Un passager de la compagnie United Airlines affirme avoir Ă©tĂ© contraint de changer de chemise après qu’une hĂ´tesse a jugĂ© l’inscription qui y figurait « offensante ». Selon lui, on lui aurait signifiĂ© que, s’il refusait, il ne serait pas autorisĂ© Ă voler.
Sam Saada, habitant du New Jersey d’origine palestinienne, se trouvait le mois dernier en route entre Atlanta et l’aĂ©roport de Newark Liberty, lorsque, peu après avoir embarquĂ©, un responsable de vol s’est approchĂ© de lui.
Saada portait une chemise noire sur laquelle Ă©tait inscrit : « Bombarder des enfants n’est pas de la lĂ©gitime dĂ©fense ». InterrogĂ© par la chaĂ®ne CBS, il a expliquĂ© que ce vĂŞtement visait Ă exprimer son soutien aux enfants touchĂ©s par les guerres, et qu’il avait Ă©tĂ© totalement surpris par cette intervention.
Selon son rĂ©cit, un steward se serait approchĂ© en lui disant que l’hĂ´tesse jugeait sa chemise offensante. Lorsqu’il a demandĂ© pourquoi, la rĂ©ponse aurait Ă©tĂ© simple : changer de chemise, ou ne pas monter Ă bord. Il affirme avoir ressenti de l’humiliation, mais avoir fini par cĂ©der afin de pouvoir rentrer chez lui.
« De quoi exactement es-tu offensée ? »
Dans un entretien accordĂ© Ă NBC, Saada a racontĂ© qu’après l’atterrissage, il avait tentĂ© de comprendre pourquoi le message affichĂ© sur sa chemise Ă©tait considĂ©rĂ© comme offensant, sans obtenir de rĂ©ponse claire. Il rapporte que son interlocutrice rĂ©pĂ©tait qu’on pouvait comprendre pourquoi la chemise blessait certaines personnes, tandis que lui affirmait ne pas saisir en quoi elle l’Ă©tait. Elle lui aurait alors rĂ©pondu ĂŞtre « en 2026 », ce Ă quoi il aurait rĂ©torquĂ© savoir parfaitement en quelle annĂ©e ils se trouvaient. Il affirme lui avoir alors demandĂ© si elle pensait qu’il ne fallait pas bombarder des enfants, ou si au contraire elle l’approuvait, et de quoi prĂ©cisĂ©ment elle s’estimait offensĂ©e.
Dans une dĂ©claration transmise Ă Fox News, United Airlines a indiquĂ© que le client avait volĂ© comme prĂ©vu après avoir changĂ© de chemise, prĂ©cisant n’avoir rien d’autre Ă ajouter sur le sujet. Selon le règlement de la compagnie, United se rĂ©serve le droit de refuser d’embarquer des passagers, temporairement ou dĂ©finitivement, s’ils portent des vĂŞtements jugĂ©s indĂ©cents, inappropriĂ©s ou offensants. Le règlement ne prĂ©cise toutefois pas quels types de tenues ou de messages sont considĂ©rĂ©s comme tels.
Une déclaration pour la paix, pas une menace
Saada a indiquĂ© avoir contactĂ© des avocats et dĂ©posĂ© une plainte officielle auprès du ministère amĂ©ricain des Transports. Il a ajoutĂ© avoir l’intention de continuer Ă porter cette chemise, rĂ©sumant son message comme simple : il estime que bombarder des enfants est condamnable, qu’ils soient palestiniens ou originaires de la ville portuaire de Mobile, en Alabama.
De son cĂ´tĂ©, l’entreprise « Wear the Peace », qui a confectionnĂ© la chemise, a publiĂ© sur Facebook qu’il s’agissait d’une dĂ©claration pour la paix et non d’une menace. Selon elle, le message affichĂ© n’encourage aucune violence, ne menace personne et ne laisse pas entendre que la personne qui le porte ait l’intention de nuire Ă autrui.
Sur d’autres polĂ©miques impliquant des compagnies aĂ©riennes et la sensibilitĂ© du conflit israĂ©lo-palestinien, notre article Un couple juif orthodoxe poursuit la compagnie Spirit Airlines pour antisĂ©mitisme revient sur un diffĂ©rend similaire survenu Ă bord d’un vol amĂ©ricain.






