Pendant qu’IsraĂ«l compte ses abris, la Norvège ne sait plus quoi faire de son argent

Imaginez la scène. Vous ĂŞtes assis dans un abri anti-missiles en IsraĂ«l, au rythme sourd des interceptions aĂ©riennes, lorsqu’une alerte d’actualitĂ© s’affiche sur votre tĂ©lĂ©phone. Non, ce n’est pas un nouveau drone en route vers le nord du pays. C’est un dĂ©bat brĂ»lant en Norvège : le gouvernement ne sait plus quoi faire de son excĂ©dent d’argent. Le gigantesque fonds souverain alimentĂ© par les recettes pĂ©trolières est devenu si colossal que les NorvĂ©giens craignent dĂ©sormais que cette richesse ne provoque une surchauffe de leur Ă©conomie.

Le contraste est saisissant. Pendant qu’une partie de la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne organise sa rĂ©silience quotidienne face Ă  la menace de missiles, d’autres pays dĂ©veloppĂ©s se dĂ©battent avec des prĂ©occupations qui, vues depuis Tel-Aviv ou Ashkelon, ressemblent davantage Ă  des sketches qu’Ă  de vĂ©ritables crises.

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La guerre des cloches en Suisse

En Suisse, des habitants livrent une vĂ©ritable bataille judiciaire contre les cloches des vaches. Les tintements nocturnes empĂŞcheraient les riverains de dormir. Des experts acoustiques sont mobilisĂ©s, les tribunaux doivent trancher : les cloches relèvent-elles du patrimoine national ou d’une nuisance sonore inacceptable ? L’affaire fait les gros titres de la presse helvĂ©tique avec le sĂ©rieux d’une affaire d’État.

En Australie, le problème est d’une tout autre nature : l’invasion des kangourous. La population de ces marsupials a tellement augmentĂ© qu’ils envahissent les jardins de banlieue, provoquent des accidents de la route et ravagent les pelouses privĂ©es. Des communes entières rĂ©flĂ©chissent Ă  des politiques de gestion de la faune qui tiennent compte de la sensibilitĂ© des habitants Ă  l’Ă©gard de l’animal emblĂ©matique du pays.

Cannabis en excès, vélos en surnombre

Au Canada, depuis la lĂ©galisation du cannabis, le pays fait face Ă  un paradoxe inĂ©dit : un excĂ©dent massif de marijuana. Les producteurs croulent sous des stocks invendus, les entreprises du secteur cherchent dĂ©sespĂ©rĂ©ment comment Ă©couler des surplus que la demande, finalement plus modeste qu’anticipĂ©, ne parvient pas Ă  absorber.

Ă€ Amsterdam, la crise concerne les vĂ©los. La ville en compte tellement qu’il n’y a plus suffisamment d’espace pour les stationner. Les autoritĂ©s investissent des sommes considĂ©rables dans des parkings souterrains spĂ©cialement conçus pour les bicyclettes, pendant que les canaux continuent d’engloutir des milliers d’entre eux chaque annĂ©e.

En Finlande, les parents dĂ©noncent l’ennui des Ă©lèves les plus brillants dans un système Ă©ducatif pourtant considĂ©rĂ© comme l’un des meilleurs du monde. En CorĂ©e du Sud, Ă  l’inverse, la pression scolaire est si intense que le pays entier ralentit — les avions modifient leurs trajectoires, les chantiers s’arrĂŞtent — pendant les examens nationaux afin de ne pas perturber les candidats.

Et au Japon, où les robots remplacent progressivement les travailleurs humains dans de nombreux secteurs, une pénurie inattendue est apparue : celle des techniciens capables de réparer les robots en panne.

Ces « problèmes du premier monde » font sourire. Mais ils rappellent aussi quelque chose d’essentiel : lorsqu’un pays cesse de lutter pour sa survie, ses angoisses changent de nature. La Norvège s’inquiète de son excès de richesse, la Suisse de ses cloches, le Canada de son excĂ©dent de drogue lĂ©gale. IsraĂ«l, lui, s’inquiète encore de choses plus fondamentales. C’est peut-ĂŞtre la dĂ©finition la plus concrète de ce que signifie vivre dans une rĂ©gion en guerre.


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