Rapport : Netanyahu a dĂ©couvert que Bennett se rendait aux Émirats ; voici ce qu’il a fait

Les rĂ©vĂ©lations sur les relations israĂ©lo-Ă©miraties pendant la guerre contre l’Iran continuent de s’Ă©grener, et elles rĂ©servent leur lot de surprises. Le journaliste Yaron Abraham, correspondant de la chaĂ®ne d’information Hadashot 12, a levĂ© hier soir le voile sur les coulisses d’un Ă©pisode diplomatique aussi discret qu’embarrassant. La visite secrète du Premier ministre Benjamin Netanyahu aux Émirats arabes unis, accompagnĂ© de la haute direction sĂ©curitaire d’IsraĂ«l, pendant les combats contre l’Iran, Ă©tait soumise Ă  un accord clair et contraignant : rien ne devait filtrer. Ni l’heure, ni le lieu, ni mĂŞme le fait que la visite ait eu lieu. C’est ce que les deux parties avaient convenu. Cet accord n’a pas tenu — et c’est IsraĂ«l lui-mĂŞme qui l’a rompu.

Selon Abraham, l’Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur n’est pas diplomatique mais purement domestique. Le bureau du Premier ministre avait reçu des informations selon lesquelles l’ancien Premier ministre Naftali Bennett Ă©tait lui aussi sur le point de se rendre aux Émirats. Ce seul fait a suffi Ă  provoquer une vive inquiĂ©tude dans l’entourage de Netanyahu. La crainte centrale : ne pas savoir quel accueil mĂ©diatique les autoritĂ©s Ă©miraties rĂ©serveraient Ă  la visite de Bennett. Allaient-elles lui offrir un profil haut, des photographes officiels, une mise en scène flatteuse susceptible de lui confĂ©rer un poids politique de premier plan au moment mĂŞme oĂą une crise sĂ©curitaire majeure battait son plein ?

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L’Ă©quation Ă©tait perçue comme pĂ©rilleuse. Un ancien Premier ministre en tournĂ©e dans les Émirats, potentiellement reçu avec les Ă©gards d’un dirigeant en exercice, c’Ă©tait le risque que le rival politique vole la vedette diplomatique en pleine gestion de crise. La dĂ©cision prise dans ce contexte est dĂ©crite par Abraham comme « scandaleuse » dans sa logique : pour prendre de vitesse Bennett et s’assurer que la visite Ă©miratie reste avant tout associĂ©e Ă  Netanyahu, le bureau du Premier ministre a choisi de divulguer unilatĂ©ralement l’information. Publiquement. Sans consultation prĂ©alable avec Abu Dhabi. Et sans Ă©gard pour les arrangements conclus.

Le journaliste prĂ©cise que cette dĂ©cision a Ă©tĂ© prise avec pleine conscience de ses consĂ©quences : la publication devait avoir lieu « mĂŞme si les Émiratis dĂ©cidaient finalement que ça ne se ferait pas » ou exprimaient leur opposition. Autrement dit, la prioritĂ© n’Ă©tait pas la relation avec un partenaire stratĂ©gique, mais la gestion d’une rivalitĂ© politique intĂ©rieure. Le rĂ©sultat a Ă©tĂ© « une certaine indignation » cĂ´tĂ© Ă©miratien, selon Abraham — formulation pudique pour dĂ©signer ce qui constitue objectivement une trahison d’un accord de confidentialitĂ© conclu au plus haut niveau.

Cet Ă©pisode Ă©claire d’un jour cru les tensions permanentes entre les impĂ©ratifs diplomatiques et la mĂ©canique politique intĂ©rieure israĂ©lienne, mĂŞme en temps de guerre. Les Émirats arabes unis, partenaires d’IsraĂ«l dans le cadre des Accords d’Abraham, entretiennent des relations stratĂ©giques sensibles avec l’État juif. Une visite secrète en temps de guerre est par nature un acte de confiance mutuelle : elle suppose que les deux parties honoreront leur parole. Que cet accord ait Ă©tĂ© rompu non pas pour des raisons de sĂ©curitĂ© ou de nĂ©cessitĂ© diplomatique, mais pour contrecarrer un rival politique intĂ©rieur, dit quelque chose sur les prioritĂ©s du moment.

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