Une guerre Ă©clatera-t-elle entre le Maroc et l’AlgĂ©rie ?

« Est-ce qu’une guerre Ă©clatera entre le Maroc et l’AlgĂ©rie ? », a demandĂ© le journal français La Figaro, après avoir tuĂ© trois AlgĂ©riens Ă  la frontière entre le Sahara occidental et la Mauritanie, dans un bombardement attribuĂ© Ă  l’AlgĂ©rie (par le Maroc) qui l’a dĂ©menti.

Le journal français note que la question du Sahara occidental a empoisonnĂ© les relations entre Rabat et l’AlgĂ©rie depuis 30 ans, et jusqu’Ă  prĂ©sent le conflit a pris la forme d’un conflit diplomatique, chaque partie essayant d’exercer son influence dans les couloirs de l’ONU et d’exercer des pressions, en sa faveur.

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Mais l’AlgĂ©rie a rĂ©cemment aggravĂ© la situation avec l’annonce de la rupture des relations diplomatiques avec Rabat, et son refus de renouveler le contrat d’exploitation du gazoduc Maghreb-Europe Ă  partir duquel l’AlgĂ©rie exporte du gaz vers l’Espagne via un gazoduc passant par le Maroc, qui est entrĂ© en effet cette semaine.

En septembre dernier, l’AlgĂ©rie a fermĂ© son espace aĂ©rien et une partie de la route nationale de 900 km qui relie du nord au sud Ă  la ville de Buarfa, Ă  Bagdad, au Maroc. Les confins du Sahara occidental.

L’AlgĂ©rie a fermĂ© la porte Ă  toutes les nĂ©gociations en reportant la rĂ©solution de l’ONU vendredi dernier pour prolonger le mandat de la MINURSO, la dĂ©lĂ©gation de l’ONU pour organiser un rĂ©fĂ©rendum au Sahara occidental, appelant Ă  la reprise des pourparlers entre l’AlgĂ©rie, le Maroc, le Front Polisario et la Mauritanie. Les Marocains, qui considĂ©raient la rupture des relations diplomatiques comme « injustifiĂ©e », sont obligĂ©s d’attendre, malgrĂ© les attaques militaires du Front Polisario, qui ont doublĂ© ces dernières semaines.

La Figaro estime que l’Ă©lection de SaĂŻd Changeria, chef d’Ă©tat-major de l’armĂ©e algĂ©rienne depuis 2019, n’est pas Ă©trange, compte tenu du fait qu’il a passĂ© 14 ans Ă  la frontière avec le Maroc Ă  la tĂŞte du troisième commandement militaire.

Le journaliste marocain Ali al-Marbat dĂ©clare : « Les Marocains, comme les AlgĂ©riens, n’ont aucune envie de dĂ©clencher une guerre, mais quand nous sommes armĂ©s depuis de nombreuses annĂ©es, comme ils l’ont fait, il est bon de s’en servir un jour.

En revanche, un ancien homme politique algĂ©rien affirme anonymement que « Marocains et AlgĂ©riens se prĂ©parent Ă  la guerre depuis cinquante ans. Ils se sont en rĂ©alitĂ© affrontĂ©s en 1963 lors de la guerre des sables. L’armĂ©e est prĂŞte, mais le dĂ©but de la guerre demande et avant tout une volontĂ© politique. »

L’AlgĂ©rie est le plus gros acheteur d’armes en Afrique avec 9,7 milliards de dollars en 2020, et le Maroc a augmentĂ© ses dĂ©penses d’armement d’ici 2020 de plus de 30 % par rapport Ă  2019. Ensemble, les deux pays reprĂ©sentent plus de 60 % des achats d’armes en Afrique.

L’Institut Sifri d’Ă©tudes stratĂ©giques rapporte que la course aux armements a exacerbĂ© les tensions autour du Sahara occidental. Le journal prĂ©cise que si les armĂ©es marocaines et algĂ©riennes ont Ă  peu près le mĂŞme nombre de soldats, plus ou moins 15 000, il est difficile de les comparer, en raison de leurs performances, stratĂ©gies, niveau d’entraĂ®nement ou zones Ă  protĂ©ger diffĂ©rents.

« Dans l’armĂ©e de l’air, leurs forces sont presque Ă©gales. Mais il est impossible de comparer des armĂ©es de terre », explique Acher Kharif, un expert en armement. Par exemple, de la nouvelle gĂ©nĂ©ration de chars, le Maroc compte un total de 380 chars, contre environ 2 000 pour l’AlgĂ©rie.

Le journal français a attribuĂ© Ă  de nombreux analystes marocains et algĂ©riens l’opinion que s’il y avait une guerre, elle serait menĂ©e sur au moins deux fronts, le sud et le nord. « Si des hostilitĂ©s Ă©clatent au sud, Ă  la frontière avec le Sahara occidental, le Maroc devra exporter la guerre ailleurs, par exemple pour attaquer des centres urbains ou des terminaux pĂ©troliers dans l’ouest algĂ©rien.

Un analyste militaire algĂ©rien affirme : « C’est pourquoi le risque d’une guerre totale doit ĂŞtre pris au sĂ©rieux. Mais les AlgĂ©riens qui se prĂ©parent Ă  ce scĂ©nario, dans ce cas, attaqueront les centres de dĂ©cision militaires et politiques au Maroc, ce sera aussi une guerre Ă  durĂ©e limitĂ©e. «Â