut maintenant raconter.

Des forces de l’unité Egoz et de la Sayeret Golani — deux des unités d’infanterie d’élite les plus aguerries de l’armée israélienne — ont franchi le Litani en direction du nord et opéré dans les abords du village de Zoutar a-Sharqiya, situé à environ dix kilomètres de la frontière israélienne. La traversée s’est effectuée clandestinement, avec des transporteurs de troupes blindés Namer. L’objectif : démanteler une zone de tirs centrale du Hezbollah, d’où des salves massives de roquettes et d’obus de mortier avaient été lancées ces dernières semaines en direction des forces de Tsahal déployées au sud du Liban.

Ce n’est pas une sortie de routine. Dépasser le Litani, c’est franchir une ligne symbolique et stratégique. Ce fleuve constitue depuis des décennies la démarcation implicite au-delà de laquelle toute présence terrestre israélienne prolongée est considérée comme une montée en gamme qualitative dans l’intensité du conflit. Le franchir — avec des hommes, des blindés, et un dispositif de combat complet — revient à briser ce que les analystes militaires appellent le « verrou du Litani », une ligne dont la valeur est autant psychologique que géographique. Dans le cadre de l’opération « Rugissement du Lion », cette action figure parmi les plus significatives et les plus audacieuses depuis le début de la manœuvre terrestre.

Durant les jours qu’a duré le dispositif, plusieurs accrochages violents ont eu lieu avec des combattants du Hezbollah. L’un d’eux a été particulièrement tendu : des terroristes ont surgi d’un puits de tunnel situé au nord du fleuve et ont ouvert le feu sur les soldats israéliens. Ce qui a suivi, c’est un combat de très courte distance, les deux camps à portée de voix l’un de l’autre. Dans cet affrontement, plusieurs soldats de Tsahal ont été blessés et ont dû être évacués pour recevoir des soins médicaux. Un chien de combat de l’unité Oketz, qui opérait en pointe avec les forces, a été tué dans cette accroche — une perte que les soldats de cette unité spécialisée ressentent comme celle d’un combattant à part entière.

Au-delà des résultats opérationnels immédiats — destruction d’infrastructures terroristes, perturbation des capacités de commandement du Hezbollah dans le secteur — le bilan de la semaine dépasse le seul aspect tactique. L’opération a constitué une démonstration de capacités logistiques et mécanisées dans un terrain réputé hostile et difficile. La traversée du Litani n’a pas été le fait des seuls fantassins. Les Namer de la Sayeret Golani ont franchi ce cours d’eau dont les variations de niveau et la morphologie rendent toute progression mécanique particulièrement délicate. En réussissant cette traversée avec des véhicules lourds, Tsahal indique implicitement qu’elle dispose d’une capacité d’engagement terrestre élargi au nord du Litani, si une décision politique en ce sens venait à être prise. C’est autant un signal adressé au Hezbollah qu’une preuve concrète de préparation opérationnelle pour une éventuelle montée en puissance.

Tsahal précise que l’opération a porté un coup sévère aux capacités de commandement et de contrôle du Hezbollah dans le secteur de Zoutar a-Sharqiya. Des infrastructures utilisées pour coordonner et intensifier les tirs vers les positions israéliennes ont été détruites. La présence militaire israélienne prolongée au-delà du Litani, dans une zone que le Hezbollah considère comme sa profondeur stratégique, constitue en elle-même un message : l’armée israélienne est capable d’y aller, d’y rester, et d’y mener des combats complexes, y compris souterrains.

La levée du secret intervient dans un contexte où les opérations de Tsahal au Liban continuent à se dérouler dans une discrétion relative, souvent sous censure militaire partielle ou totale. Le fait que cette opération soit désormais rendue publique dans ses grandes lignes témoigne d’une stratégie de communication calibrée : montrer les capacités sans dévoiler tous les procédés. Une semaine d’action en profondeur, quelques blessés, un chien de combat tombé au front, et la preuve que le Litani n’est plus une ligne infranchissable.

Pour approfondir la situation au Liban : Tsahal élimine un commandant du Hezbollah au Liban : Israël renforce sa dissuasion au Nord. Sur les capacités opérationnelles de Tsahal dans la région : Étranglement de l’industrie des missiles : Tsahal détruit un site pétrochimique stratégique en Iran.

 

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